Titre : Le Moniteur de la Lozère : journal d'annonces
Auteur : Union républicaine (France). Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Mende)
Date d'édition : 1939-02-09
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328188053
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 09 février 1939 09 février 1939
Description : 1939/02/09 (A75,N6). 1939/02/09 (A75,N6).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG48 Collection numérique : BIPFPIG48
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bd6t53546879w
Source : Archives départementales de la Lozère, 1 PER 204
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 03/09/2023
SOIXANTE - QUINZIEME ANNEE. — N° 6.
JEUDI 9 FEVRIER 1939.
Journal Républicain Démocrate
ABONNEMENTS :
Lozère et départements limitrophes 12 fr. 50
Autres départements 15 fr. 50
Compte postal : n° 251.09 Clermont-Ferrand
Directeur : Raymond D E R V AUX
Rédaction et Administration :
9, Allée des Soupirs — M E N D E
Téléphone 112
Le Numéro : 30 centimes
Annonces, 3e page 4 » la ligne
Annonces, 4e page 2 » —
Annonces légales 2,50 —
Les récents débats de politique exté¬
rieure ont mis l'accent sur un désir qua¬
si unanime de la Chambre des Députés
qui a été exprimé par Camille Planche,
Paul Elbel, Léon Blum et par le Prési¬
dent Edouard Daladier lui-même• Sur
tous les bancs, ou peu s'en faut, on a
applaudi ces orateurs quand ils ont parlé
de la possibilité d'une négociation inter¬
nationale qui tendrait à la fois au règle¬
ment des principaux problèmes de l'éco¬
nomie européenne ec à une limitation si¬
multanée et contrôlée des armements.
Pour ma part, je ne pouvais que m'atten-
dre à cette approbation. La proposition
de résolution que j'ai déposée le 31 dé¬
cembre 1938, pour inviter le gouverne¬
ment à proposer la réunion d'une sem¬
blable conférence, et que j'ai présentée
à mes collègues, sous ma signature et
sous la signature de mes amc.s Paul Bou¬
let et Jean Leroy, avait déjà en effet re¬
çu l'adhésion de plus de P0 députés, tant
du groupe S. F. I. O., de l"U. S. R., de la
Gauche Indépendante, du groupe radical
que des groupes du centre et de la droi¬
te. Une telle concordance entre les opi¬
nions d'origines si diverses indiquait, à
n'en pas douter, l'existence d'une com¬
mune aspiration, que le groupe socialis¬
te n'a fait que confirmer quand, le 19
janvier 1939, il a déposé à son tour une
proposition de résolution « tendant à
inviter le Gouvernement à prendre l'ini-
tiat've de consultations en vue de la réu¬
nion d'une Conférence internationale ».
*
★ ★
Certes, il ne manque pas encore de
sceptiques ni même d'opposants, et l'ob¬
jection la plus courante,est qu'une con¬
férence internationale ne peut aboutir,
puisque, si même elle aboutissait à de
nouveaux accords, ces accords, comme
les autres, ne seraient pour les Etats to¬
talitaires que des chiffons de papier.
Mais je me demande pourquoi une telle
objection n'est jamais poussée jusqu'à
sa conclusion logique, car enfin, si Von
est sûr que certains Etats seront tou¬
jours de mauvaise foi, il faudrait avoir
le courage de dire qu'il est inutile de
conserver avec eux des relations diplo¬
matiques et qu'il n'est utile que de se
figer, face à eux, dans le silence d'un
tête-à-tête surarmé.
D'ailleurs, il va de soi — et ma propo¬
sition de résolution se rencontre sur ce
point avec la proposition du groupe so¬
cialiste — qu'un accord sur une limita¬
tion générale, des armements devrait-
être la condition de tout autre accord.
En d'autres termes, pour que des accords
par René CHATEAU
Député de la Charente-Inférieure
fussent conclus, il faudrait d'abord que
tous les signataires de ces accords ac¬
ceptassent de renoncer à la totalité ou
du moins, pour commencer, à une partie
substantielle des moyens qu'ils ont de
violer leurs signatures par la force.
Enfin, qui ne sait, par les leçons de
l'histoire, quelle différence il y a entre
les traités qui reposent sur la force et
les accords qui résultent des nécessités
économiques ? Toujours les vaincus,
quand ils ont eu l'occasion, ont essaye
de violer la loi des vainqueurs. Toujours
les vaincus, quand ils ont donné leur ac¬
cord à une amputation de leurs droits
ou de leurs territoires, n'ont donné cet
accord que de mauvaise foi. Nul ne pou¬
vait donc, raisonnablement, compter sur
la bonne foi de l'Allemagne, tant qu'il
serait resté quelque chose du traité de
Versailles. Mais par bonheur les peuples
n'ont pas entre eux que des rapports de
forces. Ils ont et ils ne peuvent pas ne
pas avoir, malgré leurs passions, les rap¬
ports normaux que leur impose le beso.n
d'échanger. Même pendant la guerre.,
par l'intermédiaire des neutres, est-ce
que certains échanges ne persistaient
pas entre les belligérants : Même en cet¬
te époque de tension internationale, est-
ce que le « bloc des démocraties » n<
fournit pas des matières premières au
« bloc des Etats totalitaiies » ? Le be¬
soin de vivre est le plus fort, et les pires
des haines ne peuvent rompre complè¬
tement l'espèce d'accord tacite par le¬
quel les peuples, dans la collaboration
de tous, assurent la vie de chacun. Il
est donc au moins probable qu'un règle¬
ment économique qui ne tiendrait qu'à
développer cette indispensable collabo¬
ration ne courrait pas le risque d'être
aisément rompu, tant il importerait à
l'existence même des peuples qui l'au¬
raient conclu.
' * «
★ ★
Or, de quoi s'agirait-il, dans cette réu¬
nion internationale qui serait chargée
de négocier la paix ? Il s'agirait précisé¬
ment de rétablir et d'organiser les rap¬
ports économiques que la grande guerre
a rompus, et que les nations n'ont pas
suffisamment renoués, claquemurées
qu'elles sont derrière leurs barrières
douanières ou hantées par l'idée d'autar¬
cie. Car, c'est dans cet isolement, et de
cet isolement même, que naît le danger
de guerre. Pourquoi l'Allemagne pousse-
t-elle autour d'elle des pointes de violen¬
ce ou de menace, maintenant qu'elle n'a
plus grand chose à renier du traité de
Versailles ? Ce n'est pas tant par délire
ggifl
iiiisi
lia
L'EXODE DES TROUPES GOUVERNEMENTALES EN CATALOGNE...
La fin du drame espagnol approche enfin, sinon la fin de cet angoissant
problème. Les autorités françaises ont décidé de recevoir les troupes refou¬
lées sur le territoire français, après avoir procédé au désarmement com¬
plet des miliciens. Leur passage en masse sera ordonné par un dispositif de sé¬
curité militaire. Voici un premier détachement de soldats gouvernementaux,
désarmés, encadrés par des gardes mobiles, traversant les lignes françaises.
idéologique que par le besoin de trouver
de la place pour une population surabon¬
dante et des débouchés pour une indus¬
trie formidable qui tourne actuellement
à vide ou ne peut tourner que pour des
armements. « Exporter ou mourir », a dit
lui-même Hitler, et il y a d'autres na¬
tions encore qui ne savent où exporter
leurs travaux ni où exporter leurs hom¬
mes, à travers tant de cloisons étanches.
et qui pensent aussi : « Ou vivre en s'en-
tr'aidant, ou en finir en s'entretuant ».
Nous ne sommes pas nous-mêmes à bien
meilleure enseigne, car si par des taxes
et des contingentements, nous fermons
nos portes aux produits étrangers, notre
industrie elle-même ne trouve plus à
vendre, et c'est, un malheur public que
trop de blé sur nos sillons ! Enfin, com¬
me les autres et, s'il se peut, plus que
les autres, nous nous ruinons pour nous
surarmer. Il faut donc en finir : ou bien
se résigner au grand suicide, ou bien
travailler ensemble à la richesse com¬
mune, par l'échange et la collaboration.
Et c'est assez, je pense, pour prouver
qu'une conférence internationale n'est
pas seulement possible, mais qu'elle est
aussi nécessaire, nécessaire à nous, né¬
cessaire à tous.
LE FRANÇAIS VAAST
a GAGNE le CROSS CYCLO-PEDESTRE
INTERNATIONAL.,.
...disputé à Saint-Cloud par les équi¬
pes de France, Belgique, Suisse, Italie,
Luxembourg. Voici Vaast après sa vic¬
toire. Le Belge Kneepkens s'est classé
second.
En France...
Paris... M. Léon Bérard est chargé
d'une mission auprès du gouvernement
de Franco.
Paris... M. Deibler meurt subitement
dans le métro à Paris. Il a succombé à
une affection cardiaque.
Paris... Les débats parlementaires.
M. Marchandeau, ministre de la Justice,
repousse la proposition d'amnistie to¬
tale, mais accepte le contre-projet Per-
rin donnant au gouvernement le pouvoir
d'exercer la grâce amnistiante.
Perpignan... L'avance nationaliste se
poursuivrait sur le front de Catalogne,
plus de 80.000 réfugiés se dirigent vers
la frontière française. Le président Aza-
na, ainsi que MM. Companys et Del
Vayo, sont arrivés à Perpignan.
Le Perthus... Plusieurs unités de
l'armée gouvernementale et de nom¬
breux réfugiés franchissent la frontière
française. Les combattants sont aussi¬
tôt encadrés par les gardes mobiles,
puis désarmés et dirigés vers les difffé-
rents camps de concentration. Le pré¬
sident Négrin, accompagné d'un cer¬
tain nombre de ministres, est passé en
France : M. Azana, président de la Ré¬
publique, séjourne en Haute-Savoie. •
Paris... La Chambre et le Sénat se
réuniront à Versailles le jeudi 6 avril
prochain, pour élire le successeur de M.
Albert Lebrun.
A l'Etranger...
Washington... Certains journaux s'é-
tant fait l'écho d'une phrase qu'aurait
prononcée le président des Etats-Unis,
dans son dernier discours, M. Roosevelt
LES GRANDES MANŒUVRES ANGLAISES A GIBRALTAR ONT COMMENCE...
...en présence de trois croiseurs français. Voici le vice-amiral Abrial, chef
de l'escadre de la Méditerranée, avec le Gouverneur de Gibraltar, le Général
Sir Edmund Ironside.
dément les propos qui lui ont été prê¬
tés, notamment l'affirmation que « la
frontière des Etats-Unis était sur le
Rhin ou en France ».
Londres... Deux bombes éclatent dans
le métro de Londres. On compte 6 bles¬
sés.
Catalogne... Les troupes franquistes
ont occupé Gérone et poursuivent leur
avance vers Figueras.
Belgrade.... Le Cabinet Stoyadinovitch
a démissionné. Cette décision aurait été
provoquée par suite du désaccord exis¬
tant avec l'opposition croate.
Rome... Au grand conseil fasciste qui
s'est tenu à Rome, M. Mussolini n'a fait
aucune allusion aux « prétentions ita¬
liennes ». Il aurait déclaré, d'après la
presse, que les légionnaires italiens ne
seront rapatriés d'Espagne qu'après la
victoire totale du général Franco.
Catalogne... L'avance des troupes na¬
tionalistes se poursuit sur le front de
Catalogne. L'armée républicaine reflue
à la frontière française.
Londres... A la Chambre des Commu¬
nes, M. Chamberlain déclare que :
« Toute menace envers la France pro¬
voquerait immédiatement la collabora¬
tion de l'Angleterre ».
LE MARECHAL PETAIN
PROFESSEUR D'UNIVERSITE
Un cours de Défense Nationale a été
créé récemment à l'Ecole Libre des
Sciences Politiques, ayant pour but de
donner aux étudiants de cette Ecole
Supérieure des notions de défense na¬
tionale ; ce cours s'étendra sur deux
ans et sera sanctionné par un examen.
C'est le Maréchal Pétain qui assumera
la direction de ce cours, et il l'a inau¬
guré personnellement. D'autres cours
par différents généraux vont suivre.
Voici le maréchal pendant son premier
cours.
DNE NOUVELLE MORALE
par Léon LABAUME
Depuis que la pensée a émergé du
chaos — ce qui nous reporte fort loin
dans la nuit des temps — elle s'est
constamment ingéniée pour trouver un
but final à la vie, ainsi que pour forger
des règles de conduite pour les hommes,
De là sont nées les diverses morales
aux fondements contradictoires. Les
philosophes de l'antiquité pensaient
trouver le souverain bien dans le bon¬
heur terrestre. Ils ne sont pas arrivés
cependant à se mettre d'accord ni sur la
nature de ce bonheur ni sur les moyens
d'y parvenir.
Pour les civilisations juives et chré¬
tiennes, la morale est d'inspiration di¬
vine, Dieu s'étant révélé aux hommes
et leur ayant fait connaître comment
ils devaient vivre, La conjonction de
ces deux théories a abouti au moyen-
âge, époque de transition et d'expecta¬
tive.
Les philosophies modernes ont tenté
d'affranchir la morale de toutes concep¬
tions métaphysiques. Les unes ont donc
rejoint le point de vue antique, d'autres
s'inspirent d'axiomes moraux préten¬
dus incontestables, certaines recherchant
l'intérêt bien compris adoptent le soli-
darisme, pour d'autres enfin il ne s'agit
que d'une invention des faibles pour as¬
servir les puissants.
Le seul fait généralement admis de
nos jours consiste à déclarer que, dans
toute société, il se forme une conscience
collective, née des nécessités de la vie
en commun, et faisant trouver bonnes
ou mauvaises certaines actions.
Ce préambule — dont nous nous ex-
susons pour la longueur — n'a d'autre
but que de rappeler la fragilité de nos
conceptions morales. Il démontre égale¬
ment qu'en dépit des savants exposés
accumulés par les générations le sujet
est toujours actuel. Qu'une évolution
importante transforme la société, aussi
bien au point de vue économique qu'au
point de vue intellectuel, et toutes les
notions admises peuvent être remises en
question.
Comment s'étonner dès lors que notre
époque troublée, permette l'éclosion d'u¬
ne nouvelle morale à tendance Spartiate
dans les pays à forte natalité. Nous vou¬
lons parler des doctrines national-socia¬
listes.
Que l'ensemble de ces doctrines cons¬
titue bien le fondement d'une nouvelle
morale, cela parait incontestable. Recon¬
naissons cependant que pour la majo¬
rité des peuples et pour les français en
particulier la philosophie nazie apparaît
essentiellement barbare et anti-scientifi¬
que.
Pour le National-Socialisme, l'indivi¬
du n'est rien, seul compte l'Etat Alle¬
mand. Aucun particularisme ne peut être
admis, aucune liberté tolérée, dès qu'il
s'agit d'accroître la puissance du grou-
JEUDI 9 FEVRIER 1939.
Journal Républicain Démocrate
ABONNEMENTS :
Lozère et départements limitrophes 12 fr. 50
Autres départements 15 fr. 50
Compte postal : n° 251.09 Clermont-Ferrand
Directeur : Raymond D E R V AUX
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9, Allée des Soupirs — M E N D E
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Le Numéro : 30 centimes
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Annonces légales 2,50 —
Les récents débats de politique exté¬
rieure ont mis l'accent sur un désir qua¬
si unanime de la Chambre des Députés
qui a été exprimé par Camille Planche,
Paul Elbel, Léon Blum et par le Prési¬
dent Edouard Daladier lui-même• Sur
tous les bancs, ou peu s'en faut, on a
applaudi ces orateurs quand ils ont parlé
de la possibilité d'une négociation inter¬
nationale qui tendrait à la fois au règle¬
ment des principaux problèmes de l'éco¬
nomie européenne ec à une limitation si¬
multanée et contrôlée des armements.
Pour ma part, je ne pouvais que m'atten-
dre à cette approbation. La proposition
de résolution que j'ai déposée le 31 dé¬
cembre 1938, pour inviter le gouverne¬
ment à proposer la réunion d'une sem¬
blable conférence, et que j'ai présentée
à mes collègues, sous ma signature et
sous la signature de mes amc.s Paul Bou¬
let et Jean Leroy, avait déjà en effet re¬
çu l'adhésion de plus de P0 députés, tant
du groupe S. F. I. O., de l"U. S. R., de la
Gauche Indépendante, du groupe radical
que des groupes du centre et de la droi¬
te. Une telle concordance entre les opi¬
nions d'origines si diverses indiquait, à
n'en pas douter, l'existence d'une com¬
mune aspiration, que le groupe socialis¬
te n'a fait que confirmer quand, le 19
janvier 1939, il a déposé à son tour une
proposition de résolution « tendant à
inviter le Gouvernement à prendre l'ini-
tiat've de consultations en vue de la réu¬
nion d'une Conférence internationale ».
*
★ ★
Certes, il ne manque pas encore de
sceptiques ni même d'opposants, et l'ob¬
jection la plus courante,est qu'une con¬
férence internationale ne peut aboutir,
puisque, si même elle aboutissait à de
nouveaux accords, ces accords, comme
les autres, ne seraient pour les Etats to¬
talitaires que des chiffons de papier.
Mais je me demande pourquoi une telle
objection n'est jamais poussée jusqu'à
sa conclusion logique, car enfin, si Von
est sûr que certains Etats seront tou¬
jours de mauvaise foi, il faudrait avoir
le courage de dire qu'il est inutile de
conserver avec eux des relations diplo¬
matiques et qu'il n'est utile que de se
figer, face à eux, dans le silence d'un
tête-à-tête surarmé.
D'ailleurs, il va de soi — et ma propo¬
sition de résolution se rencontre sur ce
point avec la proposition du groupe so¬
cialiste — qu'un accord sur une limita¬
tion générale, des armements devrait-
être la condition de tout autre accord.
En d'autres termes, pour que des accords
par René CHATEAU
Député de la Charente-Inférieure
fussent conclus, il faudrait d'abord que
tous les signataires de ces accords ac¬
ceptassent de renoncer à la totalité ou
du moins, pour commencer, à une partie
substantielle des moyens qu'ils ont de
violer leurs signatures par la force.
Enfin, qui ne sait, par les leçons de
l'histoire, quelle différence il y a entre
les traités qui reposent sur la force et
les accords qui résultent des nécessités
économiques ? Toujours les vaincus,
quand ils ont eu l'occasion, ont essaye
de violer la loi des vainqueurs. Toujours
les vaincus, quand ils ont donné leur ac¬
cord à une amputation de leurs droits
ou de leurs territoires, n'ont donné cet
accord que de mauvaise foi. Nul ne pou¬
vait donc, raisonnablement, compter sur
la bonne foi de l'Allemagne, tant qu'il
serait resté quelque chose du traité de
Versailles. Mais par bonheur les peuples
n'ont pas entre eux que des rapports de
forces. Ils ont et ils ne peuvent pas ne
pas avoir, malgré leurs passions, les rap¬
ports normaux que leur impose le beso.n
d'échanger. Même pendant la guerre.,
par l'intermédiaire des neutres, est-ce
que certains échanges ne persistaient
pas entre les belligérants : Même en cet¬
te époque de tension internationale, est-
ce que le « bloc des démocraties » n<
fournit pas des matières premières au
« bloc des Etats totalitaiies » ? Le be¬
soin de vivre est le plus fort, et les pires
des haines ne peuvent rompre complè¬
tement l'espèce d'accord tacite par le¬
quel les peuples, dans la collaboration
de tous, assurent la vie de chacun. Il
est donc au moins probable qu'un règle¬
ment économique qui ne tiendrait qu'à
développer cette indispensable collabo¬
ration ne courrait pas le risque d'être
aisément rompu, tant il importerait à
l'existence même des peuples qui l'au¬
raient conclu.
' * «
★ ★
Or, de quoi s'agirait-il, dans cette réu¬
nion internationale qui serait chargée
de négocier la paix ? Il s'agirait précisé¬
ment de rétablir et d'organiser les rap¬
ports économiques que la grande guerre
a rompus, et que les nations n'ont pas
suffisamment renoués, claquemurées
qu'elles sont derrière leurs barrières
douanières ou hantées par l'idée d'autar¬
cie. Car, c'est dans cet isolement, et de
cet isolement même, que naît le danger
de guerre. Pourquoi l'Allemagne pousse-
t-elle autour d'elle des pointes de violen¬
ce ou de menace, maintenant qu'elle n'a
plus grand chose à renier du traité de
Versailles ? Ce n'est pas tant par délire
ggifl
iiiisi
lia
L'EXODE DES TROUPES GOUVERNEMENTALES EN CATALOGNE...
La fin du drame espagnol approche enfin, sinon la fin de cet angoissant
problème. Les autorités françaises ont décidé de recevoir les troupes refou¬
lées sur le territoire français, après avoir procédé au désarmement com¬
plet des miliciens. Leur passage en masse sera ordonné par un dispositif de sé¬
curité militaire. Voici un premier détachement de soldats gouvernementaux,
désarmés, encadrés par des gardes mobiles, traversant les lignes françaises.
idéologique que par le besoin de trouver
de la place pour une population surabon¬
dante et des débouchés pour une indus¬
trie formidable qui tourne actuellement
à vide ou ne peut tourner que pour des
armements. « Exporter ou mourir », a dit
lui-même Hitler, et il y a d'autres na¬
tions encore qui ne savent où exporter
leurs travaux ni où exporter leurs hom¬
mes, à travers tant de cloisons étanches.
et qui pensent aussi : « Ou vivre en s'en-
tr'aidant, ou en finir en s'entretuant ».
Nous ne sommes pas nous-mêmes à bien
meilleure enseigne, car si par des taxes
et des contingentements, nous fermons
nos portes aux produits étrangers, notre
industrie elle-même ne trouve plus à
vendre, et c'est, un malheur public que
trop de blé sur nos sillons ! Enfin, com¬
me les autres et, s'il se peut, plus que
les autres, nous nous ruinons pour nous
surarmer. Il faut donc en finir : ou bien
se résigner au grand suicide, ou bien
travailler ensemble à la richesse com¬
mune, par l'échange et la collaboration.
Et c'est assez, je pense, pour prouver
qu'une conférence internationale n'est
pas seulement possible, mais qu'elle est
aussi nécessaire, nécessaire à nous, né¬
cessaire à tous.
LE FRANÇAIS VAAST
a GAGNE le CROSS CYCLO-PEDESTRE
INTERNATIONAL.,.
...disputé à Saint-Cloud par les équi¬
pes de France, Belgique, Suisse, Italie,
Luxembourg. Voici Vaast après sa vic¬
toire. Le Belge Kneepkens s'est classé
second.
En France...
Paris... M. Léon Bérard est chargé
d'une mission auprès du gouvernement
de Franco.
Paris... M. Deibler meurt subitement
dans le métro à Paris. Il a succombé à
une affection cardiaque.
Paris... Les débats parlementaires.
M. Marchandeau, ministre de la Justice,
repousse la proposition d'amnistie to¬
tale, mais accepte le contre-projet Per-
rin donnant au gouvernement le pouvoir
d'exercer la grâce amnistiante.
Perpignan... L'avance nationaliste se
poursuivrait sur le front de Catalogne,
plus de 80.000 réfugiés se dirigent vers
la frontière française. Le président Aza-
na, ainsi que MM. Companys et Del
Vayo, sont arrivés à Perpignan.
Le Perthus... Plusieurs unités de
l'armée gouvernementale et de nom¬
breux réfugiés franchissent la frontière
française. Les combattants sont aussi¬
tôt encadrés par les gardes mobiles,
puis désarmés et dirigés vers les difffé-
rents camps de concentration. Le pré¬
sident Négrin, accompagné d'un cer¬
tain nombre de ministres, est passé en
France : M. Azana, président de la Ré¬
publique, séjourne en Haute-Savoie. •
Paris... La Chambre et le Sénat se
réuniront à Versailles le jeudi 6 avril
prochain, pour élire le successeur de M.
Albert Lebrun.
A l'Etranger...
Washington... Certains journaux s'é-
tant fait l'écho d'une phrase qu'aurait
prononcée le président des Etats-Unis,
dans son dernier discours, M. Roosevelt
LES GRANDES MANŒUVRES ANGLAISES A GIBRALTAR ONT COMMENCE...
...en présence de trois croiseurs français. Voici le vice-amiral Abrial, chef
de l'escadre de la Méditerranée, avec le Gouverneur de Gibraltar, le Général
Sir Edmund Ironside.
dément les propos qui lui ont été prê¬
tés, notamment l'affirmation que « la
frontière des Etats-Unis était sur le
Rhin ou en France ».
Londres... Deux bombes éclatent dans
le métro de Londres. On compte 6 bles¬
sés.
Catalogne... Les troupes franquistes
ont occupé Gérone et poursuivent leur
avance vers Figueras.
Belgrade.... Le Cabinet Stoyadinovitch
a démissionné. Cette décision aurait été
provoquée par suite du désaccord exis¬
tant avec l'opposition croate.
Rome... Au grand conseil fasciste qui
s'est tenu à Rome, M. Mussolini n'a fait
aucune allusion aux « prétentions ita¬
liennes ». Il aurait déclaré, d'après la
presse, que les légionnaires italiens ne
seront rapatriés d'Espagne qu'après la
victoire totale du général Franco.
Catalogne... L'avance des troupes na¬
tionalistes se poursuit sur le front de
Catalogne. L'armée républicaine reflue
à la frontière française.
Londres... A la Chambre des Commu¬
nes, M. Chamberlain déclare que :
« Toute menace envers la France pro¬
voquerait immédiatement la collabora¬
tion de l'Angleterre ».
LE MARECHAL PETAIN
PROFESSEUR D'UNIVERSITE
Un cours de Défense Nationale a été
créé récemment à l'Ecole Libre des
Sciences Politiques, ayant pour but de
donner aux étudiants de cette Ecole
Supérieure des notions de défense na¬
tionale ; ce cours s'étendra sur deux
ans et sera sanctionné par un examen.
C'est le Maréchal Pétain qui assumera
la direction de ce cours, et il l'a inau¬
guré personnellement. D'autres cours
par différents généraux vont suivre.
Voici le maréchal pendant son premier
cours.
DNE NOUVELLE MORALE
par Léon LABAUME
Depuis que la pensée a émergé du
chaos — ce qui nous reporte fort loin
dans la nuit des temps — elle s'est
constamment ingéniée pour trouver un
but final à la vie, ainsi que pour forger
des règles de conduite pour les hommes,
De là sont nées les diverses morales
aux fondements contradictoires. Les
philosophes de l'antiquité pensaient
trouver le souverain bien dans le bon¬
heur terrestre. Ils ne sont pas arrivés
cependant à se mettre d'accord ni sur la
nature de ce bonheur ni sur les moyens
d'y parvenir.
Pour les civilisations juives et chré¬
tiennes, la morale est d'inspiration di¬
vine, Dieu s'étant révélé aux hommes
et leur ayant fait connaître comment
ils devaient vivre, La conjonction de
ces deux théories a abouti au moyen-
âge, époque de transition et d'expecta¬
tive.
Les philosophies modernes ont tenté
d'affranchir la morale de toutes concep¬
tions métaphysiques. Les unes ont donc
rejoint le point de vue antique, d'autres
s'inspirent d'axiomes moraux préten¬
dus incontestables, certaines recherchant
l'intérêt bien compris adoptent le soli-
darisme, pour d'autres enfin il ne s'agit
que d'une invention des faibles pour as¬
servir les puissants.
Le seul fait généralement admis de
nos jours consiste à déclarer que, dans
toute société, il se forme une conscience
collective, née des nécessités de la vie
en commun, et faisant trouver bonnes
ou mauvaises certaines actions.
Ce préambule — dont nous nous ex-
susons pour la longueur — n'a d'autre
but que de rappeler la fragilité de nos
conceptions morales. Il démontre égale¬
ment qu'en dépit des savants exposés
accumulés par les générations le sujet
est toujours actuel. Qu'une évolution
importante transforme la société, aussi
bien au point de vue économique qu'au
point de vue intellectuel, et toutes les
notions admises peuvent être remises en
question.
Comment s'étonner dès lors que notre
époque troublée, permette l'éclosion d'u¬
ne nouvelle morale à tendance Spartiate
dans les pays à forte natalité. Nous vou¬
lons parler des doctrines national-socia¬
listes.
Que l'ensemble de ces doctrines cons¬
titue bien le fondement d'une nouvelle
morale, cela parait incontestable. Recon¬
naissons cependant que pour la majo¬
rité des peuples et pour les français en
particulier la philosophie nazie apparaît
essentiellement barbare et anti-scientifi¬
que.
Pour le National-Socialisme, l'indivi¬
du n'est rien, seul compte l'Etat Alle¬
mand. Aucun particularisme ne peut être
admis, aucune liberté tolérée, dès qu'il
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