Titre : Le Moniteur de la Lozère : journal d'annonces
Auteur : Union républicaine (France). Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Mende)
Date d'édition : 1871-01-01
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328188053
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 01 janvier 1871 01 janvier 1871
Description : 1871/01/01 (A8,N1). 1871/01/01 (A8,N1).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG48 Collection numérique : BIPFPIG48
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bd6t53545685m
Source : Archives départementales de la Lozère, 1 PER 204
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 17/09/2023
JOURNAL DE L'UNION ET DE LA DÉFENSE NATIONALE..
PRIX I) ABONNEMENT
Mande . un an, 10 fr. ; six mois, 5 fr. 50 o
le département ; uii an, 11 fr. ; six mois
50 c. ; hors du département : un an , 12
trois mois, 4 fr. — Chaque exemplaire séparé, 25
trois mois , 3 fr. ; dans
6 fr. ; trois mois, 3 fr.
fr. ; six mois , 6 fr. 50 c. ;
c.
M. HA.VAS, rue Jean-Jacques-Rousseau , 3 , et MM. LAFFITTE ,
BULLIER et C1", place de la Bourse , 8, sont seuls chargés, à Paris,
de recevoir les annonces pour le Moniteur de la Lozère•
8ras ANNÉE
N" 1
T>rm a/ri elle, 1er janvier 1871.
PRIX DE* INSERTIONS 1
Annonce» judiciaires, 20 c. la ligne; diverses, 25 c. ; réclames,
c. — Le prix des insertions peu être exigé à l'avance.
Les annonces ordinaires doivent être remises le jeudi avant midi. Si
les annonces sont longues ou si elles présentent des difficultés d'exé¬
cution , l'imprimeur se réserve de demander le temps qu'il jugera
nécessaire pour faire la planche.
On s'abonne : chez M" Veuve Camille IGNON, à Mende ; DALLO,
à Marvejols ; LOMBARD, à Florac.
Mende, le 1" janvier 1871.
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE.
Dépêches Télégraphiques.
Bordeaux, 24 décembre 1870, 12 h. 22 m. soir.
Intérieur à préfets etc.
Hier l'armée du Nord a livré bataille de 1 i
heures à 6 heures, à Pont-Noyelles. Elle est
restée maîtresse du champ de bataille après un
long combat d'artillerie terminé par une
charge d'infanterie sur toute la ligne.
L'ensemble des renseignements de là Loire
indique que l'ennemi renonce à poursuivre
sa marche au-delà de Tours, et que même il
se replie sur Orléans.
De nouveaux renseignements sur l'affaire de
Nuits du 18, permettent d'affirmer que cette
journée a été avantageuse. Le général Crémer ,
avec moins de 10,000 hommes, dont beaucoup
voyaient le feu pour la première fois et trois
batteries, a soutenu jusqu'à la" nuit close un
combat contre des forces très-supérieures, ap¬
puyées par 7 batteries. L'ennemi n'est entré
dans la ville qu'à la faveur de l'obscurité, et a
dû l'abandonner à 4 heures du malin. Notre
retraite,, faite en bon ordre, n'a pas dépassé
un rayon d'un kilomètre. Les pertes avouées
par l'ennemi, sont quatre fois plus nombreuses
que les nôtres. Le prince Guillaume de Bade,
a été blessé mortellement. Depuis ce temps,
l'ennemi n'a ni renouvelé son attaque, ni in¬
quiété les positions du.général Garibaldi. C'est
de notre côté l'héroïque 1re légion des mobi¬
lisés du Rhône qui a le plus souffert.
Le 20, Nuits était complètement abandonné
par l'ennemi qui laissait nombre de morts
dans les vignes, et nous prenions possession
des blessés que nous n'avions pu évacuer et
d'un nombreux matériel.
Les nouvelles de Belfort annoncent qu'une
sortie dans la nuit du 20 au 21 a été désas¬
treuse pour les assiégeants. Beaucoup de leurs
canons ont été encloués, et les villages envi¬
ronnants sont remplis de leurs blessés.
Bordeaux, le 27 décembre 1870 , à 1 h. 39 m. s.
Le Ministre de l'intérieur à MM. les Préfets.
Le général Chanzy au ministre de la guerre.
A la suite d'un fait inouï, dont je vous adres¬
serai la constatation, j'ai envoyé par parlemen¬
taire, une protestation au commandant prussien
à Vendôme et adressé à l'armée la proclamation
ci-après :
Le général en chef porte à la connaissance
de l'armée la protestation ci-après qu'il adresse
par parlementaire, au commandantdes troupes
prussiennes à Vendôme, sûr d'avance que cha¬
cun partagera son indignation et son désir de
venger de telles injures.
AU COMMANDANT PRUSSIEN A VENDOME.
J'apprends que des violences inqualifiables
ont été exercées par les troupes sous vos ordres
sur la population inoffensive de St-Calais. Mal¬
gré nos bons traitements pour vos malades et
vos blessés, vos officiers ont exigé de l'argent
et ordonné le pillage. C'est un abus de la force
qui pèsera survosconsciences etquele patriotis¬
me de nos populations saura supporter , mais
ca que je ne puis admettre, c'est que vous
ajoutiez à cela l'injure, alors que vous savez
qu'elle est gratuite. Vous avez prétendu que
nous étions les vaincus; cela est faux: nous
vous avons battus et tenus en échec depuis le
4 de ce mois.
Vous avez osé traiter de lâches, des gens qui
ne peuvent vous répondre, prétendant qu'ils
subissaient la volonté du gouvernement de la
défense netionale, ce qui les oblige à résister ,
alors qu'ils voudraient la paix et que vous la
leur offriez. Je proteste avec le droit, que me
donne de parler ainsi, la résistance de la France
entière et celle que l'armée vous oppose et que
vous n'avez pu vaincre jusqu'ici. Cette commu¬
nication a pour but d'affirmer de nouveau ce
que cette résistance vous a déjà appris.
Nous lutterons avec la conscienee du droit et
la volonté de :riompher, quels que soienlles sa¬
crifices qui nous restent à faire, nous lutterons
à outrance, sans trêve ni merci, parce qu'il
s'agit aujourd'hui de combattre non plus des
ennemis mais des bordes de dévastateurs qui ne
veulent que la ruine et la honte d'une nation
qui prétend, elle, conserver son honneur, son
indépendance et son rang. A la générosité avec
laquelle nous traitons vos prisonniers et vos
blessés, vous répondez par l'insolence, l'incen¬
die et le pillage. Je proteste avec indignation
au nom de l'human té et du droit des gens que
vous foulez aux pieds.
Le présent ordre sera lu aux troupes à trois
appels consécutifs.
Au quartier général, au Mans, le 26 décem¬
bre 1870.
Le général en chef,
CHANZY,
Pour copie conforme :
Le préfet de la Lozère,
TRUCHARD-DUMOLIN.
Bordeaux, 27 décembre 1870 à 5 h. du soir.
Intérieur à Préfets et Sous-Préfets.
Sur la rive gauche de la Loire une petite co¬
lonne a attaqué hier Argent à deux reprises et
a été repoussée par les populations des com¬
munes environnantes. Avant-hier , francs-
tireurs Liposki ont enlevé un courrier allant de
Châteauneuf-en-Chimerais à Nogent-le-Roi, et
fait quelques prisonniers.
En Normandie les prussiens ont fait sauter
le pont du chemin de fer sur la route Bolbec à
Fécamp.
Bordeaux, 2S décembre 1870, 2 h. 55 du soir.
Nouvelles de Paris par ballon Tourville
tombé à Lymoutiers avec toutes ses dépêches.
Depuis le 21 le froid excessif a entravé les opé¬
rations et empêché les travaux de terrassement.
Les mesures prises pour sauvegarder la santé
des troupes n'impliquent, en aucune façon
abandon des opérations commencées. Le gou¬
vernement et le peuple de Paris sont plus que
jamais décidés à continuer la défense au prix
de tous les sacrifices jusqu'à victoire définitive.
Le 26 la garde nationale mobilisée a délogé
un bataillon (Saxon du parc de la maison
Blanche.
Le ministre de l'intérieur et de la guerre est
arrivé à Bordeaux.
Bordeaux, le 29 décembre 1870 à 5 h. S5 m. du soir.
Intérieur à préfets etc.
L'ennemi, après Dijon, a évacué Gray, con¬
tinuant, avec précipitation, son mouvement de
retraite sur Yesoul. Le 27, une colonne mo¬
bile détachée de l'armée du général Chanzy a
eu un engagement assez vif avec l'ennemi vers
Montoire. L'ennemi poursuivi 5 kilomètres au
delà de cette ville, s'est retiré sur Château-Re¬
nault, laissant une trentaine de prisonniers,
des caissons, des équipages, 2 officiers tués,
plusieurs blessés.
Les francs-tireurs ont mis en déroute, le
même jour, quelques éclaireurs ennemis entre
Dontjouin et la Loupe.
Intérieur à Préfets.
Nouvelles de Paris par ballon le Bavard
tombé près la Roche sur Noy le 29. Prussiens
ont dirigé attaque furieuse contreforts Nogent,
Rosny et le plateau d'Avron. Us ont démasqué
des batteries de siège et tenté le bombardement
L'état moral de Paris est excellent. L'ennemi
vient d'évacuer Auxerre emmenant son préfet
et ses malades même mourants.
REPUBLIQUE FRANÇAISE.
Bordeaux, le 26 décembre à 6 h. 30 m. du soir.
Le Ministre de l'Intérieur à MM. les Préfets.
Vu les décrets des 12 et 4 6 septembre 1870;
Vu le décret du 13 septembre 1870, daté de
Paris, par lequel le gouvernement de ladéfense
nationale a réglé les mesures financières néces¬
saires pour assurer les services départementaux
en 1871 etsuppléer à l'action des conseils géné¬
raux et des conseils d'arrondissement;
Vu la circulaire ministérielle du 17 décem¬
bre présent mois,
DÉCRÈTENT t
Art. 1er. Les conseils généraux etles conseils
d'arrondissements sont dissous ; sont également
dissous les commissions départementales dans
les départements où il en a été institué.
Art. 2. Les conseils généraux seront rempla¬
cés par des commissions départementales com¬
posées d'autant de membres qu'il y a de cantons
dans le département; elles seront instituées par
le gouvernement sur la proposition d'urgence
des préfets.
Art. 3. Le budget départemental sera réglé
conformément au décret du 13 septembre 1870
et à la circulaire du 17 décembre de la même
année.
Art. 4. Le ministre de l'intérieur est chargé
de l'exécution du présent décret.
Fait à Bordeaux, le 25 décembre 1870.
GRÉMIEUX, GAMBETTA, GLAIS-BIZOIN ,
FOURICHON.
Pour copie conforme :
Le Directeur général délégué,
LAURIER.
CERTIFIÉ:
Le préfet de la Lozère,
TRUCHARD-DUMOLIN.
Représentation nationale et
Défense nationale.
Les membres du gouvernement de la défense
nationale délégués pour représenter le gouver¬
nement et en exercer les pouvoirs ;
Le Courrier de la Lozère ne cesse
de demander la convocation d'une
assemblée nationale.
Cette thèse, qui est celle de toute
la presse réactionnaire, est grosse de
dangers.
Le Courrier propose deux solu¬
tions pour obtenir immédiatement
une représentation régulière de la
nation : Rappeler l'ancien Corps lé¬
gislatif, ou convoquer les électeurs
et réunir une Assemblée Constitu¬
ante.
L'idée de convoquer l'ancien
Corps législatif nous paraît mons¬
trueuse. Nous n'aurions jamais ima¬
giné qu'elle pût venir à l'esprit
d'hommes qui ont donné, dans ces
derniers temps, des preuves d'indé¬
pendance et de sens politique.
Vous voudriez faire régler les des¬
tinées de la nation par une cham¬
bre qui a voté, à une immense majo¬
rité, la guerre désastreuse qui cou¬
vre la France de deuil et de ruines !
Avez-vous donc oublié que cette
majorité était le produit des candida¬
tures officielles que vous avez combat¬
tues ? Qu'attendre des complices sti¬
pendiés d'un misérable aventurier?
Quelles garanties d'indépendance
et de patriotisme présentent ces dé¬
putés qui ont sanctionné les entre¬
prises les plus folles, les actes les
plus coupables ?
Le Corps législatif, dites vous, a
voté la déchéance à la presque unani¬
mité, dans la séance du 4 septembre!
C'est vrai ; mais ce vote a-t-il été
spontané? Pourquoi la majorité avait-
elle fait ajourner la proposition de
M. Jules Favre, lorsqu'elle avait des
éléments plus que suffisants pour ap¬
précier l'incapacité de Louis Bona-
pate? N'aurait-elle pas condamné cet
homme funeste et ce régime odieux,
dans la journée du 3 septembre, si la
honteuse capitulation de Sedan avait
réellement ouvert ses yeux à la lu¬
mière ?
Le vote m extremis du 4 septembre
ne peut tromper personne : c'est le
vote de la peur.
A ceux qui auraient l'idée d'é¬
voquer le Corps législatif, nous
recommandons le passage sui-
vantd'une lettre de M. de Girardln à
M. Thiers. «: Réunir, soit à Bordeaux,
» soit ailleurs, les membres du Corps
t> législatif, ce serait commettre une
» faute, une très-grande faute, car
3> ce serait exhumer de sa tombe la
3) constitution de 1870, etnécessai-
33 rement avec elle l'Empire.
3> Corps législatif, Sénat, Dynas-
» tie Napoléonienne forment un tout
3> indivisible.
3) Convoquer les députés sans con-
3> voquer les sénateurs et en laissant
3> à l'écart la régence ce serait com-
3> mettre l'inconséquence la plus
3) profonde et la plus dangereuse.
3) Aussi en y réfléchissant ne puis-je
3) me décider à croire à l'existence
3> d'une prétention souverainement
)) condamnée par la logique et la
33 prudence. 33
Nous nous associons de tout cœur
à ces sages pensées. N'y aurait-il pas
à craindre que la convocation des
Cassagnac, des Jérôme David, et de
tous les audacieux complices de
l'homme fatal qui a livré la France à
un ennemi implacable, ne futle signal
de la guerre civile. Aucune mesure
ne serait plus désastreuse.
L'idée de la convocation d'une as¬
semblée constituante est inopportune
et imprudente.
Est-il possible de faire des élections
lorsque la moitié de la France est en¬
vahie ? Comment, en l'étal actuel, ré¬
unir dans les comices les électeurs de
la France entière, et obtenir d'eux la
libre expression de leur volonté ?
Peut on songer à des réunions
électorales lorsque toutes les forces
vives du pays doivent être utilisées
pour la défense nationale?
L'heure est au combat et non aux
discussions politiques.
Il ne fautpas se faire illusion : le
jour ou la nomination de députés
serait décrétée, tous les partis se
mettraient en mouvement; et pen¬
dant que nous dépenserions notre
activité en luttes électorales, l'enne¬
mi, profitant de nos divisions, nous
porterait des coups terribles, peut-
être irréparables.
On peut regretter que le gouverne¬
ment acclamé le 4 septembre, n'ait
pas immédiatement convoqué une
PRIX I) ABONNEMENT
Mande . un an, 10 fr. ; six mois, 5 fr. 50 o
le département ; uii an, 11 fr. ; six mois
50 c. ; hors du département : un an , 12
trois mois, 4 fr. — Chaque exemplaire séparé, 25
trois mois , 3 fr. ; dans
6 fr. ; trois mois, 3 fr.
fr. ; six mois , 6 fr. 50 c. ;
c.
M. HA.VAS, rue Jean-Jacques-Rousseau , 3 , et MM. LAFFITTE ,
BULLIER et C1", place de la Bourse , 8, sont seuls chargés, à Paris,
de recevoir les annonces pour le Moniteur de la Lozère•
8ras ANNÉE
N" 1
T>rm a/ri elle, 1er janvier 1871.
PRIX DE* INSERTIONS 1
Annonce» judiciaires, 20 c. la ligne; diverses, 25 c. ; réclames,
c. — Le prix des insertions peu être exigé à l'avance.
Les annonces ordinaires doivent être remises le jeudi avant midi. Si
les annonces sont longues ou si elles présentent des difficultés d'exé¬
cution , l'imprimeur se réserve de demander le temps qu'il jugera
nécessaire pour faire la planche.
On s'abonne : chez M" Veuve Camille IGNON, à Mende ; DALLO,
à Marvejols ; LOMBARD, à Florac.
Mende, le 1" janvier 1871.
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE.
Dépêches Télégraphiques.
Bordeaux, 24 décembre 1870, 12 h. 22 m. soir.
Intérieur à préfets etc.
Hier l'armée du Nord a livré bataille de 1 i
heures à 6 heures, à Pont-Noyelles. Elle est
restée maîtresse du champ de bataille après un
long combat d'artillerie terminé par une
charge d'infanterie sur toute la ligne.
L'ensemble des renseignements de là Loire
indique que l'ennemi renonce à poursuivre
sa marche au-delà de Tours, et que même il
se replie sur Orléans.
De nouveaux renseignements sur l'affaire de
Nuits du 18, permettent d'affirmer que cette
journée a été avantageuse. Le général Crémer ,
avec moins de 10,000 hommes, dont beaucoup
voyaient le feu pour la première fois et trois
batteries, a soutenu jusqu'à la" nuit close un
combat contre des forces très-supérieures, ap¬
puyées par 7 batteries. L'ennemi n'est entré
dans la ville qu'à la faveur de l'obscurité, et a
dû l'abandonner à 4 heures du malin. Notre
retraite,, faite en bon ordre, n'a pas dépassé
un rayon d'un kilomètre. Les pertes avouées
par l'ennemi, sont quatre fois plus nombreuses
que les nôtres. Le prince Guillaume de Bade,
a été blessé mortellement. Depuis ce temps,
l'ennemi n'a ni renouvelé son attaque, ni in¬
quiété les positions du.général Garibaldi. C'est
de notre côté l'héroïque 1re légion des mobi¬
lisés du Rhône qui a le plus souffert.
Le 20, Nuits était complètement abandonné
par l'ennemi qui laissait nombre de morts
dans les vignes, et nous prenions possession
des blessés que nous n'avions pu évacuer et
d'un nombreux matériel.
Les nouvelles de Belfort annoncent qu'une
sortie dans la nuit du 20 au 21 a été désas¬
treuse pour les assiégeants. Beaucoup de leurs
canons ont été encloués, et les villages envi¬
ronnants sont remplis de leurs blessés.
Bordeaux, le 27 décembre 1870 , à 1 h. 39 m. s.
Le Ministre de l'intérieur à MM. les Préfets.
Le général Chanzy au ministre de la guerre.
A la suite d'un fait inouï, dont je vous adres¬
serai la constatation, j'ai envoyé par parlemen¬
taire, une protestation au commandant prussien
à Vendôme et adressé à l'armée la proclamation
ci-après :
Le général en chef porte à la connaissance
de l'armée la protestation ci-après qu'il adresse
par parlementaire, au commandantdes troupes
prussiennes à Vendôme, sûr d'avance que cha¬
cun partagera son indignation et son désir de
venger de telles injures.
AU COMMANDANT PRUSSIEN A VENDOME.
J'apprends que des violences inqualifiables
ont été exercées par les troupes sous vos ordres
sur la population inoffensive de St-Calais. Mal¬
gré nos bons traitements pour vos malades et
vos blessés, vos officiers ont exigé de l'argent
et ordonné le pillage. C'est un abus de la force
qui pèsera survosconsciences etquele patriotis¬
me de nos populations saura supporter , mais
ca que je ne puis admettre, c'est que vous
ajoutiez à cela l'injure, alors que vous savez
qu'elle est gratuite. Vous avez prétendu que
nous étions les vaincus; cela est faux: nous
vous avons battus et tenus en échec depuis le
4 de ce mois.
Vous avez osé traiter de lâches, des gens qui
ne peuvent vous répondre, prétendant qu'ils
subissaient la volonté du gouvernement de la
défense netionale, ce qui les oblige à résister ,
alors qu'ils voudraient la paix et que vous la
leur offriez. Je proteste avec le droit, que me
donne de parler ainsi, la résistance de la France
entière et celle que l'armée vous oppose et que
vous n'avez pu vaincre jusqu'ici. Cette commu¬
nication a pour but d'affirmer de nouveau ce
que cette résistance vous a déjà appris.
Nous lutterons avec la conscienee du droit et
la volonté de :riompher, quels que soienlles sa¬
crifices qui nous restent à faire, nous lutterons
à outrance, sans trêve ni merci, parce qu'il
s'agit aujourd'hui de combattre non plus des
ennemis mais des bordes de dévastateurs qui ne
veulent que la ruine et la honte d'une nation
qui prétend, elle, conserver son honneur, son
indépendance et son rang. A la générosité avec
laquelle nous traitons vos prisonniers et vos
blessés, vous répondez par l'insolence, l'incen¬
die et le pillage. Je proteste avec indignation
au nom de l'human té et du droit des gens que
vous foulez aux pieds.
Le présent ordre sera lu aux troupes à trois
appels consécutifs.
Au quartier général, au Mans, le 26 décem¬
bre 1870.
Le général en chef,
CHANZY,
Pour copie conforme :
Le préfet de la Lozère,
TRUCHARD-DUMOLIN.
Bordeaux, 27 décembre 1870 à 5 h. du soir.
Intérieur à Préfets et Sous-Préfets.
Sur la rive gauche de la Loire une petite co¬
lonne a attaqué hier Argent à deux reprises et
a été repoussée par les populations des com¬
munes environnantes. Avant-hier , francs-
tireurs Liposki ont enlevé un courrier allant de
Châteauneuf-en-Chimerais à Nogent-le-Roi, et
fait quelques prisonniers.
En Normandie les prussiens ont fait sauter
le pont du chemin de fer sur la route Bolbec à
Fécamp.
Bordeaux, 2S décembre 1870, 2 h. 55 du soir.
Nouvelles de Paris par ballon Tourville
tombé à Lymoutiers avec toutes ses dépêches.
Depuis le 21 le froid excessif a entravé les opé¬
rations et empêché les travaux de terrassement.
Les mesures prises pour sauvegarder la santé
des troupes n'impliquent, en aucune façon
abandon des opérations commencées. Le gou¬
vernement et le peuple de Paris sont plus que
jamais décidés à continuer la défense au prix
de tous les sacrifices jusqu'à victoire définitive.
Le 26 la garde nationale mobilisée a délogé
un bataillon (Saxon du parc de la maison
Blanche.
Le ministre de l'intérieur et de la guerre est
arrivé à Bordeaux.
Bordeaux, le 29 décembre 1870 à 5 h. S5 m. du soir.
Intérieur à préfets etc.
L'ennemi, après Dijon, a évacué Gray, con¬
tinuant, avec précipitation, son mouvement de
retraite sur Yesoul. Le 27, une colonne mo¬
bile détachée de l'armée du général Chanzy a
eu un engagement assez vif avec l'ennemi vers
Montoire. L'ennemi poursuivi 5 kilomètres au
delà de cette ville, s'est retiré sur Château-Re¬
nault, laissant une trentaine de prisonniers,
des caissons, des équipages, 2 officiers tués,
plusieurs blessés.
Les francs-tireurs ont mis en déroute, le
même jour, quelques éclaireurs ennemis entre
Dontjouin et la Loupe.
Intérieur à Préfets.
Nouvelles de Paris par ballon le Bavard
tombé près la Roche sur Noy le 29. Prussiens
ont dirigé attaque furieuse contreforts Nogent,
Rosny et le plateau d'Avron. Us ont démasqué
des batteries de siège et tenté le bombardement
L'état moral de Paris est excellent. L'ennemi
vient d'évacuer Auxerre emmenant son préfet
et ses malades même mourants.
REPUBLIQUE FRANÇAISE.
Bordeaux, le 26 décembre à 6 h. 30 m. du soir.
Le Ministre de l'Intérieur à MM. les Préfets.
Vu les décrets des 12 et 4 6 septembre 1870;
Vu le décret du 13 septembre 1870, daté de
Paris, par lequel le gouvernement de ladéfense
nationale a réglé les mesures financières néces¬
saires pour assurer les services départementaux
en 1871 etsuppléer à l'action des conseils géné¬
raux et des conseils d'arrondissement;
Vu la circulaire ministérielle du 17 décem¬
bre présent mois,
DÉCRÈTENT t
Art. 1er. Les conseils généraux etles conseils
d'arrondissements sont dissous ; sont également
dissous les commissions départementales dans
les départements où il en a été institué.
Art. 2. Les conseils généraux seront rempla¬
cés par des commissions départementales com¬
posées d'autant de membres qu'il y a de cantons
dans le département; elles seront instituées par
le gouvernement sur la proposition d'urgence
des préfets.
Art. 3. Le budget départemental sera réglé
conformément au décret du 13 septembre 1870
et à la circulaire du 17 décembre de la même
année.
Art. 4. Le ministre de l'intérieur est chargé
de l'exécution du présent décret.
Fait à Bordeaux, le 25 décembre 1870.
GRÉMIEUX, GAMBETTA, GLAIS-BIZOIN ,
FOURICHON.
Pour copie conforme :
Le Directeur général délégué,
LAURIER.
CERTIFIÉ:
Le préfet de la Lozère,
TRUCHARD-DUMOLIN.
Représentation nationale et
Défense nationale.
Les membres du gouvernement de la défense
nationale délégués pour représenter le gouver¬
nement et en exercer les pouvoirs ;
Le Courrier de la Lozère ne cesse
de demander la convocation d'une
assemblée nationale.
Cette thèse, qui est celle de toute
la presse réactionnaire, est grosse de
dangers.
Le Courrier propose deux solu¬
tions pour obtenir immédiatement
une représentation régulière de la
nation : Rappeler l'ancien Corps lé¬
gislatif, ou convoquer les électeurs
et réunir une Assemblée Constitu¬
ante.
L'idée de convoquer l'ancien
Corps législatif nous paraît mons¬
trueuse. Nous n'aurions jamais ima¬
giné qu'elle pût venir à l'esprit
d'hommes qui ont donné, dans ces
derniers temps, des preuves d'indé¬
pendance et de sens politique.
Vous voudriez faire régler les des¬
tinées de la nation par une cham¬
bre qui a voté, à une immense majo¬
rité, la guerre désastreuse qui cou¬
vre la France de deuil et de ruines !
Avez-vous donc oublié que cette
majorité était le produit des candida¬
tures officielles que vous avez combat¬
tues ? Qu'attendre des complices sti¬
pendiés d'un misérable aventurier?
Quelles garanties d'indépendance
et de patriotisme présentent ces dé¬
putés qui ont sanctionné les entre¬
prises les plus folles, les actes les
plus coupables ?
Le Corps législatif, dites vous, a
voté la déchéance à la presque unani¬
mité, dans la séance du 4 septembre!
C'est vrai ; mais ce vote a-t-il été
spontané? Pourquoi la majorité avait-
elle fait ajourner la proposition de
M. Jules Favre, lorsqu'elle avait des
éléments plus que suffisants pour ap¬
précier l'incapacité de Louis Bona-
pate? N'aurait-elle pas condamné cet
homme funeste et ce régime odieux,
dans la journée du 3 septembre, si la
honteuse capitulation de Sedan avait
réellement ouvert ses yeux à la lu¬
mière ?
Le vote m extremis du 4 septembre
ne peut tromper personne : c'est le
vote de la peur.
A ceux qui auraient l'idée d'é¬
voquer le Corps législatif, nous
recommandons le passage sui-
vantd'une lettre de M. de Girardln à
M. Thiers. «: Réunir, soit à Bordeaux,
» soit ailleurs, les membres du Corps
t> législatif, ce serait commettre une
» faute, une très-grande faute, car
3> ce serait exhumer de sa tombe la
3) constitution de 1870, etnécessai-
33 rement avec elle l'Empire.
3> Corps législatif, Sénat, Dynas-
» tie Napoléonienne forment un tout
3> indivisible.
3) Convoquer les députés sans con-
3> voquer les sénateurs et en laissant
3> à l'écart la régence ce serait com-
3> mettre l'inconséquence la plus
3) profonde et la plus dangereuse.
3) Aussi en y réfléchissant ne puis-je
3) me décider à croire à l'existence
3> d'une prétention souverainement
)) condamnée par la logique et la
33 prudence. 33
Nous nous associons de tout cœur
à ces sages pensées. N'y aurait-il pas
à craindre que la convocation des
Cassagnac, des Jérôme David, et de
tous les audacieux complices de
l'homme fatal qui a livré la France à
un ennemi implacable, ne futle signal
de la guerre civile. Aucune mesure
ne serait plus désastreuse.
L'idée de la convocation d'une as¬
semblée constituante est inopportune
et imprudente.
Est-il possible de faire des élections
lorsque la moitié de la France est en¬
vahie ? Comment, en l'étal actuel, ré¬
unir dans les comices les électeurs de
la France entière, et obtenir d'eux la
libre expression de leur volonté ?
Peut on songer à des réunions
électorales lorsque toutes les forces
vives du pays doivent être utilisées
pour la défense nationale?
L'heure est au combat et non aux
discussions politiques.
Il ne fautpas se faire illusion : le
jour ou la nomination de députés
serait décrétée, tous les partis se
mettraient en mouvement; et pen¬
dant que nous dépenserions notre
activité en luttes électorales, l'enne¬
mi, profitant de nos divisions, nous
porterait des coups terribles, peut-
être irréparables.
On peut regretter que le gouverne¬
ment acclamé le 4 septembre, n'ait
pas immédiatement convoqué une
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