Titre : Le Moniteur de la Lozère : journal d'annonces
Auteur : Union républicaine (France). Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Mende)
Date d'édition : 1870-04-09
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328188053
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 09 avril 1870 09 avril 1870
Description : 1870/04/09 (A7,N15). 1870/04/09 (A7,N15).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG48 Collection numérique : BIPFPIG48
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bd6t53546576m
Source : Archives départementales de la Lozère, 1 PER 204
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 03/09/2023
7m° ANNÉE.
N° 4 5.
SAMEDI' 9 AVRIL 4870*
prix d'abonnement :
Mçmde . un an, 10 fr. ; six njois., 5, fr. 50 o. ; trois mois, 3 fr. ; dans le département. un an, 11 fr. ;
six mois, 6 fr. ; trois mois, 3 fr. 50 c. ; hors du département : un an, 12 fr. ; six mois, 6 fr. 50 c.;
trois mois, 4 fr. — Charpie exemplaire séparé , 25 c. — L'abonnement au Moniteur de la Lozère doit
être payé dans le 1" trimestre.
M- HA.VAS , rue Jean-Jacuues-Rousseau , 3, et MM. LAFFITTE, .BULLIER et Cio, place de la Bourse , 8,
sont seuls chargés, à Paris, de recevoir les annonces pour le Moniteur de la Lozère.
prix des insertions :
Annonce., judiciaires. 20 e. la ligne ; diverses , 25 c. ; réclames, 40 c. — Le prix des insertions peu
.• être exigé à l'avance.
Les annonces ordinaires doivent être remises le jeudi avant midi. Si les annonces -mnl longues ou si elles
, présentent des difficultés d'exécution , l'imprimeur se réserve de demander le temps qu'il jugera rn-ees-
f saire pour faire la planche.
Les manuscrits envovés insérés ou non. ne seront pas rendus.
On s'abonne ; chez MM. Camille IGNON , à Mende ; DALLO, à Marvejols ; LAHOTTE f à Florac.
Mende, le 9 avril 1870.
L'Appel aux ï^exsple.
Lundi dernier la nouvelle s'est répandue
qu'un appel au peuple devait être fait potir l'iii
demander s'il voulait adopter une constitution
libérale et impérialiste. Le lendemain, cette
nouvelle s'est confirmée , et lés journaux nous
ont porté des commentaires.
Cet appel au peuple est, on le comprend , la
question capitale du moment, et nous nous
proposons de lui consacrer la majeure partie
de notre terrain. Toutes les feuilles publiques
en feront de même.
Nous publierons nos impressions au 'fur et
à mesure qu'elles nous viendront à l'esprit, et
c'est au moment même où la nouvelle de l'appel
au peuple est confirmée (mardi) que nous com¬
mençons une série d'appréciations résultant,
soit des commentaires des autres journaux,
soit de nos propres inspirations.
Le projet d'appel au peuple a été précédé de
polémiques et de tiraillements. Les uns vou¬
laient que cet appel eût lieu , d'autres s'y
opposaient, et, chose étrange, ce sont les or¬
ganes qui passentpour être les dévoués, les offi¬
cieux de certains de nos ministres actuels, qui
combattaient cet appel.
S'il y a cependant, dans un régime libéral
■ et démocratique , un juge plus haut placé que
les ministres, que le corps législatif, c'est le
peuple tout entier, qui fait les députés.
Or, s'oppoâeràce que l'Empereur consulte
tout le peuple, c'est, de la part des députés, dire
au peuple : Maintenant que vous nous avez
faits ce que nous sommes, vous n'êtes rien,
et si nous avons capté vos suffrages en
vous disant que nous étions des impérialistes,
tandis qu'ici nous faisons opposition au gou¬
vernement et, plus ou moins ostensiblement,
nous prêtons les mains à son renversement,
cela ne vous regarde pas.
Le peuple , à coup sûr , serait outré d'un
pareil langage, et , à la première occasion , il
briserait celui qui le tiendrait.
Toute la question est cependant là. L'Empe¬
reur a compté sur l'intelligence, sur l'affection
du peuple, et il lui dit : Voilà une constitution
en vue de vos intérêts. La voulez-vous? Et il
s'est trouvé des journalistes , des députés, des
ministres même , di-ton, qui se sont opposés
'à ce grand acte de confiance et de. libéralisme.
Sommes-nous donc si tranquilles, l'industrie,
le commerce sont-ils tellement florissants, la
classe ouvrière est-elle si heureuse, a-t-elle du
travail en si grande abondance, etnos députés,
depuis plusieurs mois, font-ils une besogne si
utile, si fructueuse, pour qu'il soit jugé comme
imprudent, comme inopportun par l'Empereur
depuiserde nouvelles forces dans l'assentiment
du peuple ?
Comment 1 les journaux de Paris seront
chaque jour remplis de discours , de projets de
loi, de questions, d'interpellations, de dis¬
cussions , et pas une loi utile ne sera votée I
Comment 1.un corps législatif donnera presque
quotidiennement le peu édifiant spectacle de
fluctuations, de divisions, de passions; au¬
jourd'hui il votera unanimement pour un mi¬
nistère , demain une majorité se prononcera
contre ; aujourd'hui les députés qui comptent
plus de, vingt ans de dévouement à l'Empire
seront traités en opposants, et demain ceux
qui lui auront fait une guerre sourde ou pa¬
tente seront les maîtres de la position ! Com¬
ment! nous vivrons continuellement dans les
transes , nous nous demanderons, chaque ma¬
tin, si les hommes de Rochefort ne sont pas
descendus, armés, dans la rue, et si la guer¬
re civile n'a pas éclaté en France ! Comment !
pas un homme riche n'osera se dessaisir de
ses éçus pour faire construire une maison, et
des masses d'ouvriers seront sur le pavé,
dans l'impossibilité de gagner leur pain et
celui de leur famille, et il ne seraîtpas permis
à l'Empereur de dire au peuple : Aidez-moi ,
par une nouvelle preuve de confiance, à remé¬
dier au mal qui mine, à chasser la peur qui a
gagne les esprits.
Eh bien I il n'y a, ànotre avis, que les enne¬
mis du gouvernement, les amateurs ou les
spéculateurs de révolutions qui aient voulu
s'opposer à l'appel au peuple et qui soient
intéressées. trnisun but inayou.able , à ce que 1
l'état d'inquiétude pour les riches , de gêne,
de misère même pour les ouviers, de malaise
pour tous, se perpétue.
La faim est mauvaise conseillère ; voilà sur
quoi des gens malintentionnés, des révolution¬
naires , des gens rêvant le retour de nous ne
savons quel régime, basent d'odieuses espé¬
rances .
Libéral et démocrate , nous applaudissons à
l'idée de l'appel au peuple , nous espérons que
le peuple en général,que celui de la Lozère, en
particulier . saura maintenir sa confiance,
prouver son affection et son dévouement à
l'Empereur en votant pour la constitution qui
sera soumise à sa ratification, et qu'il résultera
de ce grand acte de lanation française le retour
à la confiance , la reprise des travaux et une
nouvelle ère de prospérité.
Camille IGNON.
Lundi dernier, au moment même où le
projet de l'appel au peuple allait être soumis au
corps législatif, lejournal \eParlement a publié
un article patriotique auquel nous empruntons
les passages suivants :
« Nous qui savons que l'exercice de la sou¬
veraineté nationale est garanti, que le plébis¬
cite aura lieu , que quelques députés , dans
deux ou trois heures , M. Clément Duvernois
ou une autre, proposeront un ordre du jour
par lequel le Corps législatif déclarerait le
nécessité d'un plébiscite ; nous qui savons que
les interpellations sont acceptées par le gouver¬
nement , et qu'une discussion virile et libre
s'engagera aujourd'hui au Corps législatif, nous
avons le droit de proclamer ce jour une gran¬
de journée !
» Cette journée mettra en lumière la force
de la démocratie ; elle donnera la mesure du
principe vital de l'Empire; elle démontrera
plus encore , s'il est possible, la justice et la
légitimité des aspirations des députés qui,
votant hier encore contre le Ministère , étaient
injustement accusés , alors que ces députés ne
faisaient que ce que nous faisions nous-même
dans la presse avec MM. Clément Duvernois et
Ernest Dréolle. Et les uns et les autres nous ne
faisions qu'une chose :
» Comprendre que les grandes solutions
nationales ne sauraient se passer de la sanction
du peuple 1
» Députés et écrivains, nous aurons été les
précurseurs d'une grande majorité à la Cham¬
bre des représentants.
» Cette majorité se dessinera aujourd'hui.
» Elle se dessinera, non comme une majo¬
rité nuancée de couleurs diverses et indécises,
mais comme une majorité vraie, unicolore, à
la fois profondément démocratique et dynasti¬
que.
» Nous aurons ainsi une majorité sans ar¬
rière-pensée d'aucun rêve révolutionnaire, ni
d'aucune espérance de vain retour de dynasties
déchues I
» Elle proclamera, cette majorité, la gran¬
deur des réformes constitutionnelles dont le
Sénat est saisi ;
» Elleproclamera bien hautaussila nécessité
d'un péblisçite venant donner force et cohésion
à cette œuvre, qui serait éphémère et inféconde j
sans l'assentiment de la nation !
» Oui, nous avons raison de dire ici ce que
no us répéterons ce soir à latribunepopulairedes
réunions publiques, que cette journée sera
grande !
En quelques heures, la dynastie napoléo¬
nienne aura poussé des racines plus profondes
dans le sol de la patrie.
» Et ce que nous aimons à constater, ce qui
nous réjouit dans le fait, c'est que la sève
qui aura monté dans l'arbre sera l'impérissable
sève de la démocratie et de la liberté !
» Grégory Ganksco. »
Voici le résumé de la séance du corps légis¬
latif tenue lundi dernier et où a été agitéè la
question de l'appel au peuple:
Le maréchal Le Bœuf annonce que le gou-,
verrieraent accepte de réduire le contingent de
18€9 à 90,000 hommes.
Dépôt du budget de la ville de Paris, pour
1870, l'autorisant à emprunter 600 millions.
M. Emile Ollivier déclare qu'il est à la dispo¬
sition de la Chambre pour la discussion immé¬
diate de l'interpellation sur le pouvoir cons¬
tituant.
M. Grévy commence son discours. Il critique
la lettre de l'Empereur et le Sénatus-consulte,
qui ne restitue pas le pouvoir constituant à la
nation : l'Empereur conservant le droit de plé¬
biscite devient le seul pouvoir constituant. Les
plébiscites ont toujours été des instruments
de despotisme, le moyen de confisquer la li¬
berté, de renfermer la nation dans l'immobilité
du despotisme.
M. Ollivier proteste contre ces accusations.
Il énumère les objets restitués au Corps légis¬
latif. Il soutient quelepouvoir aprouvé, depuis
1860, qu'il tenait compte de l'opinion de la na¬
tion.
Relativement au droit de l'Empereur de
faire un plébiscite, il énumère les droits de
paix, de guerre, des traités, de dissolution, qui,
sous toutes les monarchies, ont été réservés au
souverain.
La liberté existe sous deux formes : répu¬
blique ou monarchie constitutionnelle. On est
aussi bien libre en Angleterre que libre en Amé¬
rique; l'action de la nation est aussi efficace
dans l'une que dans l'autre. Lorsque la respon¬
sabilité ministérielle existe , il n'v a pas à crain¬
dre lé despotisme. L'Empereur fera seulement
ce que la nation et les Assemblées voudront.
M. Ollivier avoue que le plébiscite peut être
un instrument de despotisme; mais le reproche
peut aussi s'adresser à une chambre qui a tous
les pouvoirs. « Vos reproches viennent justifier
ceux qui, chaque jour, disent que les excès
révolutionnaires seront la conséquence des me¬
sures libérales que nous proposons, »
Les ministres ne veulent rien faire sans
l'assentiment de la chambre. Le cabinet a déjàlà
confiance de l'Empereur; il demande la con¬
fiance de la chambre.
fit. Ollivier établit que le ministère est amené
à voir que les réformes opérées et celles ac¬
tuelles touchent aux bases essentielles du plé¬
biscite de 1851.
« Il a alors décidé que le sénatus-consulte
serait soumis à l'approbation du peuple qui
prononcera en toute liberté.
» Le gouvernement de l'Empereur, de 1852
à 1870,a voulu uneconstitution autoritaire. De-
puislors, il a marché, par une transformation, à
une Constitution libérale et constitutionnelle.
» Aujourd'hui, que ces transformations sont
achevéès, nous lui demandons de donner à la
Constitution libérale la même sanction^qu'il a
donnée à la Constitution .autoritaire.
» Nous n'avons aucune inquiétude sur le ré¬
sultat; car la nation, placée entre la réaction et
la révolution, optera pour la liberté, » (Applau¬
dissements.)
Le séance est suspendue.
A la reprise de la séance, M. Picard combat '
vivement le plébiscite. Il dit : « Si le plébis¬
cite précède la délibération, nonsl'accepterons;
sinon, non. »
M. Martel déclare qu'il désire maintenir le ca¬
binet actuel ; néanmoins, il critique le plébis¬
cite. Il demande d'ajourner le vote jusqu'à la
délibération du Sénat.
M. d'Andelarre demande de supprimer dans
le sénatus-consulte le droit incessant de l'Empe¬
reur de faire appel au peuple.
M. Jules Favre considère le plébiscite comme
un retour au gouvernement personnel et la res¬
tauration complète du pouvoir despotique.
M. Gambetta demande de renvoyer la discus¬
sion à demain.
Laclôtureestrepousséepar 151 voix contre 4.
Néanmoins, la séance est levée, La discus¬
sion continuera demain.
Vcici le résumé de la séance de mardi 5 avril:
M, de Choiseul demande à interpeller le gou- '3
vernement sur la nécessité : 10 de soumettre le
plébisciteà l'examen préalabledesmandataires
du pays ; 2° d'attribuer au pays l'élection des
membres (kl. sénat.
M. Jérôme David repousse energiqnement
l'accusation de despotisme dirigée par M. Grévy
contre l'emploi du plébiscite; il fait ensuite
ressortir l'avantage de l'appel au peuple qui a
toujours eu pour effet de préserver le pays de la
révolution.
M. Pelletan, interrompant l'orateur, s'écrie
que le plébiscite a été la honte et le crime de
décembre.
Ii est rappelé à l'ordre.
M. Jérôme David énumère le programme du
gouvernement libéral. Il dit que ce programme
ne peut être réalisé que par l'appel au peuple.
«Dans le cas contraire, ajonte-t-il, vous diriez
chaque jour que le gouvernement n'est plus la
représentation du pays. Nous voulons l'appel
au peuple pour fonder l'Empire libéral. »
M. Gambetta prend la parole ; ii dit que le
suffrage universel est l'auteur et l'initiateur du
mouvement de transformation, et que la source
de tout pouvoir est dans le peuple.
Le plébiscite est donc légitime, mais seule¬
ment après une délibération qui éclaire la con¬
science du peuple.
Le plébiscite doit être étudié et formulé par
les représentants du peuple.
M. Gambetta demande que le ministère puise,
dans les circonstances actuelles, la virilité néces¬
saire pour exiger les conditions indispensables
à la sincérité du plébiscite.
Examinant les conditions du régime actuel,
M. Gambetta dit que le gouvernement impé¬
rial est incompatible avec le parlementarisme.
La séance est un instant interrompue.
M. Gambetta reprend son discours bientôt
après.
Il dit qu'il n'existe qu'une seule forme de
gouvernement qui assure la liberté selon les
milieux.Il faut que la France fasse du nouveau.
Après tou tes les épreuves infru ctueuses essayées,
la forme républicaine seule peul assurer la
liberté en France.
«La souveraineté nationale, dit M. Gambetta,
existe seulement là Où le Parlement, nommé
par tons, a le dernier mot sur toutes choses en
matière politique. »
L'orateur continue en exposant son pro¬
gramme anti-monarchique.
Il combat le principe héréditaire comme in¬
compatible avec l'exercice régulier et logique
du suffrage universel.
Il dit que le sénatus-consulte établit cinq
violations du suffrage universel: l'hérédité,
l'immuabilité et la dualité dans les chambres,
l'irresponsabilité du souverain et le dépouille¬
ment de la nation de son pouvoir constituant.
M. Gambetta conclut en disant que le corps
législatif doit imposer sa volonté au ministère.
M. Ollivier, répondant à M. Gambetta, com¬
mence par nier qu'il y ait incompatibilité entre
la monarchie et le suffrage universel.
« La monarchie, dit le ministre, est tradi¬
tionnelle-en France', "autant' que' la démocratie.
» Toutes les réformes, tous les progrès sont
possibles sous le gouvernement impérial qui,
mieux que tous les autres gouvernements, peut
satisfaire à tous les intérêts parce qu'il est un
gouvernement fort.
» M. le ministre conclut en adjurant la
chambre de soutenir le gouvernement pour
obtenir la gratitude du pays.
» Vous avez, dit en terminant M. le garde-
des-sceaux, vous avez un gouvernement pou¬
vant réaliser tous les progrès sans périls etsans
aventures.
» Tous pouvez obtenir ces progrès en faisant
l'économie d'une révolution: » (Applaudisse¬
ments prolongés.)
M. Jules Simon dit que le seul moyen de
consulter le peuple est de l'inviter à nommer
d'autres représentants.
La discussion est .close au milieu du tumulte
et des réclamations.
M. JulesFavre propose de renvoyer àdemain
la suite de la discussion.
Cette proposition est rejetée.
N° 4 5.
SAMEDI' 9 AVRIL 4870*
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trois mois, 4 fr. — Charpie exemplaire séparé , 25 c. — L'abonnement au Moniteur de la Lozère doit
être payé dans le 1" trimestre.
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sont seuls chargés, à Paris, de recevoir les annonces pour le Moniteur de la Lozère.
prix des insertions :
Annonce., judiciaires. 20 e. la ligne ; diverses , 25 c. ; réclames, 40 c. — Le prix des insertions peu
.• être exigé à l'avance.
Les annonces ordinaires doivent être remises le jeudi avant midi. Si les annonces -mnl longues ou si elles
, présentent des difficultés d'exécution , l'imprimeur se réserve de demander le temps qu'il jugera rn-ees-
f saire pour faire la planche.
Les manuscrits envovés insérés ou non. ne seront pas rendus.
On s'abonne ; chez MM. Camille IGNON , à Mende ; DALLO, à Marvejols ; LAHOTTE f à Florac.
Mende, le 9 avril 1870.
L'Appel aux ï^exsple.
Lundi dernier la nouvelle s'est répandue
qu'un appel au peuple devait être fait potir l'iii
demander s'il voulait adopter une constitution
libérale et impérialiste. Le lendemain, cette
nouvelle s'est confirmée , et lés journaux nous
ont porté des commentaires.
Cet appel au peuple est, on le comprend , la
question capitale du moment, et nous nous
proposons de lui consacrer la majeure partie
de notre terrain. Toutes les feuilles publiques
en feront de même.
Nous publierons nos impressions au 'fur et
à mesure qu'elles nous viendront à l'esprit, et
c'est au moment même où la nouvelle de l'appel
au peuple est confirmée (mardi) que nous com¬
mençons une série d'appréciations résultant,
soit des commentaires des autres journaux,
soit de nos propres inspirations.
Le projet d'appel au peuple a été précédé de
polémiques et de tiraillements. Les uns vou¬
laient que cet appel eût lieu , d'autres s'y
opposaient, et, chose étrange, ce sont les or¬
ganes qui passentpour être les dévoués, les offi¬
cieux de certains de nos ministres actuels, qui
combattaient cet appel.
S'il y a cependant, dans un régime libéral
■ et démocratique , un juge plus haut placé que
les ministres, que le corps législatif, c'est le
peuple tout entier, qui fait les députés.
Or, s'oppoâeràce que l'Empereur consulte
tout le peuple, c'est, de la part des députés, dire
au peuple : Maintenant que vous nous avez
faits ce que nous sommes, vous n'êtes rien,
et si nous avons capté vos suffrages en
vous disant que nous étions des impérialistes,
tandis qu'ici nous faisons opposition au gou¬
vernement et, plus ou moins ostensiblement,
nous prêtons les mains à son renversement,
cela ne vous regarde pas.
Le peuple , à coup sûr , serait outré d'un
pareil langage, et , à la première occasion , il
briserait celui qui le tiendrait.
Toute la question est cependant là. L'Empe¬
reur a compté sur l'intelligence, sur l'affection
du peuple, et il lui dit : Voilà une constitution
en vue de vos intérêts. La voulez-vous? Et il
s'est trouvé des journalistes , des députés, des
ministres même , di-ton, qui se sont opposés
'à ce grand acte de confiance et de. libéralisme.
Sommes-nous donc si tranquilles, l'industrie,
le commerce sont-ils tellement florissants, la
classe ouvrière est-elle si heureuse, a-t-elle du
travail en si grande abondance, etnos députés,
depuis plusieurs mois, font-ils une besogne si
utile, si fructueuse, pour qu'il soit jugé comme
imprudent, comme inopportun par l'Empereur
depuiserde nouvelles forces dans l'assentiment
du peuple ?
Comment 1 les journaux de Paris seront
chaque jour remplis de discours , de projets de
loi, de questions, d'interpellations, de dis¬
cussions , et pas une loi utile ne sera votée I
Comment 1.un corps législatif donnera presque
quotidiennement le peu édifiant spectacle de
fluctuations, de divisions, de passions; au¬
jourd'hui il votera unanimement pour un mi¬
nistère , demain une majorité se prononcera
contre ; aujourd'hui les députés qui comptent
plus de, vingt ans de dévouement à l'Empire
seront traités en opposants, et demain ceux
qui lui auront fait une guerre sourde ou pa¬
tente seront les maîtres de la position ! Com¬
ment! nous vivrons continuellement dans les
transes , nous nous demanderons, chaque ma¬
tin, si les hommes de Rochefort ne sont pas
descendus, armés, dans la rue, et si la guer¬
re civile n'a pas éclaté en France ! Comment !
pas un homme riche n'osera se dessaisir de
ses éçus pour faire construire une maison, et
des masses d'ouvriers seront sur le pavé,
dans l'impossibilité de gagner leur pain et
celui de leur famille, et il ne seraîtpas permis
à l'Empereur de dire au peuple : Aidez-moi ,
par une nouvelle preuve de confiance, à remé¬
dier au mal qui mine, à chasser la peur qui a
gagne les esprits.
Eh bien I il n'y a, ànotre avis, que les enne¬
mis du gouvernement, les amateurs ou les
spéculateurs de révolutions qui aient voulu
s'opposer à l'appel au peuple et qui soient
intéressées. trnisun but inayou.able , à ce que 1
l'état d'inquiétude pour les riches , de gêne,
de misère même pour les ouviers, de malaise
pour tous, se perpétue.
La faim est mauvaise conseillère ; voilà sur
quoi des gens malintentionnés, des révolution¬
naires , des gens rêvant le retour de nous ne
savons quel régime, basent d'odieuses espé¬
rances .
Libéral et démocrate , nous applaudissons à
l'idée de l'appel au peuple , nous espérons que
le peuple en général,que celui de la Lozère, en
particulier . saura maintenir sa confiance,
prouver son affection et son dévouement à
l'Empereur en votant pour la constitution qui
sera soumise à sa ratification, et qu'il résultera
de ce grand acte de lanation française le retour
à la confiance , la reprise des travaux et une
nouvelle ère de prospérité.
Camille IGNON.
Lundi dernier, au moment même où le
projet de l'appel au peuple allait être soumis au
corps législatif, lejournal \eParlement a publié
un article patriotique auquel nous empruntons
les passages suivants :
« Nous qui savons que l'exercice de la sou¬
veraineté nationale est garanti, que le plébis¬
cite aura lieu , que quelques députés , dans
deux ou trois heures , M. Clément Duvernois
ou une autre, proposeront un ordre du jour
par lequel le Corps législatif déclarerait le
nécessité d'un plébiscite ; nous qui savons que
les interpellations sont acceptées par le gouver¬
nement , et qu'une discussion virile et libre
s'engagera aujourd'hui au Corps législatif, nous
avons le droit de proclamer ce jour une gran¬
de journée !
» Cette journée mettra en lumière la force
de la démocratie ; elle donnera la mesure du
principe vital de l'Empire; elle démontrera
plus encore , s'il est possible, la justice et la
légitimité des aspirations des députés qui,
votant hier encore contre le Ministère , étaient
injustement accusés , alors que ces députés ne
faisaient que ce que nous faisions nous-même
dans la presse avec MM. Clément Duvernois et
Ernest Dréolle. Et les uns et les autres nous ne
faisions qu'une chose :
» Comprendre que les grandes solutions
nationales ne sauraient se passer de la sanction
du peuple 1
» Députés et écrivains, nous aurons été les
précurseurs d'une grande majorité à la Cham¬
bre des représentants.
» Cette majorité se dessinera aujourd'hui.
» Elle se dessinera, non comme une majo¬
rité nuancée de couleurs diverses et indécises,
mais comme une majorité vraie, unicolore, à
la fois profondément démocratique et dynasti¬
que.
» Nous aurons ainsi une majorité sans ar¬
rière-pensée d'aucun rêve révolutionnaire, ni
d'aucune espérance de vain retour de dynasties
déchues I
» Elle proclamera, cette majorité, la gran¬
deur des réformes constitutionnelles dont le
Sénat est saisi ;
» Elleproclamera bien hautaussila nécessité
d'un péblisçite venant donner force et cohésion
à cette œuvre, qui serait éphémère et inféconde j
sans l'assentiment de la nation !
» Oui, nous avons raison de dire ici ce que
no us répéterons ce soir à latribunepopulairedes
réunions publiques, que cette journée sera
grande !
En quelques heures, la dynastie napoléo¬
nienne aura poussé des racines plus profondes
dans le sol de la patrie.
» Et ce que nous aimons à constater, ce qui
nous réjouit dans le fait, c'est que la sève
qui aura monté dans l'arbre sera l'impérissable
sève de la démocratie et de la liberté !
» Grégory Ganksco. »
Voici le résumé de la séance du corps légis¬
latif tenue lundi dernier et où a été agitéè la
question de l'appel au peuple:
Le maréchal Le Bœuf annonce que le gou-,
verrieraent accepte de réduire le contingent de
18€9 à 90,000 hommes.
Dépôt du budget de la ville de Paris, pour
1870, l'autorisant à emprunter 600 millions.
M. Emile Ollivier déclare qu'il est à la dispo¬
sition de la Chambre pour la discussion immé¬
diate de l'interpellation sur le pouvoir cons¬
tituant.
M. Grévy commence son discours. Il critique
la lettre de l'Empereur et le Sénatus-consulte,
qui ne restitue pas le pouvoir constituant à la
nation : l'Empereur conservant le droit de plé¬
biscite devient le seul pouvoir constituant. Les
plébiscites ont toujours été des instruments
de despotisme, le moyen de confisquer la li¬
berté, de renfermer la nation dans l'immobilité
du despotisme.
M. Ollivier proteste contre ces accusations.
Il énumère les objets restitués au Corps légis¬
latif. Il soutient quelepouvoir aprouvé, depuis
1860, qu'il tenait compte de l'opinion de la na¬
tion.
Relativement au droit de l'Empereur de
faire un plébiscite, il énumère les droits de
paix, de guerre, des traités, de dissolution, qui,
sous toutes les monarchies, ont été réservés au
souverain.
La liberté existe sous deux formes : répu¬
blique ou monarchie constitutionnelle. On est
aussi bien libre en Angleterre que libre en Amé¬
rique; l'action de la nation est aussi efficace
dans l'une que dans l'autre. Lorsque la respon¬
sabilité ministérielle existe , il n'v a pas à crain¬
dre lé despotisme. L'Empereur fera seulement
ce que la nation et les Assemblées voudront.
M. Ollivier avoue que le plébiscite peut être
un instrument de despotisme; mais le reproche
peut aussi s'adresser à une chambre qui a tous
les pouvoirs. « Vos reproches viennent justifier
ceux qui, chaque jour, disent que les excès
révolutionnaires seront la conséquence des me¬
sures libérales que nous proposons, »
Les ministres ne veulent rien faire sans
l'assentiment de la chambre. Le cabinet a déjàlà
confiance de l'Empereur; il demande la con¬
fiance de la chambre.
fit. Ollivier établit que le ministère est amené
à voir que les réformes opérées et celles ac¬
tuelles touchent aux bases essentielles du plé¬
biscite de 1851.
« Il a alors décidé que le sénatus-consulte
serait soumis à l'approbation du peuple qui
prononcera en toute liberté.
» Le gouvernement de l'Empereur, de 1852
à 1870,a voulu uneconstitution autoritaire. De-
puislors, il a marché, par une transformation, à
une Constitution libérale et constitutionnelle.
» Aujourd'hui, que ces transformations sont
achevéès, nous lui demandons de donner à la
Constitution libérale la même sanction^qu'il a
donnée à la Constitution .autoritaire.
» Nous n'avons aucune inquiétude sur le ré¬
sultat; car la nation, placée entre la réaction et
la révolution, optera pour la liberté, » (Applau¬
dissements.)
Le séance est suspendue.
A la reprise de la séance, M. Picard combat '
vivement le plébiscite. Il dit : « Si le plébis¬
cite précède la délibération, nonsl'accepterons;
sinon, non. »
M. Martel déclare qu'il désire maintenir le ca¬
binet actuel ; néanmoins, il critique le plébis¬
cite. Il demande d'ajourner le vote jusqu'à la
délibération du Sénat.
M. d'Andelarre demande de supprimer dans
le sénatus-consulte le droit incessant de l'Empe¬
reur de faire appel au peuple.
M. Jules Favre considère le plébiscite comme
un retour au gouvernement personnel et la res¬
tauration complète du pouvoir despotique.
M. Gambetta demande de renvoyer la discus¬
sion à demain.
Laclôtureestrepousséepar 151 voix contre 4.
Néanmoins, la séance est levée, La discus¬
sion continuera demain.
Vcici le résumé de la séance de mardi 5 avril:
M, de Choiseul demande à interpeller le gou- '3
vernement sur la nécessité : 10 de soumettre le
plébisciteà l'examen préalabledesmandataires
du pays ; 2° d'attribuer au pays l'élection des
membres (kl. sénat.
M. Jérôme David repousse energiqnement
l'accusation de despotisme dirigée par M. Grévy
contre l'emploi du plébiscite; il fait ensuite
ressortir l'avantage de l'appel au peuple qui a
toujours eu pour effet de préserver le pays de la
révolution.
M. Pelletan, interrompant l'orateur, s'écrie
que le plébiscite a été la honte et le crime de
décembre.
Ii est rappelé à l'ordre.
M. Jérôme David énumère le programme du
gouvernement libéral. Il dit que ce programme
ne peut être réalisé que par l'appel au peuple.
«Dans le cas contraire, ajonte-t-il, vous diriez
chaque jour que le gouvernement n'est plus la
représentation du pays. Nous voulons l'appel
au peuple pour fonder l'Empire libéral. »
M. Gambetta prend la parole ; ii dit que le
suffrage universel est l'auteur et l'initiateur du
mouvement de transformation, et que la source
de tout pouvoir est dans le peuple.
Le plébiscite est donc légitime, mais seule¬
ment après une délibération qui éclaire la con¬
science du peuple.
Le plébiscite doit être étudié et formulé par
les représentants du peuple.
M. Gambetta demande que le ministère puise,
dans les circonstances actuelles, la virilité néces¬
saire pour exiger les conditions indispensables
à la sincérité du plébiscite.
Examinant les conditions du régime actuel,
M. Gambetta dit que le gouvernement impé¬
rial est incompatible avec le parlementarisme.
La séance est un instant interrompue.
M. Gambetta reprend son discours bientôt
après.
Il dit qu'il n'existe qu'une seule forme de
gouvernement qui assure la liberté selon les
milieux.Il faut que la France fasse du nouveau.
Après tou tes les épreuves infru ctueuses essayées,
la forme républicaine seule peul assurer la
liberté en France.
«La souveraineté nationale, dit M. Gambetta,
existe seulement là Où le Parlement, nommé
par tons, a le dernier mot sur toutes choses en
matière politique. »
L'orateur continue en exposant son pro¬
gramme anti-monarchique.
Il combat le principe héréditaire comme in¬
compatible avec l'exercice régulier et logique
du suffrage universel.
Il dit que le sénatus-consulte établit cinq
violations du suffrage universel: l'hérédité,
l'immuabilité et la dualité dans les chambres,
l'irresponsabilité du souverain et le dépouille¬
ment de la nation de son pouvoir constituant.
M. Gambetta conclut en disant que le corps
législatif doit imposer sa volonté au ministère.
M. Ollivier, répondant à M. Gambetta, com¬
mence par nier qu'il y ait incompatibilité entre
la monarchie et le suffrage universel.
« La monarchie, dit le ministre, est tradi¬
tionnelle-en France', "autant' que' la démocratie.
» Toutes les réformes, tous les progrès sont
possibles sous le gouvernement impérial qui,
mieux que tous les autres gouvernements, peut
satisfaire à tous les intérêts parce qu'il est un
gouvernement fort.
» M. le ministre conclut en adjurant la
chambre de soutenir le gouvernement pour
obtenir la gratitude du pays.
» Vous avez, dit en terminant M. le garde-
des-sceaux, vous avez un gouvernement pou¬
vant réaliser tous les progrès sans périls etsans
aventures.
» Tous pouvez obtenir ces progrès en faisant
l'économie d'une révolution: » (Applaudisse¬
ments prolongés.)
M. Jules Simon dit que le seul moyen de
consulter le peuple est de l'inviter à nommer
d'autres représentants.
La discussion est .close au milieu du tumulte
et des réclamations.
M. JulesFavre propose de renvoyer àdemain
la suite de la discussion.
Cette proposition est rejetée.
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