Titre : Musée des familles : lectures du soir
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Éditeur : Ch. DelagraveCh. Delagrave (Paris)
Date d'édition : 1878-01-01
Contributeur : Berthoud, Samuel-Henry (1804-1891). Directeur de publication
Contributeur : Pitre-Chevalier (1812-1863). Directeur de publication
Contributeur : Wallut, Charles (1829-1899). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32820948x
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 01 janvier 1878 01 janvier 1878
Description : 1878/01/01 (N1,T45,VOL45)-1878/11/30... 1878/01/01 (N1,T45,VOL45)-1878/11/30 (N11,T45,VOL45).
Description : Collection numérique : Littérature de jeunesse Collection numérique : Littérature de jeunesse
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bd6t5383945d
Source : Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, Z-5215
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 29/01/2023
84 LECTURES DU SOIR
bord de la rivière pour faire connaissance avec un
végétal qui irait se planter lui-même. C’est une des
plantes les plus communes de nos régions aquati
ques, une de celles qui rentrent dans la catégorie
des inconnues, des indifférentes dont nous parlions
plus haut : la Sagittaire (Sagittifolia sagittaria) n’est
cependant pas sans valeur ; soit à cause de ses feuilles
élégantes, en forme de lance, d’un vert très-luisant,
soit par ses fleurs en épi s’élevant enferme de pyra
mide sur une tige cannelée qui sort de l’eau et pré
sente quelquefois une ressemblance frappante avec
la pointe richement décorée d’une tourelle gothi
que. Elle n’est, chez nous, d’aucune utilité, mais
les Chinois la cultivent en grand, non pour sa beauté,
mais à cause de ses bulbes qui s’enfoncent d’elles-
mêmes dans la terre solide au-dessous de la
mer et constituent une variété d’aliments. En
Chine, les racines, dit-on, atteindraient un volume
plus considérable que chez nous. Cela suffit pour
nous faire penser que, même dans nos pays, leur cul
ture pourrait être tentée avec succès dans les en
droits marécageux où l’on ne peut faire pousset
d’autres plantes nutritives; il est probable que
quelques soins donnés à cette culture suffiraient
pour obtenir la même amélioration de la taille et
de la qualité des racines qui distingue nos légumes
potagers.
Tout à côté, dans les tranquilles réduits de la
rivière, nous trouverons la reine des nymphes de
l’eau, le Lis blanc aquatique (Nymphœa alba), dans
toute sa splendeur luxuriante, tout à la fois remar
quable par le nombre et la grandeur de ses fleurs
et de ses feuilles. En arrachant quelques-unes
d’entre elles, on aperçoit des tiges qui ne mesurent
pas moins de trois ou quatre mètres de long, les
feuilles ont une très-grande largeur; la fleur, elle
aussi, a des dimensions inusitées. C’est, assuré
ment, de notre flore aquatique, la seule plante que
nous puissions opposer à la richesse de la région
tropicale; et c’est un des cas où nous devons souhai
ter voir nos eaux plus souvent embellies par une
plante si ornementale; malheureusement elle n’y
est pas partout très-commune en Angleterre, quoi
qu’elle le soit extrêmement en France où elle vient
partout, Quelle plus jolie décoration peut recevoir
une petite pièce d’eau qu’un groupe de lis-blanc
avec sa couronne de fleurs blanches et purpurines,
alors surtout que ce bouquet est joint à d’autres
plantes croissant à côté et découpant la rive de leur
verts feuillage. Si nous nous y arrêtons un instant,
c’est que le nénuphar est précisément une plante
qui marche. Chaque année sa grosse racine ram
pante dans la vase, s’allonge en avant et se détruit
en arrière, de sorte que chaque année les tiges
changent de place les unes avec les autres, et que,
dans la rivière, c’est un chassé-croisé perpétuel d’in
dividualités de nymphéa qui, cependant, ne chan
gent rien au tapis général qu’elles forment.
Nous disions quelques mots plus haut des mys
térieuses amitiés qui lient certaines plantes les unes
aux autres. Saura-t-on jamais pourquoi la salicaire
ne pousse qu’au pied du saule auquel elle doit
même son nom ? Parmi les richesses florales de la
rive, voyez-vous d’ici cette gerbe de pourpre bril
lante qui frappe nos yeux de loin? Là règne, en
souveraine, la salicaire purpurine (Lythrum salica-
ria). Le gigantesque épi de ses fleurs élégantes est
si remarquable, qu’il est toujours choisi comme un
trait proéminent que l’artiste introduit au premier
plan de ses scènes aquatiques ; d’autant plus que sa
chaude couleur le rend particulièrement utile comme
teinte de couleur et comme expression.
H. de La BLANCHÈRE.
■ (La fin à la prochaine livraison.)
LES LÉGENDES DE LA JEUNESSE
LA CROISADE DES ENFANTS (I)
IV
LE JUGE MENT
A l’heure dite, les maïeurs des sept corps de mé
tiers de la ville de Vendôme étaient réunis, sous la
présidence de maître Everard, dans une salle dont
l'entrée était publique et qui, bien que fort vate,
ne suffisait pas à contenir tous les curieux qu’avait
attirés cet appel d’un artisan devant ses pairs.
La population vendômoise étant depuis longtemps
généralement prévenue contre l’homme mis en
cause, ne pouvait rester indifférente à cette
affaire qui avait, en elle-même, une réelle gravité :
car il ne s’agissait de rien moins que du solennel
exercice d’un droit que s’attribuaient alors les cor
porations d’imposer à leurs membres l’honneur, la
dignité qui, avec raison sans doute, leur semblaient
importer à la prospérité commune.
D’ailleurs, le cas était rare d’une réunion plé-
nière tenue pour décider d’un fait de discipline gé
nérale ; les simples manquements aux statuts pro
fessionnels n’emportant comparution que devant les
prud’hommes spéciaux du corps auquel appartenait
le délinquant.
Grande, intense était donc la foule que maître
Guy dût traverser pour se rendre devant les juges
qui l’attendaient.
Il arriva la tête haute, le regard fier, se donnant
tous les airs de l’homme qui a la conviction qu’un
mot de lui doit suffire pour mettre à néant toutes
les accusations et pour confondre tous ses adver
saires.
Les deux marchands marseillais l’escortaient qui,
non mis en cause, mais semblant se porter solidai
res de la robuste probité de leur ami, avaient cru
devoir lui prêter l’appui de leur prétendue impor
tance.
La foule s’ouvrit avec un murmure d’antipathie
devant les trois hommes qui paraissaient faire assaut
de morgue et de dédain superbe. Ils entrèrent en
semble dans la salle ; mais quand ils approchèrent
1. Pour la première partie, voir la livraison précédente.
bord de la rivière pour faire connaissance avec un
végétal qui irait se planter lui-même. C’est une des
plantes les plus communes de nos régions aquati
ques, une de celles qui rentrent dans la catégorie
des inconnues, des indifférentes dont nous parlions
plus haut : la Sagittaire (Sagittifolia sagittaria) n’est
cependant pas sans valeur ; soit à cause de ses feuilles
élégantes, en forme de lance, d’un vert très-luisant,
soit par ses fleurs en épi s’élevant enferme de pyra
mide sur une tige cannelée qui sort de l’eau et pré
sente quelquefois une ressemblance frappante avec
la pointe richement décorée d’une tourelle gothi
que. Elle n’est, chez nous, d’aucune utilité, mais
les Chinois la cultivent en grand, non pour sa beauté,
mais à cause de ses bulbes qui s’enfoncent d’elles-
mêmes dans la terre solide au-dessous de la
mer et constituent une variété d’aliments. En
Chine, les racines, dit-on, atteindraient un volume
plus considérable que chez nous. Cela suffit pour
nous faire penser que, même dans nos pays, leur cul
ture pourrait être tentée avec succès dans les en
droits marécageux où l’on ne peut faire pousset
d’autres plantes nutritives; il est probable que
quelques soins donnés à cette culture suffiraient
pour obtenir la même amélioration de la taille et
de la qualité des racines qui distingue nos légumes
potagers.
Tout à côté, dans les tranquilles réduits de la
rivière, nous trouverons la reine des nymphes de
l’eau, le Lis blanc aquatique (Nymphœa alba), dans
toute sa splendeur luxuriante, tout à la fois remar
quable par le nombre et la grandeur de ses fleurs
et de ses feuilles. En arrachant quelques-unes
d’entre elles, on aperçoit des tiges qui ne mesurent
pas moins de trois ou quatre mètres de long, les
feuilles ont une très-grande largeur; la fleur, elle
aussi, a des dimensions inusitées. C’est, assuré
ment, de notre flore aquatique, la seule plante que
nous puissions opposer à la richesse de la région
tropicale; et c’est un des cas où nous devons souhai
ter voir nos eaux plus souvent embellies par une
plante si ornementale; malheureusement elle n’y
est pas partout très-commune en Angleterre, quoi
qu’elle le soit extrêmement en France où elle vient
partout, Quelle plus jolie décoration peut recevoir
une petite pièce d’eau qu’un groupe de lis-blanc
avec sa couronne de fleurs blanches et purpurines,
alors surtout que ce bouquet est joint à d’autres
plantes croissant à côté et découpant la rive de leur
verts feuillage. Si nous nous y arrêtons un instant,
c’est que le nénuphar est précisément une plante
qui marche. Chaque année sa grosse racine ram
pante dans la vase, s’allonge en avant et se détruit
en arrière, de sorte que chaque année les tiges
changent de place les unes avec les autres, et que,
dans la rivière, c’est un chassé-croisé perpétuel d’in
dividualités de nymphéa qui, cependant, ne chan
gent rien au tapis général qu’elles forment.
Nous disions quelques mots plus haut des mys
térieuses amitiés qui lient certaines plantes les unes
aux autres. Saura-t-on jamais pourquoi la salicaire
ne pousse qu’au pied du saule auquel elle doit
même son nom ? Parmi les richesses florales de la
rive, voyez-vous d’ici cette gerbe de pourpre bril
lante qui frappe nos yeux de loin? Là règne, en
souveraine, la salicaire purpurine (Lythrum salica-
ria). Le gigantesque épi de ses fleurs élégantes est
si remarquable, qu’il est toujours choisi comme un
trait proéminent que l’artiste introduit au premier
plan de ses scènes aquatiques ; d’autant plus que sa
chaude couleur le rend particulièrement utile comme
teinte de couleur et comme expression.
H. de La BLANCHÈRE.
■ (La fin à la prochaine livraison.)
LES LÉGENDES DE LA JEUNESSE
LA CROISADE DES ENFANTS (I)
IV
LE JUGE MENT
A l’heure dite, les maïeurs des sept corps de mé
tiers de la ville de Vendôme étaient réunis, sous la
présidence de maître Everard, dans une salle dont
l'entrée était publique et qui, bien que fort vate,
ne suffisait pas à contenir tous les curieux qu’avait
attirés cet appel d’un artisan devant ses pairs.
La population vendômoise étant depuis longtemps
généralement prévenue contre l’homme mis en
cause, ne pouvait rester indifférente à cette
affaire qui avait, en elle-même, une réelle gravité :
car il ne s’agissait de rien moins que du solennel
exercice d’un droit que s’attribuaient alors les cor
porations d’imposer à leurs membres l’honneur, la
dignité qui, avec raison sans doute, leur semblaient
importer à la prospérité commune.
D’ailleurs, le cas était rare d’une réunion plé-
nière tenue pour décider d’un fait de discipline gé
nérale ; les simples manquements aux statuts pro
fessionnels n’emportant comparution que devant les
prud’hommes spéciaux du corps auquel appartenait
le délinquant.
Grande, intense était donc la foule que maître
Guy dût traverser pour se rendre devant les juges
qui l’attendaient.
Il arriva la tête haute, le regard fier, se donnant
tous les airs de l’homme qui a la conviction qu’un
mot de lui doit suffire pour mettre à néant toutes
les accusations et pour confondre tous ses adver
saires.
Les deux marchands marseillais l’escortaient qui,
non mis en cause, mais semblant se porter solidai
res de la robuste probité de leur ami, avaient cru
devoir lui prêter l’appui de leur prétendue impor
tance.
La foule s’ouvrit avec un murmure d’antipathie
devant les trois hommes qui paraissaient faire assaut
de morgue et de dédain superbe. Ils entrèrent en
semble dans la salle ; mais quand ils approchèrent
1. Pour la première partie, voir la livraison précédente.
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