Titre : Le Moniteur de la Lozère : journal d'annonces
Auteur : Union républicaine (France). Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Mende)
Date d'édition : 1869-10-02
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328188053
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 02 octobre 1869 02 octobre 1869
Description : 1869/10/02 (A6,N40). 1869/10/02 (A6,N40).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG48 Collection numérique : BIPFPIG48
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bd6t53547712p
Source : Archives départementales de la Lozère, 1 PER 204
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 10/09/2023
6™ ANNÉE.
N° 40
SAMEDI, 2 OCTOBRE 1869
!
ma m
prix d'aiionnemepït :
Monde : uu an, 10 fr. ; six mois, 5 IV. 50 c.; trois mois, 3 fr.
six mois, S fr. ; trois mois, 3 fr. 50 c. ; hors du département ; un an , 12 fr. ; six mois, 6 fr. 50 c.•
trois mois, 4 fr. — Chaque exemplaire séparé , 25 c. — L'abonnement.
é/re paye dans le 1er trimestre.
dans le département . «n an11 fr. ;
" ' ' 50 c.;
au Moniteur de la Lozère doit
M" HA.VAS , rue Jean-Jacques-Rousseau , 3, et MM. LAFFMTE, BULLIER et C", place de la Bourse , 8,
sont seuls chargés , à Paris, de recevoir les annonces pour le Moniteur de la Lozère.
Le prix des insertions peut
PRIX DES INSERTIONS :
Annonce,» judiciaires, 20 e, la ligne; diverses , 25 ci..; réclames, 40 c.
être exigé à l'avance.
La publication légale des actes de société est obligatoire dans le Moniteur de là Lozère.
Les annonces ordinaires doivent "être remises le jeudi avant midi. Si les annoncés sont longues ou si elles
présentent des difficultés d'exécution, l'imprimeur se réserve de demandéle temps ci d'il jugera néces¬
saire pour faire la planche.
Les manuscrit» envovés, insérés ou non, ne seront pas rendus.
On s'abonne : chez MM. Camille ÏGNON, à Mende ; DALLO, à Mârvèjois; LAHOTTE, à Florac.
Mende, le 2 octobre 1869.
Ainsi que nous l'avons annoncé samedi dernier, M. Frédéric
Barrot n'a pas voulu quitter la Lozère , après quelques jours
de villégiature au berceau de sa famille , à Planchamp, sans
venir à Mende. Plusieurs de ses amis duBleymard, instruits
de son passage , l'ont prié de s'arrêter, et il a été chaleureu¬
sement accueilli dans cette localité.
M. Frédéric Barrot est arrivé à Mende dans la nuit du samedi
au dimanche.
La population de Mende, à laquelle il convient de rendre
la justice qui lui est due, a suivi le mouvement politique
dans sa phase d'exaltation et dans la période de calme, et
nous osons la donner pour modèle à ceux-là même qui, dans
certaines campagnes, la dépeignaient avec les couleurs les plus
sombres, et qui auraient peut-êtreété bien aises de voir surgir
soit lors de la fête, soit ces jours derniers, un motif quel¬
conque, afin de pouvoir se lancer dans les récriminations.
Ces récriminations n'ont pas été possibles. La fête mendoise
a eu lieu, elle a été admirable d'ordre et d'entrain , et elle
.a défié toute critique; M. Frédéric a visité le chef-lieu du dé-'
partement; partout, sur son passage, on s'est montré dési¬
reux de lui serrer la main, de lui adresser des paroles d'affec¬
tion et de dévouement; mais il n'y a eu ni un cri , ni un mot,
ni une démarche de nature à changer le caractère d'unevisite
d'ami à amis. Toutefois, en raison même de ce caractère in¬
time , la pensée de lui offrir une fête de famille est née
dans les, esprits. On aurait désiré le plus grand nombre
possible de convives, et il y aurait certainement enfouie,
mais cela prenait alors les proportions d'une grande mani¬
festation , et les moyens d'organisation, soit quant au service ,
soit quant au local, auraient manqué.. .C'est alors qu'au
dernier moment, on a improvisé un dîner où l'on a admis
les premiers qui se sont présentés et où, par un heureux
hasard, toutes les classes du la société, depuis le maire
qui est à la tête de la bourgeoisie jusqu'à un contre-maître
des tisserands , se sont trouvées représentées. Dans un clin
d'œil , toutes les places de la salle où devait avoir lieu le
banquet ont été retenues, et force a été de s'arrêter au nombre
d'une quarantaine de convives.
La gaîté la pins expansive n'a cessé de régner durant le cours
de cette fête qui a eu lieu mardi soir, à l'hôtel Chabert. Au
dessert, plusieurs toasts ont été portés. M. Barbot, maire de
Mende, a le premier pris la parole et s'est exprimé ainsi ;
« Messieurs ,
» Je crois être l'interprète de là majorité de la population de
la ville de Mende en disant à M. Barrot, Frédéric, que sa pré¬
sence nous cause à tous le plus sensible plaisir; elle nous
prouve, en effet, qu'il ne nous a pas oubliés, et que si nous lui
avons témoigné de la sympathie, elle est bien réciproque et
durable.
» Je crois devoir lui dire aussi que, désormais, nous le
considérons comfne notre protecteur et le défenseur de nos
intérêts, et nous espérons qu'à ce titre, il voudra bien attacher
son nom et celui de sa famille à la réalisation de quelques
projets qui sont pour notre pays d'une importance ca-
» Je vous propose donc, Messieurs, de boire à M. Frédéric
Bàrrot et à son illustre famille. »
Ce toast de Mu Barbot traduisait trop bien les sentiments de
tous pour ne pas être chaleureusement applaudi.
M. Louis Jaffardasuccédéà.M. Barbotef a.porté le toast qui
suit :
« Messieurs,
» Je vous propose de boire à la santé de M. Odilon Barrot,
le chef illustre de la famille Barrot.
» Ce beau vieillard, qui, après avoir parcouru une carrière
des plus brillantes, et atteint l'âge où l'homme qui a bien rempli
sa vie a le droit de goûter le repos, vient, tous les ans, pen¬
dant une saison, rajeunir son cœur à l'aspect des lieux qui
l'ont vu naître.
» Est-il nécessaire que je rappelle ici les titres d'Odilon
Barrot à lacélébritéet à notre admiration? Vous savez tous
qu'il fut puissant avocat, profond jurisconsulte, orateur de la
tribune des plus éloquents et, ce qui est plus beau et plus rare,
ministre d'une loyauté et d'un désintéréssement qui pourraient
servir d'exemple aux ministres, de tous les temps.
» Quelques personnes ont reproché à M. Odilon Barrot de
n'avoir pas été l'homme de son pays. J'ai cherché, pour ma
satisfaction personnelle, une cause à cet éloignement de M.
Odilon Barrot pour les affaires d'un pays dont l'histoire est
liée à l'histoire de sa famille.
» J'en ai trouvé deux. La première, c'est que les hommes de
l'importance de M. Odilon Barrot appartiennent à la nation et
'ne sauraient, sans inconvénient, lier leur destinée politique à
celle d'un coin de la France, quel qu'il fût. La seconde, c'est
qu'à l'époque où M. Odilon Barrot eut à demander aux élec¬
teurs de la France le premier mandat qui devait lui ouvrir la
porte de nos assemblées législatives, la Lozère n'avait pas un
seul collège électoral dont le libéralisme fût à la hauteur du
sien et pût lui donner cette force morale qui devait l'encoura¬
ger à prendre et conserver l'attitude indépendante et libérale
qui fut l'honneur de sa carrière politique.
» Ainsi donc, quoique M. Odilon Barrot n'ait pas été le dé¬
puté de la Lozère, nous n'avons pas moins le droit de lé con¬
sidérer comme un enfant du pays, comme une illustration
lozérienne.
» Ce toast, Monsieur Frédéric Barrot, ne peut que vous être
agréable. Nous savons, en effet, que, privé de fils, M. Odilon
Barrot vous accorde dans son affection une très-grande part,
et qu'il vous place très-haut dans son estime.
» Soyez donc, Monsieur , notre interprète pour faire arri¬
ver à Planchamp le tribut d'éloges que j'offre, au nom de
tous nos amis, au talent et aux vertus politiques de M. Barrot. »
M. Maigne, juge près le tribunal civil, s'est exprimé en ces
termes :
« A M. Frédéric Barrot, à son illustre père , M. Ferdinand
Barrot, grand-référendaire du sénat, et à tous les membres
de cette illustre famille.
» Buvons à leur santé F Que Dieu veuille leur conserver de
longs jours! C'est avec joie et bonheur que nous accueillons
l'un des membres de cette famille qui a été, est et sera toujours
une des gloires de la Lozère. »
M. Bonnefoux , banquier et manufacturier , a formulé des
vœux en .faveur des industries Iozériennes qui ont grandement
besoin de voies ferrées et économiques pour soutenir la con¬
currence avec les industries rivales des autres pays. Il s'est
exprimé ainsi :
« Messieurs ,
» Je propose de porter un toast en faveur de l'industrie ;
car elle est la mère du progrès, et le progrès est fa cause que
nous servons. Buvons donc, Messieurs, à celui qui est le héros
de notre fête et à tous ceux qui coopéreront à la prospérité des
industries Iozériennes. »
Ces trois toasts ont été couverts, comme celui de M. Barbot,
par de sympathiques applaudissements.
Les ouvriers avaient leurs représentants dans cette réunion,
et M. Camille Ignon, qui compte plus de vingt-cinq ans de vie
d'ouvrier, a cru pouvoir se permettre de parler en leur nom.
Yoici son toast :
« Messieurs ,
» Je porte un toast à tous ceux qui aiment sincèrement l'ouvrier
des villes et des campagnes et qui veulent contribuer à amélio¬
rer sa position morale et matérielle. Je n'ai pas besoin de phra¬
ses pour développer ce toast. Un seul mot dit tout. Du travail !
du travail1 ! du travail ! c'est là ce que demandent les ouvriers
valides, honnêtes et courageux de notre chère Lozère. Ces ou¬
vriers savent ce qu'a déjà fait pour notre pays, ce qu'adaferme
intention de faire celui que nous sommes si heureux de fêter
en ce moment, et tous ceux qui veulent le bien de la classe
ouvrière répéteront avec eux, avec moi, ce cri de reconnais¬
sance, d'espérance et d'amour : Vive M. Frédéric Barrot ! »
En faisant abstraction des paroles, cet appel en faveur de
l'ouvrier devait être et a été le bienvenu.
M. Frédéric Barrot s'est ensuite levé et a répondu ainsi à
tous les toasts qui venaient d'être formulés :
« Messieurs,
» Je suis profondément touché des sympathies que vous
voulez bien me témoigner En les rattachant, comme
vous venez de le faire, au souvenir des services rendus au pavs
par les membres d'une famille dont les traditions de dévoue¬
ment au bien public constituent mon meilleur titre à la con¬
fiance que vous m'avez accordée, vous en augmentez, singuliè-
ment le prix à mes yeux, en même temps que vous lés reniez
moins embarrassantes pour ma modestie. C'est un honneur
pour moi d'en voir l'expression associée à vos vœux pour la
prospérité de cette ville ainsi qu'à la manifestation de vos sen¬
timents politiques. Je me sens uiii à vous, en effet, Messieurs,
non-seulement par de nombreuses amitiés personnelles con¬
tractées dans le cours de la campagne que nous avons faite
ensemble au printemps dernier, ma'is encore par la sollicitude
que vous m'avez inspirée pour vus intérêts et par le lien puis-
sant d'une fidélité commune à une même cause. Cette cause ,
Messieurs, que l'épreuve de la lutte a contribué à caractériser
si nettement et que la défaite n't fait que grandir, je crois
traduire l'opinion de vous tous en disant que c'est celle du
libéralisme conservateur dans la Lozère. — C'est en vain que
nos adversaires s'efforceraient de le contester en nou^ traitant
de révolutionnaires et en se prétendant plus libéraux que nous.
— Nous, des révolutionnaires 1 Et pourquoi, grand Dieu?
Parce que nous avons revendiqué la liberté de conscience du
citoyen? Parce que , sans vouloir porter la moindre atteinte à
la religion que nous aimons et respectons tous, nous avons
pensé que l'autorité religieuse ne saurait absorber tous les
' droits politiques ; que cette autorité sainte ne devait pas inter¬
venir dans des débats en dehors et au-dessus desquels elle se
trouve placée par sa nature même ?
» Mais, Messsieurs, cette révolution, si l'on veut voir ici
quelque chose de révolutionnaire, elle a été faite par nos pères
il y a 80 ans; ces principes sont le.fondement même de notre
société moderne , et c'est parce que nous sommes résolus à la
défendre que nous sommes, non des révolutionaires, mais
des conservateurs.
» Est-ce que, par hasard, l'on pourrait nous soupçonner de
nourrir contr'e le gouvernement de l'Empereur des sentiments
hostiles? Mais nous avons le droit, je puis l'affirmer, de nous
considérer comme ses plus sûrs amis; nous voyons tous en lui
notre meilleure sauvegarde contre l'anarchie aussi bien que
contre la-.réaction ; nous sommes tous d'accord pour le soute¬
nir loyalement au milieu des épreuves de la liberté courageu¬
sement acceptée par lui.
Laissons donc ce reproche absurde de révolutionnarisme
qui nous est si gratuitement jeté à la tête.
» Maintenant pourrons-nous admettre davantage que l'on
nous refuse le droit d'être des libéraux et que l'on prétende
se réserver tous les mérites du libéralisme?
» En vérité, la prétention est bien étrange, et il est difficile
de l'articuler sérieusement. Car, enfin, ne suffit-il pas,,de jeter
les yeux autour de soi pour juger l'es uns et les autres sans
hésitation possible? En sommes-nous réduits à discuter sur
des nuances pour savoir de quel côté sont les vrais libéraux ?
Est-ce que je rêve en me figurant que nous sommes lé parti
libéral de la Lozère , et que ce n'est ni avec les armes ni dans
l'intérêt de la liberté que combattait le parti contraire ? Eât-ce
qu'entré ses doctrines et, tes nôtres, entre ses aspirations et
nos tendances, il n'y a pas un abîme , toute cette révolution
que nous ne songions pas à faire, quoi qu'on en dise, par
cette bonne raison qu'il y a long-temps que la France de 89
s'en est chargée ?
»Ët sans aller ainsi jusqu'au fond des choses, si nous nous
bornons à comparer les actes et les paroles, que voyo'ns-nous?
N'ést-ce pas nous qui avons inauguré le droit de réunion pour
opposer ia discussion loyale et publique à la propagande équi¬
voque des conciliabules secrets et des circulaires clandestines?
Est-ce nous qui, au milieu des ardeurs de la lutte , nous
sommes le plus écartés de l'attitude digne éf modérée qui
convient à tous les partis honnêtes? Est-ce à nous que l'on
pourra le plus justemenlreprocher lés calomnies, les violences,.
les pressions abusives et les vengeances coupables contre les
personnes? Non, évidemmeilt non.
v Notre conduite, je le sais , a été présentée sous un jour
odieux; elle a été l'objet d'appréciations injustes et passionnées
que nous âvôns dédaignées; .mais entre nous, nous pouvons
faire notre'examen de conscience et nous rendre sincèrement
à nous-mêmes cette justice que nous avons honorablement
soutenu une cause honorable. Les hommes importants du pays
qui l'ont prisé en main et ces braves ouvriers, mus par les plus
nobles mobiles, qui l'ont si intelligemment et si résolument se¬
condée, ont obéi à de patribtiqùesconvictions dont aucune im¬
putation ne saurait dénaturer lé caractère, qUe l'insuccès n'a pu
ébranler, et qu'une persévérance ferme et modérée fera , nous
en avons la confiance, triompher un jour.
» Quant à moi, Messieurs, je suis fier d'avoir été appelé a la
servir ; j'y reste sincèrement attaché et je serai toujours
heuréuxde pouvoir lui prêter mon concônrsdans la mesure de
mes forces et dans les conditions déterminées par les circons¬
tances. L'accueil si bienveillant" et si flatteur que j'ai trouvé
parmi vous m'inspire un sentiment qui domine tous les autres :
c'est le lien d'une reconnaissance qui élève mon dévouement à
l'intérêt général au-dessus de toutes préoccupations person-
n elles.
» Messieurs, je ne saurais mieux résumer les pensées que
je viens de chercher à Vous exprimer qu'en vous proposant de
porter un toast qui sera un hommage et un encouragement à
toute cette-port pon de la population lozérienne qui, sur tous les
points du département, sympathise avec nous : A la Lozère
libérale! »
Cette réponse, qui a été plusieurs fois interrompue, soit pâr
des applaudissements, soit par des affirmations ênergiquement
accentuées par les convives, a' produit une très-vive impression.
M. Frédéric Barrot a plu et ému' parce qu'il parlait d'abon¬
dance de cœur, et parce'qué, n'ayant près de fui que des amis,
il savait bien qu'aucune de sès pensées ni qu'aucun dé ses
mots ne seraient dénaturés.
Jeudi matin M. Frédéric Biarrot a quitté Mende et s'est
dirigé sur Paris. En partant, il a laissé, en ce qui le concerne,
des désirs et des espérances, et il a emporté, en ce qui con¬
cerne nos compatriotes, les souvenirs tout récents d'une affec¬
tion que le temps et l'absence n'ont pu attiédir et ont, au
contraire, rendue vive.
GAHIttE* TGSON.
N° 40
SAMEDI, 2 OCTOBRE 1869
!
ma m
prix d'aiionnemepït :
Monde : uu an, 10 fr. ; six mois, 5 IV. 50 c.; trois mois, 3 fr.
six mois, S fr. ; trois mois, 3 fr. 50 c. ; hors du département ; un an , 12 fr. ; six mois, 6 fr. 50 c.•
trois mois, 4 fr. — Chaque exemplaire séparé , 25 c. — L'abonnement.
é/re paye dans le 1er trimestre.
dans le département . «n an11 fr. ;
" ' ' 50 c.;
au Moniteur de la Lozère doit
M" HA.VAS , rue Jean-Jacques-Rousseau , 3, et MM. LAFFMTE, BULLIER et C", place de la Bourse , 8,
sont seuls chargés , à Paris, de recevoir les annonces pour le Moniteur de la Lozère.
Le prix des insertions peut
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être exigé à l'avance.
La publication légale des actes de société est obligatoire dans le Moniteur de là Lozère.
Les annonces ordinaires doivent "être remises le jeudi avant midi. Si les annoncés sont longues ou si elles
présentent des difficultés d'exécution, l'imprimeur se réserve de demandéle temps ci d'il jugera néces¬
saire pour faire la planche.
Les manuscrit» envovés, insérés ou non, ne seront pas rendus.
On s'abonne : chez MM. Camille ÏGNON, à Mende ; DALLO, à Mârvèjois; LAHOTTE, à Florac.
Mende, le 2 octobre 1869.
Ainsi que nous l'avons annoncé samedi dernier, M. Frédéric
Barrot n'a pas voulu quitter la Lozère , après quelques jours
de villégiature au berceau de sa famille , à Planchamp, sans
venir à Mende. Plusieurs de ses amis duBleymard, instruits
de son passage , l'ont prié de s'arrêter, et il a été chaleureu¬
sement accueilli dans cette localité.
M. Frédéric Barrot est arrivé à Mende dans la nuit du samedi
au dimanche.
La population de Mende, à laquelle il convient de rendre
la justice qui lui est due, a suivi le mouvement politique
dans sa phase d'exaltation et dans la période de calme, et
nous osons la donner pour modèle à ceux-là même qui, dans
certaines campagnes, la dépeignaient avec les couleurs les plus
sombres, et qui auraient peut-êtreété bien aises de voir surgir
soit lors de la fête, soit ces jours derniers, un motif quel¬
conque, afin de pouvoir se lancer dans les récriminations.
Ces récriminations n'ont pas été possibles. La fête mendoise
a eu lieu, elle a été admirable d'ordre et d'entrain , et elle
.a défié toute critique; M. Frédéric a visité le chef-lieu du dé-'
partement; partout, sur son passage, on s'est montré dési¬
reux de lui serrer la main, de lui adresser des paroles d'affec¬
tion et de dévouement; mais il n'y a eu ni un cri , ni un mot,
ni une démarche de nature à changer le caractère d'unevisite
d'ami à amis. Toutefois, en raison même de ce caractère in¬
time , la pensée de lui offrir une fête de famille est née
dans les, esprits. On aurait désiré le plus grand nombre
possible de convives, et il y aurait certainement enfouie,
mais cela prenait alors les proportions d'une grande mani¬
festation , et les moyens d'organisation, soit quant au service ,
soit quant au local, auraient manqué.. .C'est alors qu'au
dernier moment, on a improvisé un dîner où l'on a admis
les premiers qui se sont présentés et où, par un heureux
hasard, toutes les classes du la société, depuis le maire
qui est à la tête de la bourgeoisie jusqu'à un contre-maître
des tisserands , se sont trouvées représentées. Dans un clin
d'œil , toutes les places de la salle où devait avoir lieu le
banquet ont été retenues, et force a été de s'arrêter au nombre
d'une quarantaine de convives.
La gaîté la pins expansive n'a cessé de régner durant le cours
de cette fête qui a eu lieu mardi soir, à l'hôtel Chabert. Au
dessert, plusieurs toasts ont été portés. M. Barbot, maire de
Mende, a le premier pris la parole et s'est exprimé ainsi ;
« Messieurs ,
» Je crois être l'interprète de là majorité de la population de
la ville de Mende en disant à M. Barrot, Frédéric, que sa pré¬
sence nous cause à tous le plus sensible plaisir; elle nous
prouve, en effet, qu'il ne nous a pas oubliés, et que si nous lui
avons témoigné de la sympathie, elle est bien réciproque et
durable.
» Je crois devoir lui dire aussi que, désormais, nous le
considérons comfne notre protecteur et le défenseur de nos
intérêts, et nous espérons qu'à ce titre, il voudra bien attacher
son nom et celui de sa famille à la réalisation de quelques
projets qui sont pour notre pays d'une importance ca-
» Je vous propose donc, Messieurs, de boire à M. Frédéric
Bàrrot et à son illustre famille. »
Ce toast de Mu Barbot traduisait trop bien les sentiments de
tous pour ne pas être chaleureusement applaudi.
M. Louis Jaffardasuccédéà.M. Barbotef a.porté le toast qui
suit :
« Messieurs,
» Je vous propose de boire à la santé de M. Odilon Barrot,
le chef illustre de la famille Barrot.
» Ce beau vieillard, qui, après avoir parcouru une carrière
des plus brillantes, et atteint l'âge où l'homme qui a bien rempli
sa vie a le droit de goûter le repos, vient, tous les ans, pen¬
dant une saison, rajeunir son cœur à l'aspect des lieux qui
l'ont vu naître.
» Est-il nécessaire que je rappelle ici les titres d'Odilon
Barrot à lacélébritéet à notre admiration? Vous savez tous
qu'il fut puissant avocat, profond jurisconsulte, orateur de la
tribune des plus éloquents et, ce qui est plus beau et plus rare,
ministre d'une loyauté et d'un désintéréssement qui pourraient
servir d'exemple aux ministres, de tous les temps.
» Quelques personnes ont reproché à M. Odilon Barrot de
n'avoir pas été l'homme de son pays. J'ai cherché, pour ma
satisfaction personnelle, une cause à cet éloignement de M.
Odilon Barrot pour les affaires d'un pays dont l'histoire est
liée à l'histoire de sa famille.
» J'en ai trouvé deux. La première, c'est que les hommes de
l'importance de M. Odilon Barrot appartiennent à la nation et
'ne sauraient, sans inconvénient, lier leur destinée politique à
celle d'un coin de la France, quel qu'il fût. La seconde, c'est
qu'à l'époque où M. Odilon Barrot eut à demander aux élec¬
teurs de la France le premier mandat qui devait lui ouvrir la
porte de nos assemblées législatives, la Lozère n'avait pas un
seul collège électoral dont le libéralisme fût à la hauteur du
sien et pût lui donner cette force morale qui devait l'encoura¬
ger à prendre et conserver l'attitude indépendante et libérale
qui fut l'honneur de sa carrière politique.
» Ainsi donc, quoique M. Odilon Barrot n'ait pas été le dé¬
puté de la Lozère, nous n'avons pas moins le droit de lé con¬
sidérer comme un enfant du pays, comme une illustration
lozérienne.
» Ce toast, Monsieur Frédéric Barrot, ne peut que vous être
agréable. Nous savons, en effet, que, privé de fils, M. Odilon
Barrot vous accorde dans son affection une très-grande part,
et qu'il vous place très-haut dans son estime.
» Soyez donc, Monsieur , notre interprète pour faire arri¬
ver à Planchamp le tribut d'éloges que j'offre, au nom de
tous nos amis, au talent et aux vertus politiques de M. Barrot. »
M. Maigne, juge près le tribunal civil, s'est exprimé en ces
termes :
« A M. Frédéric Barrot, à son illustre père , M. Ferdinand
Barrot, grand-référendaire du sénat, et à tous les membres
de cette illustre famille.
» Buvons à leur santé F Que Dieu veuille leur conserver de
longs jours! C'est avec joie et bonheur que nous accueillons
l'un des membres de cette famille qui a été, est et sera toujours
une des gloires de la Lozère. »
M. Bonnefoux , banquier et manufacturier , a formulé des
vœux en .faveur des industries Iozériennes qui ont grandement
besoin de voies ferrées et économiques pour soutenir la con¬
currence avec les industries rivales des autres pays. Il s'est
exprimé ainsi :
« Messieurs ,
» Je propose de porter un toast en faveur de l'industrie ;
car elle est la mère du progrès, et le progrès est fa cause que
nous servons. Buvons donc, Messieurs, à celui qui est le héros
de notre fête et à tous ceux qui coopéreront à la prospérité des
industries Iozériennes. »
Ces trois toasts ont été couverts, comme celui de M. Barbot,
par de sympathiques applaudissements.
Les ouvriers avaient leurs représentants dans cette réunion,
et M. Camille Ignon, qui compte plus de vingt-cinq ans de vie
d'ouvrier, a cru pouvoir se permettre de parler en leur nom.
Yoici son toast :
« Messieurs ,
» Je porte un toast à tous ceux qui aiment sincèrement l'ouvrier
des villes et des campagnes et qui veulent contribuer à amélio¬
rer sa position morale et matérielle. Je n'ai pas besoin de phra¬
ses pour développer ce toast. Un seul mot dit tout. Du travail !
du travail1 ! du travail ! c'est là ce que demandent les ouvriers
valides, honnêtes et courageux de notre chère Lozère. Ces ou¬
vriers savent ce qu'a déjà fait pour notre pays, ce qu'adaferme
intention de faire celui que nous sommes si heureux de fêter
en ce moment, et tous ceux qui veulent le bien de la classe
ouvrière répéteront avec eux, avec moi, ce cri de reconnais¬
sance, d'espérance et d'amour : Vive M. Frédéric Barrot ! »
En faisant abstraction des paroles, cet appel en faveur de
l'ouvrier devait être et a été le bienvenu.
M. Frédéric Barrot s'est ensuite levé et a répondu ainsi à
tous les toasts qui venaient d'être formulés :
« Messieurs,
» Je suis profondément touché des sympathies que vous
voulez bien me témoigner En les rattachant, comme
vous venez de le faire, au souvenir des services rendus au pavs
par les membres d'une famille dont les traditions de dévoue¬
ment au bien public constituent mon meilleur titre à la con¬
fiance que vous m'avez accordée, vous en augmentez, singuliè-
ment le prix à mes yeux, en même temps que vous lés reniez
moins embarrassantes pour ma modestie. C'est un honneur
pour moi d'en voir l'expression associée à vos vœux pour la
prospérité de cette ville ainsi qu'à la manifestation de vos sen¬
timents politiques. Je me sens uiii à vous, en effet, Messieurs,
non-seulement par de nombreuses amitiés personnelles con¬
tractées dans le cours de la campagne que nous avons faite
ensemble au printemps dernier, ma'is encore par la sollicitude
que vous m'avez inspirée pour vus intérêts et par le lien puis-
sant d'une fidélité commune à une même cause. Cette cause ,
Messieurs, que l'épreuve de la lutte a contribué à caractériser
si nettement et que la défaite n't fait que grandir, je crois
traduire l'opinion de vous tous en disant que c'est celle du
libéralisme conservateur dans la Lozère. — C'est en vain que
nos adversaires s'efforceraient de le contester en nou^ traitant
de révolutionnaires et en se prétendant plus libéraux que nous.
— Nous, des révolutionnaires 1 Et pourquoi, grand Dieu?
Parce que nous avons revendiqué la liberté de conscience du
citoyen? Parce que , sans vouloir porter la moindre atteinte à
la religion que nous aimons et respectons tous, nous avons
pensé que l'autorité religieuse ne saurait absorber tous les
' droits politiques ; que cette autorité sainte ne devait pas inter¬
venir dans des débats en dehors et au-dessus desquels elle se
trouve placée par sa nature même ?
» Mais, Messsieurs, cette révolution, si l'on veut voir ici
quelque chose de révolutionnaire, elle a été faite par nos pères
il y a 80 ans; ces principes sont le.fondement même de notre
société moderne , et c'est parce que nous sommes résolus à la
défendre que nous sommes, non des révolutionaires, mais
des conservateurs.
» Est-ce que, par hasard, l'on pourrait nous soupçonner de
nourrir contr'e le gouvernement de l'Empereur des sentiments
hostiles? Mais nous avons le droit, je puis l'affirmer, de nous
considérer comme ses plus sûrs amis; nous voyons tous en lui
notre meilleure sauvegarde contre l'anarchie aussi bien que
contre la-.réaction ; nous sommes tous d'accord pour le soute¬
nir loyalement au milieu des épreuves de la liberté courageu¬
sement acceptée par lui.
Laissons donc ce reproche absurde de révolutionnarisme
qui nous est si gratuitement jeté à la tête.
» Maintenant pourrons-nous admettre davantage que l'on
nous refuse le droit d'être des libéraux et que l'on prétende
se réserver tous les mérites du libéralisme?
» En vérité, la prétention est bien étrange, et il est difficile
de l'articuler sérieusement. Car, enfin, ne suffit-il pas,,de jeter
les yeux autour de soi pour juger l'es uns et les autres sans
hésitation possible? En sommes-nous réduits à discuter sur
des nuances pour savoir de quel côté sont les vrais libéraux ?
Est-ce que je rêve en me figurant que nous sommes lé parti
libéral de la Lozère , et que ce n'est ni avec les armes ni dans
l'intérêt de la liberté que combattait le parti contraire ? Eât-ce
qu'entré ses doctrines et, tes nôtres, entre ses aspirations et
nos tendances, il n'y a pas un abîme , toute cette révolution
que nous ne songions pas à faire, quoi qu'on en dise, par
cette bonne raison qu'il y a long-temps que la France de 89
s'en est chargée ?
»Ët sans aller ainsi jusqu'au fond des choses, si nous nous
bornons à comparer les actes et les paroles, que voyo'ns-nous?
N'ést-ce pas nous qui avons inauguré le droit de réunion pour
opposer ia discussion loyale et publique à la propagande équi¬
voque des conciliabules secrets et des circulaires clandestines?
Est-ce nous qui, au milieu des ardeurs de la lutte , nous
sommes le plus écartés de l'attitude digne éf modérée qui
convient à tous les partis honnêtes? Est-ce à nous que l'on
pourra le plus justemenlreprocher lés calomnies, les violences,.
les pressions abusives et les vengeances coupables contre les
personnes? Non, évidemmeilt non.
v Notre conduite, je le sais , a été présentée sous un jour
odieux; elle a été l'objet d'appréciations injustes et passionnées
que nous âvôns dédaignées; .mais entre nous, nous pouvons
faire notre'examen de conscience et nous rendre sincèrement
à nous-mêmes cette justice que nous avons honorablement
soutenu une cause honorable. Les hommes importants du pays
qui l'ont prisé en main et ces braves ouvriers, mus par les plus
nobles mobiles, qui l'ont si intelligemment et si résolument se¬
condée, ont obéi à de patribtiqùesconvictions dont aucune im¬
putation ne saurait dénaturer lé caractère, qUe l'insuccès n'a pu
ébranler, et qu'une persévérance ferme et modérée fera , nous
en avons la confiance, triompher un jour.
» Quant à moi, Messieurs, je suis fier d'avoir été appelé a la
servir ; j'y reste sincèrement attaché et je serai toujours
heuréuxde pouvoir lui prêter mon concônrsdans la mesure de
mes forces et dans les conditions déterminées par les circons¬
tances. L'accueil si bienveillant" et si flatteur que j'ai trouvé
parmi vous m'inspire un sentiment qui domine tous les autres :
c'est le lien d'une reconnaissance qui élève mon dévouement à
l'intérêt général au-dessus de toutes préoccupations person-
n elles.
» Messieurs, je ne saurais mieux résumer les pensées que
je viens de chercher à Vous exprimer qu'en vous proposant de
porter un toast qui sera un hommage et un encouragement à
toute cette-port pon de la population lozérienne qui, sur tous les
points du département, sympathise avec nous : A la Lozère
libérale! »
Cette réponse, qui a été plusieurs fois interrompue, soit pâr
des applaudissements, soit par des affirmations ênergiquement
accentuées par les convives, a' produit une très-vive impression.
M. Frédéric Barrot a plu et ému' parce qu'il parlait d'abon¬
dance de cœur, et parce'qué, n'ayant près de fui que des amis,
il savait bien qu'aucune de sès pensées ni qu'aucun dé ses
mots ne seraient dénaturés.
Jeudi matin M. Frédéric Biarrot a quitté Mende et s'est
dirigé sur Paris. En partant, il a laissé, en ce qui le concerne,
des désirs et des espérances, et il a emporté, en ce qui con¬
cerne nos compatriotes, les souvenirs tout récents d'une affec¬
tion que le temps et l'absence n'ont pu attiédir et ont, au
contraire, rendue vive.
GAHIttE* TGSON.
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