Titre : Le Moniteur de la Lozère : journal d'annonces
Auteur : Union républicaine (France). Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Mende)
Date d'édition : 1939-03-02
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328188053
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 02 mars 1939 02 mars 1939
Description : 1939/03/02 (A75,N9). 1939/03/02 (A75,N9).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG48 Collection numérique : BIPFPIG48
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bd6t53547275g
Source : Archives départementales de la Lozère, 1 PER 204
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 03/09/2023
SOIXANTE - QUINZIEME ANNEE. — N° 9.
JEUDI 2 MARS 1939.
r
Journal Républicain Démocrate
ABONNEMENTS :
Lozère et départements limitrophes 12 fr. 50
Autres départements 15 fr. 50
Compte postal : n° 251.09 Clermont-Ferrand
Directeur : Raymond DER V AUX
Rédaction et Administration :
9, Allée des Soupirs — M E N D E
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Le Numéro : 30 centimes
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BERLIN I
VARSOVIE
MOSCOU
i. Chamberlain entame
une offensive commerciale
Dans trois jours, MM. Oliver Stanley,
Ministre du commerce, et Hudson, Sous-
Secrétaire d'Etat du même département,
vont partir pour Berlin. De là, M. Hud¬
son tout seul poussera sur Varsovie et
sur Moscou.
Les deux envoyés comptent d'abord
négocier avec l'industrie du IIIe Reich
(je dis l'industrie plutôt que les indus¬
triels), car les Ministres anglais se trou¬
veront à Berlin en présence d'une autar-
chie. Puis négociations polonaises et en¬
fin négociations russes.
De quoi s'agit-il ?
A Londres, on parle d'une offensive
commerciale de paix de M. Chamberlain.
Mais quel est le but de cette offensive ?
Est-elle purement diplomatique ? S'agit-
il de prouver à l'Univers libéral en géné¬
ral ou à ce qu'il en reste, à l'Amérique
en particulier, qu'il n'y a rien à faire
avec l'Allemagne ? En deux mots, veut-
on encercler économiquement le Reich ?
En aucune façon, répond Londres. Il s'a¬
git simplement de faire des affaires. On
ne se bat pas ou l'on se bat difficilement
avec de bons clients. On veut augmenter
le nombre des clients anglais sur le con¬
tinent.
Reste pourtant le cas de l'U. R S S.
Mais TU. R. S. S. évolue dans un sens qui
la rapproche plutôt des nations libéra¬
les. D'autre part, un nouveau traité,
d'un caractère purement économique il
est vrai, a été signé entre Varsovie et
Moscou. Le fait est que les milieux gou¬
vernementaux moscovites sont très in¬
téressés par la visite anglaise et souli¬
gnent le revirement économique et mê¬
me politique de l'opinion britannique
en leur faveur. Il s'agit, dit-on, à Moscou
d'un véritable rappprochement anglo-
russe.
A la vérité, les destinées de l'Angleter¬
re reposent sur son commerce extérieur
et il est tout naturel que M. Chamber¬
lain cherche à accroître les débouchés de
son pays. Sa politique espagnole s'expli¬
que en partie par ce souci, comme sa po¬
litique danubienne et balkanique. Par
ailleurs, il n'est sans doute pas fâché de
pouvoir peser indirectement sur le Ja¬
pon qui, pour la réalisation d'ambitions
d'ailleurs irréalisables, bloque le marché
chinois, et par là porte un tort considé¬
rable aux intérêts de l'Empire britanni¬
que.
Enfin l'Angleterre a toujours attaché
une importance extrême à ses positions
commerciales et politiques dans la Bal¬
tique. Depuis 1919, ces positions sont
d'ailleurs plus facile à tenir du fait de la
naissance de cinq Etats nouveaux : Po¬
logne, Lithuanie, Esthonie, Lettonie-, Fin¬
lande. La Pologne peut se garder certes
par ses propres moyens, mais les quatre
autres petits Etats, sentant sur eux la
double menace allemande et russe, voient
volontiers dans l'Angleterre un ami sûr
en même temps qu'un commerçant sé¬
rieux.
Tout cela d'ailleurs ne veut pas dire
que l'effort de réarmement anglais fai¬
blisse. Quel que soit le résultat qu'enga¬
geront MM. Oliver Stanley et Hudson à
Berlin, l'effort se maintiendra. Acheter
et vendre est une chose, mais prendre et
payer une bonne assurance sur la vie en
est une autre. M. Chamberlain ne l'igno¬
re pas.
Bernard SA VIGNY.
Politique Extérieure
LE CAS DES RÉFUGIÉS ESPAGNOLS
Tout d'abord, soulignons qu'il est en¬
tré en France 380.000 hommes, femmes
ou enfants, démunis de tout, et que par
conséquent le problème de loger et de
nourrir tout ce monde, dont la plus
grande partie fut maintenue dans un
seul département, était d'une importan¬
ce et d'une complexité considérables.
Qu'en conséquence les premiers aient
été pénibles, c'était fatal. Mais il fau¬
drait bien qu'on sût, en France et à l'E¬
tranger, qu'aujourd'hui tout est réglé
dans les meilleures conditions possibles.
Les femmes, les enfants et les vieil¬
lards ont été répartis sur tout le terri¬
toire et parfois confiés à des organisa¬
tions de secours ou à des particuliers.
Les blessés et les éclopés ont été ras¬
semblés dans des hôpitaux spéciaux ou
des navires-hôpitaux. Quant aux mili¬
ciens — il y en avait 200.000 environ —
55.000 d'entre eux ont déjà demandé et
obtenu de passer en territoire nationa¬
liste. Ce sont pour la plupart des Cata¬
lans, régulièrement mobilisés par le gou¬
vernement de Barcelone. Au contraire,
la plus grosse partie de ceux qui restent
sont ou des communistes, ou des anar-
cyistes ou des trotkystes. L'U. R. S. S.,
sollicitée de les recevoir, a refusé. Des
négociations sont en cours avec le Mexi¬
que, autre Etat communiste, qui refuse¬
ra probablement.
Certains de nos confrères — socialistes
et. commun'stes — font campagne pour
qu'on supprime les camps et qu'on lais¬
se à ces 140 ou 150.000 hommes toute li¬
berté de vivre en France et à leur guise.
Solution qui reviendrait à organiser chez
nous l'armée de l'émeute, car toute cette
masse refluerait sur Paris. D'autres ont
proposé que nous renvoyions les mili¬
ciens à Valence. La question qui se pose
est de savoir si, par ce geste, nous ne
ferions pas acte d'intervention, et si par
exemple le torpillage d'un des navires les
transportant n'entraînerait pas des com¬
plications internationales de 1a. plus
haute gravité.
D'autre part, comme je le dis plus
haut, les autrels pays ne veulent pas de
ces hommes. Nous ne pouvons pas les
renvoyer malgré eux en Espagne, sauf
si une amnistie était promulguée. Ils ne
peuvent guère demeurer dans des camps
d'où au surplus les évasions sont vrai¬
ment trop faciles. Les former en com¬
pagnies de travail serait la solution rê¬
vée, à la condition qu'ils acceptent une
discipline rigoureuse. Encore faudrait-il
choisir les travaux de terrassement dans
l'exécution desquels les miliciens fourni¬
raient le gros de la main-d'œuvre.
La question serait d'ailleurs infiniment
plus simple s'il s'agissait d'une armée
ordinaire, mais le caractère extrémiste
— anarchiste, communiste, trotkyste —
des éléments demeurés en France fait,
de ce qui aurait dû être un simple pro¬
blème d'administration, un problème de
politique intérieure de la plus haute gra¬
vité.
UN BEL EXEMPLE D'ENERGIE...
...c'est bien celui que vient de donner
un jeune savant de 33 ans, M. Serruys.
qui a ouvert un cours de recherches
scientifiques aux Arts et Métiers. On
se rappelle que M. Serruys, eut les deux
mains arrachées l'an passé, au cours
d'une explosion au Laboratoire de Cha-
lais-Meudon. M. de Monzie, Ministre des
Travaux Publics, avait tenu à présider
ce premier cours.
En France...
Montceau-les-Mines... L'explosion de
Montceau-les-Mines a fait douze morts
et treize blessés sont dans un état grave.
La consternation est générale daris tout
le bassin minier .
Paris... Vers le dénouement du drame
Espagnol. Le président Azana va quitter
Paris pour se retirer à Collonges en
Haute-Savoie.
Paris... De retour à Paris, M. Léon
Bérard, l'envoyé extraordinaire de la
France a déclaré : « Le vote de la
Chambre française a produit en Espagne
nationale une impression considérable »
Gourdon... M. Georges Bonnet inaugu¬
rant à Gourdon la fédération radicale:
socialiste, a déclaré : « La France ne
tolérera pas qu'on touche à l'Empire
édifié par le sang et le labeur français...
Elle y maintiendra intacte sa souve-
LA FRANCE RECONNAIT de jure LE GOUVERNEMENT FRANCO...
...Au cours de l'important Conseil des Ministres, qui se tint à l'Elysée. Voi¬
ci les principaux leaders de ce Conseil de droite à gauche MM. Pomaret, Bon¬
net, Daladier, de Monzie;.
raineté comme elle en maintiendra in¬
tact le territoire.
Paris... Le gouvernement Franco est
officiellement reconnu par Paris et par
Londres. Au Conseil des Ministres, la
décision a été prise à l'unanimité. Un
ambassadeur à Burgos sera nommé in¬
cessamment.
Quimper... Une machine infernale ex¬
plose contre un soupirail de la préfec¬
ture de Quimper. Nouvel exploit des
autonomistes bretons ?
Marseille... Le général Weygand retour
de Beyrouth et de Port-Saïd est arrivé
à Marseille.
A l'Etranger...
Budapest... L'adhésion de la Hongrie
et du Mandchoukouo au pacte antikio-
mintern a été signée par le Comte Csa-
ky, ministre des Affaires Etrangères de
Hongrie, et les ministres d'Allemagne.
d'Italie et du Japon.
Varsovie... Le colonel Beck accueille
à Varsovie le Comte Ciano. Tenter de
décider la Pologne à formuler des re¬
vendications coloniales tel est le but du
voyage du ministre Italien.
Genève... La première ascension fé¬
minine du Mont-Blanc est commémorée
à Genève. Il y a cent ans Mlle d'Angevil-
le, qui s'était fait un grand renom d'al¬
piniste en un temps où ce sport n'était
guère à la mode, posait, sur la cime
du Mont-Blanc le premier pied féminin
qui eût foulé son éternel tapis de glace.
Cité du Vatican... Tout est prêt poul¬
ie Conclave dont les installations ont re¬
çu hier la visite du corps diplomatique.
La foule romaine défile devant les
trois soutanes blanches, dont Tune sera
portée, dès son élection par le succes¬
seur de Pie XI.
En Palestine... L'agitation terroriste à
Haïfa et à Tell-Aviv. A la suite de nom¬
breux attentats on compte 32 tués et 50
blessés parmi la population arabe.
Cette recrudescence de terrorisme
survient à la suite de la publication d'un
plan anglais de constitution d'un Etat
majoritaire arabe.
Bruxelles... Nouvelle crise en Belgi¬
que. Le Cabinet Pierlot démissionne.
la
par Léon LABAUME
Lorsque les administrations responsa¬
bles découvrent périodiquement l'exis¬
tence de notre département, c'est, sem-
ble-t-il, pour le gratifier d'étranges pré¬
rogatives.
Exposant dernièrement à nos lecteurs
l'angoissant exode des lozériens vers les
grandes villes, nous leur demandions
qu'elles étaient à leur point de vue les
industries susceptibles de s'acclimater
dans nos montagnes.
Est-ce par manque d'imagination, par
crainte, ou en témoignage d'une répro¬
bation assez compréhensible, aucun de
nos correspondants n'a suggéré la trans¬
formation de notre petite province en
colonie pénitentière. C'est pourtant, et
sans que Ton sollicite votre avis, vers
quoi semble tendre quelques récentes dé¬
cisions ministérielles. Nous voulons par¬
ler du centre de rassemblement pour les
étrangers indésirables qui vient de s'ou¬
vrir au Rieucros, près de Mende.
Certains penseront qu'une telle pers¬
pective ne manque pas d'humour. Hé,
quoi, diront-ils, vous vous plaignez que
la Lozère se dépeuple, que ses enfants
l'abandonnent, les arguments les plus
persuasifs restent sans effet, applaudis¬
sez donc la décision gouvernementale
qui installe et maintient de force un
ensemble de compères particulièrement
remuants, la plupart aux idées politiques
farouchement arrêtées !
La Grande Presse, qui a l'air de se
faire une singulière idée du Vallon de
Rieucros, communique d'abondants ren¬
seignements sur nos nouveaux hôtes. Il
s'agit d'étrangers ne pouvant plus être
expulsés puisque aucun pays ne dési¬
re les recevoir et qui, de ce fait, sont
en perpétuel état d'infraction aux arrê¬
tés les concernant. On y trouve donc
des Autrichiens, des Allemands, des
Polonais, des Espagnols, on cite même
les noms d'un ancien lieutenant de
l'armée Wrangel ainsi que d'un préten¬
dant au trône d'Andorre...
Quant au régime, il sera intermédiai¬
re nous explique-t-on entre celui de la
caserne et celui de la prison. Charmante
perspective comme vous le voyez.
On nous informe encore que le centre
de Rieucros est unique pour le moment.
Il constitue un essai et si celui-ci se
révèle satisfaisant, d'autres camps de
rassemblement seront créés sur le mê¬
me modèle. Dans le langage du « Bâti¬
ment », cela s'appelle essuyer les plâ¬
tres.
Nous voudrions espérer que le Con¬
seil Général de la Lozère ainsi que le
Conseil municipal de la ville de Mende
n'ont éprouvé aucune surprise à ce su¬
jet et qu'ils ont pu déjà en délibérer,
ne serait-ce que pour foripuler des vœux
Ainsi donc, la Lozère connaît et
abrite désormais des spécimens d'huma¬
nités fort dissemblables. D'une part au
Rieucros des faiseurs de révolution,
certains tout au moins, et puis, par grou¬
pes épars, des malheureuses victimes
de la révolution espagnole que les pou¬
voirs publics ont dirigé vers nos con¬
trées. Contraste facile entre deux états,
l'un d'encasernement prolongé, l'autre
de liberté précaire ; la misère en est
l'aboutissement commun.
Mais pour en revenir à noire sujet,
la mise en valeur de la Lozère, il faut
bien convenir que notre pays n'a rien
à espérer de la création d'un camp de
concentration au Rieucros ou ailleurs.
De pareils témoignages de sollicitude
gouvernementale nous laissent assez
perplexes. Ils nous rappellent la coûteu¬
se plaisanterie du barrage de Charpal
sur la Colagne.
Le fait divers de Charpal mérite de
figurer en bonne place dans les annales
de l'après-guerre, Vous connaissez l'his¬
toire de ce lac artificiel, créé sur la
Margeride, pour .maintenir en bon état
de conservation des stocks de poudre
inemployée. On construit une voie fer¬
rée, on édifie un barrage et puis on s'a¬
perçoit que toute l'eau qu'épargne l'éva-
poration disparaît par infiltration dans
un sous-sol perméable. A-t-on recherché
des responsabilités et inquiété les géolo¬
gues ? le résultat n'en est pas moins
une cinquantaine de millions engloutis
en pure perte.
La Lozère attend autre chose.
Les risques de guerre motivent tous
les jours le transfert de nombreuses
usines de la région parisienne vers des
centres moins exposés en cas de conflit
ou plus faciles à défendre.
Les firmes Dewoitine et Hispano-Sui-
za transportent leurs fabrications dans
la région toulousaine. De nouveaux ar-
M. LEON BERARD
EST DE RETOUR DE BURGOS
M. Léon Bérard, envoyé extraordi¬
naire de la République à Burgos, est
rentré à Paris, après la conclusion de
l'accord avec le gouvernement nationa¬
liste espagnol, précédant sa reconnais¬
sance officielle par la France et l'An¬
gleterre. Voici M. Léon Bérard, à son
arrivée à la gare d'Orsay, entouré de
ses collaborateurs.
JEUDI 2 MARS 1939.
r
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BERLIN I
VARSOVIE
MOSCOU
i. Chamberlain entame
une offensive commerciale
Dans trois jours, MM. Oliver Stanley,
Ministre du commerce, et Hudson, Sous-
Secrétaire d'Etat du même département,
vont partir pour Berlin. De là, M. Hud¬
son tout seul poussera sur Varsovie et
sur Moscou.
Les deux envoyés comptent d'abord
négocier avec l'industrie du IIIe Reich
(je dis l'industrie plutôt que les indus¬
triels), car les Ministres anglais se trou¬
veront à Berlin en présence d'une autar-
chie. Puis négociations polonaises et en¬
fin négociations russes.
De quoi s'agit-il ?
A Londres, on parle d'une offensive
commerciale de paix de M. Chamberlain.
Mais quel est le but de cette offensive ?
Est-elle purement diplomatique ? S'agit-
il de prouver à l'Univers libéral en géné¬
ral ou à ce qu'il en reste, à l'Amérique
en particulier, qu'il n'y a rien à faire
avec l'Allemagne ? En deux mots, veut-
on encercler économiquement le Reich ?
En aucune façon, répond Londres. Il s'a¬
git simplement de faire des affaires. On
ne se bat pas ou l'on se bat difficilement
avec de bons clients. On veut augmenter
le nombre des clients anglais sur le con¬
tinent.
Reste pourtant le cas de l'U. R S S.
Mais TU. R. S. S. évolue dans un sens qui
la rapproche plutôt des nations libéra¬
les. D'autre part, un nouveau traité,
d'un caractère purement économique il
est vrai, a été signé entre Varsovie et
Moscou. Le fait est que les milieux gou¬
vernementaux moscovites sont très in¬
téressés par la visite anglaise et souli¬
gnent le revirement économique et mê¬
me politique de l'opinion britannique
en leur faveur. Il s'agit, dit-on, à Moscou
d'un véritable rappprochement anglo-
russe.
A la vérité, les destinées de l'Angleter¬
re reposent sur son commerce extérieur
et il est tout naturel que M. Chamber¬
lain cherche à accroître les débouchés de
son pays. Sa politique espagnole s'expli¬
que en partie par ce souci, comme sa po¬
litique danubienne et balkanique. Par
ailleurs, il n'est sans doute pas fâché de
pouvoir peser indirectement sur le Ja¬
pon qui, pour la réalisation d'ambitions
d'ailleurs irréalisables, bloque le marché
chinois, et par là porte un tort considé¬
rable aux intérêts de l'Empire britanni¬
que.
Enfin l'Angleterre a toujours attaché
une importance extrême à ses positions
commerciales et politiques dans la Bal¬
tique. Depuis 1919, ces positions sont
d'ailleurs plus facile à tenir du fait de la
naissance de cinq Etats nouveaux : Po¬
logne, Lithuanie, Esthonie, Lettonie-, Fin¬
lande. La Pologne peut se garder certes
par ses propres moyens, mais les quatre
autres petits Etats, sentant sur eux la
double menace allemande et russe, voient
volontiers dans l'Angleterre un ami sûr
en même temps qu'un commerçant sé¬
rieux.
Tout cela d'ailleurs ne veut pas dire
que l'effort de réarmement anglais fai¬
blisse. Quel que soit le résultat qu'enga¬
geront MM. Oliver Stanley et Hudson à
Berlin, l'effort se maintiendra. Acheter
et vendre est une chose, mais prendre et
payer une bonne assurance sur la vie en
est une autre. M. Chamberlain ne l'igno¬
re pas.
Bernard SA VIGNY.
Politique Extérieure
LE CAS DES RÉFUGIÉS ESPAGNOLS
Tout d'abord, soulignons qu'il est en¬
tré en France 380.000 hommes, femmes
ou enfants, démunis de tout, et que par
conséquent le problème de loger et de
nourrir tout ce monde, dont la plus
grande partie fut maintenue dans un
seul département, était d'une importan¬
ce et d'une complexité considérables.
Qu'en conséquence les premiers aient
été pénibles, c'était fatal. Mais il fau¬
drait bien qu'on sût, en France et à l'E¬
tranger, qu'aujourd'hui tout est réglé
dans les meilleures conditions possibles.
Les femmes, les enfants et les vieil¬
lards ont été répartis sur tout le terri¬
toire et parfois confiés à des organisa¬
tions de secours ou à des particuliers.
Les blessés et les éclopés ont été ras¬
semblés dans des hôpitaux spéciaux ou
des navires-hôpitaux. Quant aux mili¬
ciens — il y en avait 200.000 environ —
55.000 d'entre eux ont déjà demandé et
obtenu de passer en territoire nationa¬
liste. Ce sont pour la plupart des Cata¬
lans, régulièrement mobilisés par le gou¬
vernement de Barcelone. Au contraire,
la plus grosse partie de ceux qui restent
sont ou des communistes, ou des anar-
cyistes ou des trotkystes. L'U. R. S. S.,
sollicitée de les recevoir, a refusé. Des
négociations sont en cours avec le Mexi¬
que, autre Etat communiste, qui refuse¬
ra probablement.
Certains de nos confrères — socialistes
et. commun'stes — font campagne pour
qu'on supprime les camps et qu'on lais¬
se à ces 140 ou 150.000 hommes toute li¬
berté de vivre en France et à leur guise.
Solution qui reviendrait à organiser chez
nous l'armée de l'émeute, car toute cette
masse refluerait sur Paris. D'autres ont
proposé que nous renvoyions les mili¬
ciens à Valence. La question qui se pose
est de savoir si, par ce geste, nous ne
ferions pas acte d'intervention, et si par
exemple le torpillage d'un des navires les
transportant n'entraînerait pas des com¬
plications internationales de 1a. plus
haute gravité.
D'autre part, comme je le dis plus
haut, les autrels pays ne veulent pas de
ces hommes. Nous ne pouvons pas les
renvoyer malgré eux en Espagne, sauf
si une amnistie était promulguée. Ils ne
peuvent guère demeurer dans des camps
d'où au surplus les évasions sont vrai¬
ment trop faciles. Les former en com¬
pagnies de travail serait la solution rê¬
vée, à la condition qu'ils acceptent une
discipline rigoureuse. Encore faudrait-il
choisir les travaux de terrassement dans
l'exécution desquels les miliciens fourni¬
raient le gros de la main-d'œuvre.
La question serait d'ailleurs infiniment
plus simple s'il s'agissait d'une armée
ordinaire, mais le caractère extrémiste
— anarchiste, communiste, trotkyste —
des éléments demeurés en France fait,
de ce qui aurait dû être un simple pro¬
blème d'administration, un problème de
politique intérieure de la plus haute gra¬
vité.
UN BEL EXEMPLE D'ENERGIE...
...c'est bien celui que vient de donner
un jeune savant de 33 ans, M. Serruys.
qui a ouvert un cours de recherches
scientifiques aux Arts et Métiers. On
se rappelle que M. Serruys, eut les deux
mains arrachées l'an passé, au cours
d'une explosion au Laboratoire de Cha-
lais-Meudon. M. de Monzie, Ministre des
Travaux Publics, avait tenu à présider
ce premier cours.
En France...
Montceau-les-Mines... L'explosion de
Montceau-les-Mines a fait douze morts
et treize blessés sont dans un état grave.
La consternation est générale daris tout
le bassin minier .
Paris... Vers le dénouement du drame
Espagnol. Le président Azana va quitter
Paris pour se retirer à Collonges en
Haute-Savoie.
Paris... De retour à Paris, M. Léon
Bérard, l'envoyé extraordinaire de la
France a déclaré : « Le vote de la
Chambre française a produit en Espagne
nationale une impression considérable »
Gourdon... M. Georges Bonnet inaugu¬
rant à Gourdon la fédération radicale:
socialiste, a déclaré : « La France ne
tolérera pas qu'on touche à l'Empire
édifié par le sang et le labeur français...
Elle y maintiendra intacte sa souve-
LA FRANCE RECONNAIT de jure LE GOUVERNEMENT FRANCO...
...Au cours de l'important Conseil des Ministres, qui se tint à l'Elysée. Voi¬
ci les principaux leaders de ce Conseil de droite à gauche MM. Pomaret, Bon¬
net, Daladier, de Monzie;.
raineté comme elle en maintiendra in¬
tact le territoire.
Paris... Le gouvernement Franco est
officiellement reconnu par Paris et par
Londres. Au Conseil des Ministres, la
décision a été prise à l'unanimité. Un
ambassadeur à Burgos sera nommé in¬
cessamment.
Quimper... Une machine infernale ex¬
plose contre un soupirail de la préfec¬
ture de Quimper. Nouvel exploit des
autonomistes bretons ?
Marseille... Le général Weygand retour
de Beyrouth et de Port-Saïd est arrivé
à Marseille.
A l'Etranger...
Budapest... L'adhésion de la Hongrie
et du Mandchoukouo au pacte antikio-
mintern a été signée par le Comte Csa-
ky, ministre des Affaires Etrangères de
Hongrie, et les ministres d'Allemagne.
d'Italie et du Japon.
Varsovie... Le colonel Beck accueille
à Varsovie le Comte Ciano. Tenter de
décider la Pologne à formuler des re¬
vendications coloniales tel est le but du
voyage du ministre Italien.
Genève... La première ascension fé¬
minine du Mont-Blanc est commémorée
à Genève. Il y a cent ans Mlle d'Angevil-
le, qui s'était fait un grand renom d'al¬
piniste en un temps où ce sport n'était
guère à la mode, posait, sur la cime
du Mont-Blanc le premier pied féminin
qui eût foulé son éternel tapis de glace.
Cité du Vatican... Tout est prêt poul¬
ie Conclave dont les installations ont re¬
çu hier la visite du corps diplomatique.
La foule romaine défile devant les
trois soutanes blanches, dont Tune sera
portée, dès son élection par le succes¬
seur de Pie XI.
En Palestine... L'agitation terroriste à
Haïfa et à Tell-Aviv. A la suite de nom¬
breux attentats on compte 32 tués et 50
blessés parmi la population arabe.
Cette recrudescence de terrorisme
survient à la suite de la publication d'un
plan anglais de constitution d'un Etat
majoritaire arabe.
Bruxelles... Nouvelle crise en Belgi¬
que. Le Cabinet Pierlot démissionne.
la
par Léon LABAUME
Lorsque les administrations responsa¬
bles découvrent périodiquement l'exis¬
tence de notre département, c'est, sem-
ble-t-il, pour le gratifier d'étranges pré¬
rogatives.
Exposant dernièrement à nos lecteurs
l'angoissant exode des lozériens vers les
grandes villes, nous leur demandions
qu'elles étaient à leur point de vue les
industries susceptibles de s'acclimater
dans nos montagnes.
Est-ce par manque d'imagination, par
crainte, ou en témoignage d'une répro¬
bation assez compréhensible, aucun de
nos correspondants n'a suggéré la trans¬
formation de notre petite province en
colonie pénitentière. C'est pourtant, et
sans que Ton sollicite votre avis, vers
quoi semble tendre quelques récentes dé¬
cisions ministérielles. Nous voulons par¬
ler du centre de rassemblement pour les
étrangers indésirables qui vient de s'ou¬
vrir au Rieucros, près de Mende.
Certains penseront qu'une telle pers¬
pective ne manque pas d'humour. Hé,
quoi, diront-ils, vous vous plaignez que
la Lozère se dépeuple, que ses enfants
l'abandonnent, les arguments les plus
persuasifs restent sans effet, applaudis¬
sez donc la décision gouvernementale
qui installe et maintient de force un
ensemble de compères particulièrement
remuants, la plupart aux idées politiques
farouchement arrêtées !
La Grande Presse, qui a l'air de se
faire une singulière idée du Vallon de
Rieucros, communique d'abondants ren¬
seignements sur nos nouveaux hôtes. Il
s'agit d'étrangers ne pouvant plus être
expulsés puisque aucun pays ne dési¬
re les recevoir et qui, de ce fait, sont
en perpétuel état d'infraction aux arrê¬
tés les concernant. On y trouve donc
des Autrichiens, des Allemands, des
Polonais, des Espagnols, on cite même
les noms d'un ancien lieutenant de
l'armée Wrangel ainsi que d'un préten¬
dant au trône d'Andorre...
Quant au régime, il sera intermédiai¬
re nous explique-t-on entre celui de la
caserne et celui de la prison. Charmante
perspective comme vous le voyez.
On nous informe encore que le centre
de Rieucros est unique pour le moment.
Il constitue un essai et si celui-ci se
révèle satisfaisant, d'autres camps de
rassemblement seront créés sur le mê¬
me modèle. Dans le langage du « Bâti¬
ment », cela s'appelle essuyer les plâ¬
tres.
Nous voudrions espérer que le Con¬
seil Général de la Lozère ainsi que le
Conseil municipal de la ville de Mende
n'ont éprouvé aucune surprise à ce su¬
jet et qu'ils ont pu déjà en délibérer,
ne serait-ce que pour foripuler des vœux
Ainsi donc, la Lozère connaît et
abrite désormais des spécimens d'huma¬
nités fort dissemblables. D'une part au
Rieucros des faiseurs de révolution,
certains tout au moins, et puis, par grou¬
pes épars, des malheureuses victimes
de la révolution espagnole que les pou¬
voirs publics ont dirigé vers nos con¬
trées. Contraste facile entre deux états,
l'un d'encasernement prolongé, l'autre
de liberté précaire ; la misère en est
l'aboutissement commun.
Mais pour en revenir à noire sujet,
la mise en valeur de la Lozère, il faut
bien convenir que notre pays n'a rien
à espérer de la création d'un camp de
concentration au Rieucros ou ailleurs.
De pareils témoignages de sollicitude
gouvernementale nous laissent assez
perplexes. Ils nous rappellent la coûteu¬
se plaisanterie du barrage de Charpal
sur la Colagne.
Le fait divers de Charpal mérite de
figurer en bonne place dans les annales
de l'après-guerre, Vous connaissez l'his¬
toire de ce lac artificiel, créé sur la
Margeride, pour .maintenir en bon état
de conservation des stocks de poudre
inemployée. On construit une voie fer¬
rée, on édifie un barrage et puis on s'a¬
perçoit que toute l'eau qu'épargne l'éva-
poration disparaît par infiltration dans
un sous-sol perméable. A-t-on recherché
des responsabilités et inquiété les géolo¬
gues ? le résultat n'en est pas moins
une cinquantaine de millions engloutis
en pure perte.
La Lozère attend autre chose.
Les risques de guerre motivent tous
les jours le transfert de nombreuses
usines de la région parisienne vers des
centres moins exposés en cas de conflit
ou plus faciles à défendre.
Les firmes Dewoitine et Hispano-Sui-
za transportent leurs fabrications dans
la région toulousaine. De nouveaux ar-
M. LEON BERARD
EST DE RETOUR DE BURGOS
M. Léon Bérard, envoyé extraordi¬
naire de la République à Burgos, est
rentré à Paris, après la conclusion de
l'accord avec le gouvernement nationa¬
liste espagnol, précédant sa reconnais¬
sance officielle par la France et l'An¬
gleterre. Voici M. Léon Bérard, à son
arrivée à la gare d'Orsay, entouré de
ses collaborateurs.
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