Titre : Le Moniteur de la Lozère : journal d'annonces
Auteur : Union républicaine (France). Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Mende)
Date d'édition : 1871-04-09
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328188053
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 09 avril 1871 09 avril 1871
Description : 1871/04/09 (A8,N15). 1871/04/09 (A8,N15).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG48 Collection numérique : BIPFPIG48
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bd6t53545315x
Source : Archives départementales de la Lozère, 1 PER 204
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 03/09/2023
LOZÈRE
JOURNAL DE L'UNION RÉPUBLICAINE.
PRIX D ABONNEMENT
3 fr. ; dans
mois, 3 fr.
6 fr. 50 c. :
Mande . un an, 10 fr. ; six mois, 5 fr. 50 c. ; trois mois ,
le département . an an, 11 fr. ; six mois, 6 fr. ; trois
50 o. ; hors du département : un an , 12 fr. ; six mois,
trois mois, 4 fr. — Chaque exemplaire séparé, 25 o.
M. HAVAS, rue Jean-Jacques-Rousseau , 3, et MM. LAFF1TTE ,
BULLIER et C1', place de la Bourse , 8, sont seuls chargés, à Paris,
de recevoir les annonces pour le Moniteur de la Lozère.
8me ANNÉE
N° 45
Dimanclie, 9 avril 1871.
PRIX DE» INSERTIONS I
Annonces judiciaires. 20 c. la ligne; diverses, 25 c. ; réclames, 30
c. — Le prix des. insertions peu être exigé à l'avance.
Les annonces ordinaires doivent être remises le jeudi avant midi. Si
les annonces sont longues ou si elles présentent des difficultés d'exé¬
cution , l'imprimeur se réserve de demander le temps qu'il jugera
nécessaire pour faire la planche.
On s'abonne : chez Mnt Veuve Camille IGNON, à Mende ; DALLO,
à Marvejols ; LOMBARD, à Florac.
Mende, le 9 avril 1871.
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE.
liberté, égalité, fraternité.
Dépêches télégraphiques.
Circulaire de Versailles, le 31 mars 1871 à 12 heures
45 m., soir.
Le Chef du pouvoir exécutif à MM. les Préfets,
Généraux de division et à Procureurs gé¬
néraux.
Le progrès de l'ordre a été constant depuis
• trois' jours, le calme s'est maintenu constam¬
ment à Lyon. Rétabli sans coup férir à Saint-
Etienne et au Creuzot. A Toulouse, la soumis¬
sion a été instantanée et ne s'est pas démentie
depuis que le préfet, M. deKératryyest rentré.
Des poursuites sont intentées contre les auteurs
du désordre de Toulouse. Les ridicules auteurs
de l'insurrection de Narbonne avait la préten¬
tion de prolonger leur résistance. Abordés par
: le général Zenlz, à la tête de 900 hommes, ils
ont déposé leurs armes, leur chef est sous la
main de ta justice. A Perpignan, l'autorité est
parfaitement obéie. A Marseille, la garde na¬
tionale et la municipalité ne voulantpasassurer
la responsabilité d'une guerre civile, funeste à
la République autant qu'à la France, ont fait
une déclaration qui implique la reconnaissance
du Gouvernement élu et reconnu par toute la
France. Le général Olivier, un moment prison¬
nier de l'émeute a été rendu. L'armée va ren¬
trer en force à Marseille et tout terminer.
Ainsi la France entière sauf Paris est pacifiée,
A Paris la commune déjà divisée, essayant de
semer partout des fausses nouvelles et pillant
les caisses publiques, s'agite impuissante et elle
est en horreur aux parisiens qui attendent
avec impatience le moment d'en être délivrés.
L'Assemblée serrée autour du gouvernement,
siège plaisiblement à Versailles où achève de
s'organiser une des plus belles armées que la
France ait possédée. Les bons citoyens peuvent
donc se rassurer et espérer la fin prochaine
d'unecrisequi aura été douloureuse mais cour¬
te, ils peuvent être certains qu'on neleur laissera
rien ignorer et que lorsque le gouvernement
se taira c'est qu'il n'aura aucun fait grave ou
intéressant à leur faire connaître.
A. Thiers.
Circulaire de Versailles, le 2 avril 1871, 8 h.
Chef du pouvoir exécutif à Préfets, Sous-Pré¬
fets, Procureurs généraux de la République
Gén éraux commandant divisions et subdi¬
visions et à toutes les autorités civiles et
militaires.
CIRCULAIRE :
Depuis deux jours des mouvements s'étant
produits du côté de Rueil, Nanterre, Courbe-
voie, Puteaux et le Pont de Neuilly ayant été
barricadés par les insurgés, le gouvernement
n'a pas voulu des tentatives impunies et il a or¬
donné de les réprimer sur le champ. Le géné¬
ral Vinoy après s'être assuré qu'une démons¬
tration qui était faite par les insurgés du côté
de Châtillon n'avait rien de sérieux est parti à
6 h. du matin avec la brigade Daudel, de la
division Farbn, la brigade Bernard, de la divi¬
sion Bruot éclairée à gauche par la brigade de
chasseurs du général Galiffet à droite par deux,
escadrons de la garde républicaine. Les trou¬
pes se sont avancées par Vaucresson et Montre-
tout , elles ont opéré leur jonction, au rond-
' point des Bergères. Quatre bataillons des in¬
surgés occupaient les positions de Courbevoie
telles que la caserne et le grand rond-point de
la statue. Les troupes ont enlevé les positions
barricadées avec un élan remarquable. La ca¬
serne a été prise par les troupes de marine, la
grande barricade de Courbevoie par le 413°;
les troupes se sont ensuite jetées sur la des¬
cente qui aboutit au Pont de Neuilly et ont
enlevé la barricade qui fermait le pont. Les
insurgés se sont enfuis précipitamment, lais¬
sant un certain nombre de morts, de blessés et
de prisonniers. L'entrain des troupes hâtant
le résultat, nos pertes ont été presque nulles.
L'exaspération des soldats était extrême et s'est
surlout'manifestée contre les déserteurs qui ont
été reconnus. A quatre heures, les troupes
rentraient dans leurs canlonnements après
avoir rendu à la cause de l'ordre un service
dont la France leur tiendra grand compte. Le
général Vinoy n'a pas un instant quitté le com¬
mandement. Les misérables que la France est
réduite à combattre, ont commis un nouveau
crime. Le chirurgien en chef de l'armée. M.
Pasquier s'étant avancé seul et sans armes trop
près des positions ennemies a été indignement
assassiné.
A. Thiers.
Versailles, 3 avril 1871, à 9 h. 10 m. du soir.
Le chef du pouvoir exécutif à MM. les
préfets, etc.
Excités par le combat d'hier, les insurgés
ont voulu revenir sur Courbevoie, et ils se sont
portés en masse sur Nanterre , Rueil et Bou-
gival, en même temps une colonne descendait
du nord sur Bezons, Château-Croissy.
Le mont Valérien, dès le point du jour, a
ouvert son feu sur les colonnes et chaque bou¬
let qui tombait sur elles mettait en fuite les
groupes atteints. Les insurgés ont cherché
alors un refuge dans Nanterre, Rueil et Bou-
gival et ils ont essayé d'attaquer nos positions.
Les brigades Garnier , Daudel, Dumont avec
deux batteries de réserve de douze les ont vive¬
ment canonnés et les ont bientôt obligés de
lâcher prise.
Le général Vinoy, qui s'était porté sur les
lieux, et qui avait à sa droite la cavalerie du
général Dubreuil, ayant menacé de les tourner,
ils se sont dispersés en désordre et ont laissé en
fuyant le terrain couvert de leurs morts et de
leurs blessés : c'était une affreuse déroute. Au
même instant, à l'extrémité opposée de ce
champ de bataille, les insurgés attaquaient vers
Sèvres, Meudon et le petit Bicêtre en nombre
considérable. Ils ont rencontré, sur ces points,
la brigade Lamazieuze et l'infanterie du corps
de gendarmes. Ces derniers sont entrés dans
Meudon, fusillé par les fenêtres, et sé sont com¬
portés avec une admirable valeur. Us ont délogé
les insurgés qui ont laissé un grand nombre de
morts dans les rues de Meudon. A droite les
marins du général Bruat et la brigade Dérojat,
de la division Faron, ont enlevé le petit Bicêtre
sous les yeux de l'amiral Pothuau qui s'était
transporté en cet endroit et les dirigeait.
La journée s'est terminée par la fuite désor¬
donnée des insurgés vers la redoute de Châ¬
tillon. Leur dispersion et leur fuite précipitée
sont cause qu'il y a eu plus de morts que de
prisonniers. Cette journée, qui aura coûté de
grandes perles à ces aveugles, menés par des
malfaiteurs, sera décisive par le sort de l'insur¬
rection. Tout fait espérer qu'elle ne sera pas
longtemps à sentir son impuissance et à débar¬
rasser Paris de sa présence.
Versailles , 3 avril , 10 h. du soir.
Le ministre de l'intérieur à MM. les préfets.
Les insurgés de Paris sont sortis ce matin
en grand nombre et se sont dirigés sur Ver¬
sailles en plusieurs colonnes avec artillerie.
Ils ont été mis en déroute sur tous les points
et ont subi des pertes sérieuses. Flourens a
été tué dans la lutte.
L'armée est pleine d'enthousiasme; elle s'est
conduite admirablement et témoigne l'intention
d'en finir avec des factieux, dont la conduite ,
aujourd'hui dévoilée , révolte tous les honnê¬
tes gens.
Versailles , le 4 avril, à 11 h. 35 m..du m.
Intérieur à Préfets.
circulaire.
Les insurgés ont éprouvé un dernier et dé¬
cisif échec.
Les troupes ont enlevé avec un entrain ad¬
mirable la redoute de Châtillon qu'ils occu¬
paient. Plus de deux mille prisonniers ont été
emmenés à Versailles. Leurs principaux chefs,
Flourens et le général Duval, ont péri. Henry,
chef de légion est prisonnier.
Dans l'intérieur de Paris, il n'y a pas eu de
cambats, mais la consternation du comité et
de ses adhérents est manifeste.
Assi a été incarcéré.par les siens; 22 mem¬
bres de la Commune ont donné leur démission.
Tout fait espérer une prochaine et heureuse
solution.
Versailles, 4 avril, 12 h. 55 m, s.
Chef du pouvoir exécutif aux préfets sous-pré-
feis, Généraux commandant divisions et
subdivisions militaires, procureurs géné¬
raux de la République et toutes les autori¬
tés civiles et militaires.
CIRCULAIRE :
Les opérations de la journée d'hier ont été
terminées ce matin avec la plus grande vigueur.
Les troupes étaient restées devant la redoute
de Châtillon où des travaux considérables
avaient été faits contre les Prussiens.
A 5 h. du matin, la brigade Durojat et la
division Pellet, était en face de cet ouvrage im¬
portant.
Deux batteries de 12 étaient chargées d'en
atteindre le feu. Les troupes dans leur ardeur
n'ont pas voulu attendre que ces batteries eus¬
sent accompli leur tâche, elles ont enlevé la
redoute au pas de course ; elles ont eu quel¬
ques blessés et ont fait quinze- cents prison¬
niers.
Deux généraux improvisés par les révoltés
l'un appelé Duval a été tué et l'autre appelé
Henry a été fait prisonnier.
La cavalerie qui escortait les prisonniers a
eu la plus grande peine à son entrée à Versail¬
les à les protéger contre l'irritation populaire.
Jamais la basse démagogie n'avait offert aux
regards affligés des honnêtes gens, des visages
plus ignobles.
L'armée poursuit sa marche sur Châtillon
et Clamart, le brave général Pellet, un des
meilleurs officiers de l'armée a été blessé à la
cuisse d'un éclat d'obus.
Les troupes réunies aux portes de Marseille
pour y faire cesser la triste parodie de la com¬
mune de Paris se sont emparés ce matin de la
gare du chemin de fer et sont en marche vers
la préfecture.
Versailles , le 5 avril , à 6 h. 30 m. du s.,
reçue le 6 à 9 h. 20 m. du matin.
Le chef du pouvoir exécutif à MM. les
préfets, etc.
Un nouvel et important sutcès vient de mar¬
quer le rétablissement successif de l'ordre :
c'est la chute de la commune à Marseille.
Le général Espivent est entré à Marseille en
occupant de vive force la gare du chemin de
fer et divers points de la ville. Restait la pré¬
fecture , bâtiment carré qui formait une sorte
de citadelle. Les marins débarqués de la fré¬
gate cuirassée qui stationnait devant Marseille
ont pénétré, la hache d'abordage à la main ,
dans le bâtiment de la préfecture, ont fait 500
prisonniers et mis fin au règne des parodistes
de la commune de Paris. De nombreux coupa¬
bles ont été arrêtés et justice en sera faite par
l'application des lois. Ainsi, toutes les grandes
villes sont aujourd'hui ralliées autour du gou¬
vernement librement élu du pays.
A Limoges s'est produit une émotion peu
dangereuse; mais les communistes de cette
ville, jaloux de se montrer à la hauteur des
communistes de Paris, ont assassiné le colonel
du régiment des cuirassiers qui était cantonné
dans le département. La répression va suivre
de près ce lâche assassinat.
Devant Paris, nous avons achevé de couron¬
ner tout le plateau de Châtillon. Un feu de peu
d'effet s'est échangé entre la redoute de Châ¬
tillon conquise par les défenseurs de l'ordre
et les forts d'Issy et de Vanves. Le Gouverne¬
ment croyant d'épargner le sang de l'armée,
n'a pas voulu ordonner l'attaque de ces forts
dont le sort est lié avec celui de Paris et qui
tomberont avec la grande capitale quand le
moment en sera venu. Les insurgés qui ne peu¬
vent plus se dire vainqueurs sont consternés.
Us se proscrivent les uns les autres en attendant
que abandonnés de toutes les populations , ils
trouvent la fin qu'ils ont mérité. Tels sont les
faits d'hier et d'aujourd'hui rapportés avec
l'exactitude dont le gouvernement est réso'u
à ne jamais s'écarter.
EXTRAITS DU JOURNAL OFFICIEL
DE LA COMMDNE DE PARIS.
Commune de Paris.
a la garde nationale de paris.
Les conspirateurs royalistes ont attaqué.
Malgré la modération de notre attitude, ils
ont attaqué.
Ne pouvant plus compter sur l'armée fran¬
çaise, ils ont attaqué avec les zouaves pontifi¬
caux et la police impériale.
Non contents de couper les correspondances
avec la province et de faire de vains efforts
pour nous réduire par la famine, ces furieux
ont voulu imiter jusqu'au bout les Prussiens et
bombarder la ville.
Ce matin les chouans de Charrette, les Ven¬
déens de Cathelineau, les Bretons de Trochu,
flanqués des gendarmes de Valentin, ont cou¬
vert de mitraille et d'obus le village inoffensif
de Neuilly et engagé la guerre civile avec nos
gardes nationaux.
Il y a eu des morts et des blessés.
Elus par la population de Paris, notre devoir
est de défendre la grande cité contre ces coupa¬
bles agressions ; avec votre aide nous la dé¬
fendrons.
Paris, 2 avril 1871.
La commission exécutive.
Bergeret, Eudes, Duval, Lefrançais,
Félix Pyat, Tridon, Vaillant.
Dépèches télégraphiques.
Paris, 2 avril 1871, 5 h. 30 m. du soir.
Place à commission exécutive.
Bergeret est à Neuilly. D'après rapport, le
feu de l'ennemi a cessé. Esprit des troupes
excellent. Soldats de ligne arrivent tous et dé¬
clarent que, sauf les officiers supérieurs, per¬
sonne ne veut se battre. Colonel de gendarme¬
rie qui attaquait, tué.
Le colonel, chef d'état-major,
henri.
Une pension de jeunes filles, qui sortait de
l'église de Neuilly, a été littéralement hachée
par la mitraille des soldats de MM. Favre et
Thiers.
La commune de Paris,
Considérant que les hommes du Gouverne¬
ment de Versailles ont ordonné et commencé
la guerre civile, attaqué Paris, tué et blessé des
gardes nationaux, des soldats de la ligne, des
femmes et des enfants.
Considérant que ce crime a été commis avec
préméditation et guet-apens contre tout droit
et sans provocation.
décrète :
Art. 1er. MM. Thiers, Favre, Picard,Dufaure,
Simon et Pothuau sont mis en accusation.
Art. 2. Leurs biens seront saisis et mis sous
séquestre, jusqu'à ce qu'ils aient comparu de¬
vant la justice du peuple.
Les délégués de la justice et de la sûreté gé¬
nérale sont chargés de l'exécution du présent
décret.
La commune de Paris.
La commune de Paris adopte les familles des
citoyens qui ont succombé ou succomberont en
JOURNAL DE L'UNION RÉPUBLICAINE.
PRIX D ABONNEMENT
3 fr. ; dans
mois, 3 fr.
6 fr. 50 c. :
Mande . un an, 10 fr. ; six mois, 5 fr. 50 c. ; trois mois ,
le département . an an, 11 fr. ; six mois, 6 fr. ; trois
50 o. ; hors du département : un an , 12 fr. ; six mois,
trois mois, 4 fr. — Chaque exemplaire séparé, 25 o.
M. HAVAS, rue Jean-Jacques-Rousseau , 3, et MM. LAFF1TTE ,
BULLIER et C1', place de la Bourse , 8, sont seuls chargés, à Paris,
de recevoir les annonces pour le Moniteur de la Lozère.
8me ANNÉE
N° 45
Dimanclie, 9 avril 1871.
PRIX DE» INSERTIONS I
Annonces judiciaires. 20 c. la ligne; diverses, 25 c. ; réclames, 30
c. — Le prix des. insertions peu être exigé à l'avance.
Les annonces ordinaires doivent être remises le jeudi avant midi. Si
les annonces sont longues ou si elles présentent des difficultés d'exé¬
cution , l'imprimeur se réserve de demander le temps qu'il jugera
nécessaire pour faire la planche.
On s'abonne : chez Mnt Veuve Camille IGNON, à Mende ; DALLO,
à Marvejols ; LOMBARD, à Florac.
Mende, le 9 avril 1871.
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE.
liberté, égalité, fraternité.
Dépêches télégraphiques.
Circulaire de Versailles, le 31 mars 1871 à 12 heures
45 m., soir.
Le Chef du pouvoir exécutif à MM. les Préfets,
Généraux de division et à Procureurs gé¬
néraux.
Le progrès de l'ordre a été constant depuis
• trois' jours, le calme s'est maintenu constam¬
ment à Lyon. Rétabli sans coup férir à Saint-
Etienne et au Creuzot. A Toulouse, la soumis¬
sion a été instantanée et ne s'est pas démentie
depuis que le préfet, M. deKératryyest rentré.
Des poursuites sont intentées contre les auteurs
du désordre de Toulouse. Les ridicules auteurs
de l'insurrection de Narbonne avait la préten¬
tion de prolonger leur résistance. Abordés par
: le général Zenlz, à la tête de 900 hommes, ils
ont déposé leurs armes, leur chef est sous la
main de ta justice. A Perpignan, l'autorité est
parfaitement obéie. A Marseille, la garde na¬
tionale et la municipalité ne voulantpasassurer
la responsabilité d'une guerre civile, funeste à
la République autant qu'à la France, ont fait
une déclaration qui implique la reconnaissance
du Gouvernement élu et reconnu par toute la
France. Le général Olivier, un moment prison¬
nier de l'émeute a été rendu. L'armée va ren¬
trer en force à Marseille et tout terminer.
Ainsi la France entière sauf Paris est pacifiée,
A Paris la commune déjà divisée, essayant de
semer partout des fausses nouvelles et pillant
les caisses publiques, s'agite impuissante et elle
est en horreur aux parisiens qui attendent
avec impatience le moment d'en être délivrés.
L'Assemblée serrée autour du gouvernement,
siège plaisiblement à Versailles où achève de
s'organiser une des plus belles armées que la
France ait possédée. Les bons citoyens peuvent
donc se rassurer et espérer la fin prochaine
d'unecrisequi aura été douloureuse mais cour¬
te, ils peuvent être certains qu'on neleur laissera
rien ignorer et que lorsque le gouvernement
se taira c'est qu'il n'aura aucun fait grave ou
intéressant à leur faire connaître.
A. Thiers.
Circulaire de Versailles, le 2 avril 1871, 8 h.
Chef du pouvoir exécutif à Préfets, Sous-Pré¬
fets, Procureurs généraux de la République
Gén éraux commandant divisions et subdi¬
visions et à toutes les autorités civiles et
militaires.
CIRCULAIRE :
Depuis deux jours des mouvements s'étant
produits du côté de Rueil, Nanterre, Courbe-
voie, Puteaux et le Pont de Neuilly ayant été
barricadés par les insurgés, le gouvernement
n'a pas voulu des tentatives impunies et il a or¬
donné de les réprimer sur le champ. Le géné¬
ral Vinoy après s'être assuré qu'une démons¬
tration qui était faite par les insurgés du côté
de Châtillon n'avait rien de sérieux est parti à
6 h. du matin avec la brigade Daudel, de la
division Farbn, la brigade Bernard, de la divi¬
sion Bruot éclairée à gauche par la brigade de
chasseurs du général Galiffet à droite par deux,
escadrons de la garde républicaine. Les trou¬
pes se sont avancées par Vaucresson et Montre-
tout , elles ont opéré leur jonction, au rond-
' point des Bergères. Quatre bataillons des in¬
surgés occupaient les positions de Courbevoie
telles que la caserne et le grand rond-point de
la statue. Les troupes ont enlevé les positions
barricadées avec un élan remarquable. La ca¬
serne a été prise par les troupes de marine, la
grande barricade de Courbevoie par le 413°;
les troupes se sont ensuite jetées sur la des¬
cente qui aboutit au Pont de Neuilly et ont
enlevé la barricade qui fermait le pont. Les
insurgés se sont enfuis précipitamment, lais¬
sant un certain nombre de morts, de blessés et
de prisonniers. L'entrain des troupes hâtant
le résultat, nos pertes ont été presque nulles.
L'exaspération des soldats était extrême et s'est
surlout'manifestée contre les déserteurs qui ont
été reconnus. A quatre heures, les troupes
rentraient dans leurs canlonnements après
avoir rendu à la cause de l'ordre un service
dont la France leur tiendra grand compte. Le
général Vinoy n'a pas un instant quitté le com¬
mandement. Les misérables que la France est
réduite à combattre, ont commis un nouveau
crime. Le chirurgien en chef de l'armée. M.
Pasquier s'étant avancé seul et sans armes trop
près des positions ennemies a été indignement
assassiné.
A. Thiers.
Versailles, 3 avril 1871, à 9 h. 10 m. du soir.
Le chef du pouvoir exécutif à MM. les
préfets, etc.
Excités par le combat d'hier, les insurgés
ont voulu revenir sur Courbevoie, et ils se sont
portés en masse sur Nanterre , Rueil et Bou-
gival, en même temps une colonne descendait
du nord sur Bezons, Château-Croissy.
Le mont Valérien, dès le point du jour, a
ouvert son feu sur les colonnes et chaque bou¬
let qui tombait sur elles mettait en fuite les
groupes atteints. Les insurgés ont cherché
alors un refuge dans Nanterre, Rueil et Bou-
gival et ils ont essayé d'attaquer nos positions.
Les brigades Garnier , Daudel, Dumont avec
deux batteries de réserve de douze les ont vive¬
ment canonnés et les ont bientôt obligés de
lâcher prise.
Le général Vinoy, qui s'était porté sur les
lieux, et qui avait à sa droite la cavalerie du
général Dubreuil, ayant menacé de les tourner,
ils se sont dispersés en désordre et ont laissé en
fuyant le terrain couvert de leurs morts et de
leurs blessés : c'était une affreuse déroute. Au
même instant, à l'extrémité opposée de ce
champ de bataille, les insurgés attaquaient vers
Sèvres, Meudon et le petit Bicêtre en nombre
considérable. Ils ont rencontré, sur ces points,
la brigade Lamazieuze et l'infanterie du corps
de gendarmes. Ces derniers sont entrés dans
Meudon, fusillé par les fenêtres, et sé sont com¬
portés avec une admirable valeur. Us ont délogé
les insurgés qui ont laissé un grand nombre de
morts dans les rues de Meudon. A droite les
marins du général Bruat et la brigade Dérojat,
de la division Faron, ont enlevé le petit Bicêtre
sous les yeux de l'amiral Pothuau qui s'était
transporté en cet endroit et les dirigeait.
La journée s'est terminée par la fuite désor¬
donnée des insurgés vers la redoute de Châ¬
tillon. Leur dispersion et leur fuite précipitée
sont cause qu'il y a eu plus de morts que de
prisonniers. Cette journée, qui aura coûté de
grandes perles à ces aveugles, menés par des
malfaiteurs, sera décisive par le sort de l'insur¬
rection. Tout fait espérer qu'elle ne sera pas
longtemps à sentir son impuissance et à débar¬
rasser Paris de sa présence.
Versailles , 3 avril , 10 h. du soir.
Le ministre de l'intérieur à MM. les préfets.
Les insurgés de Paris sont sortis ce matin
en grand nombre et se sont dirigés sur Ver¬
sailles en plusieurs colonnes avec artillerie.
Ils ont été mis en déroute sur tous les points
et ont subi des pertes sérieuses. Flourens a
été tué dans la lutte.
L'armée est pleine d'enthousiasme; elle s'est
conduite admirablement et témoigne l'intention
d'en finir avec des factieux, dont la conduite ,
aujourd'hui dévoilée , révolte tous les honnê¬
tes gens.
Versailles , le 4 avril, à 11 h. 35 m..du m.
Intérieur à Préfets.
circulaire.
Les insurgés ont éprouvé un dernier et dé¬
cisif échec.
Les troupes ont enlevé avec un entrain ad¬
mirable la redoute de Châtillon qu'ils occu¬
paient. Plus de deux mille prisonniers ont été
emmenés à Versailles. Leurs principaux chefs,
Flourens et le général Duval, ont péri. Henry,
chef de légion est prisonnier.
Dans l'intérieur de Paris, il n'y a pas eu de
cambats, mais la consternation du comité et
de ses adhérents est manifeste.
Assi a été incarcéré.par les siens; 22 mem¬
bres de la Commune ont donné leur démission.
Tout fait espérer une prochaine et heureuse
solution.
Versailles, 4 avril, 12 h. 55 m, s.
Chef du pouvoir exécutif aux préfets sous-pré-
feis, Généraux commandant divisions et
subdivisions militaires, procureurs géné¬
raux de la République et toutes les autori¬
tés civiles et militaires.
CIRCULAIRE :
Les opérations de la journée d'hier ont été
terminées ce matin avec la plus grande vigueur.
Les troupes étaient restées devant la redoute
de Châtillon où des travaux considérables
avaient été faits contre les Prussiens.
A 5 h. du matin, la brigade Durojat et la
division Pellet, était en face de cet ouvrage im¬
portant.
Deux batteries de 12 étaient chargées d'en
atteindre le feu. Les troupes dans leur ardeur
n'ont pas voulu attendre que ces batteries eus¬
sent accompli leur tâche, elles ont enlevé la
redoute au pas de course ; elles ont eu quel¬
ques blessés et ont fait quinze- cents prison¬
niers.
Deux généraux improvisés par les révoltés
l'un appelé Duval a été tué et l'autre appelé
Henry a été fait prisonnier.
La cavalerie qui escortait les prisonniers a
eu la plus grande peine à son entrée à Versail¬
les à les protéger contre l'irritation populaire.
Jamais la basse démagogie n'avait offert aux
regards affligés des honnêtes gens, des visages
plus ignobles.
L'armée poursuit sa marche sur Châtillon
et Clamart, le brave général Pellet, un des
meilleurs officiers de l'armée a été blessé à la
cuisse d'un éclat d'obus.
Les troupes réunies aux portes de Marseille
pour y faire cesser la triste parodie de la com¬
mune de Paris se sont emparés ce matin de la
gare du chemin de fer et sont en marche vers
la préfecture.
Versailles , le 5 avril , à 6 h. 30 m. du s.,
reçue le 6 à 9 h. 20 m. du matin.
Le chef du pouvoir exécutif à MM. les
préfets, etc.
Un nouvel et important sutcès vient de mar¬
quer le rétablissement successif de l'ordre :
c'est la chute de la commune à Marseille.
Le général Espivent est entré à Marseille en
occupant de vive force la gare du chemin de
fer et divers points de la ville. Restait la pré¬
fecture , bâtiment carré qui formait une sorte
de citadelle. Les marins débarqués de la fré¬
gate cuirassée qui stationnait devant Marseille
ont pénétré, la hache d'abordage à la main ,
dans le bâtiment de la préfecture, ont fait 500
prisonniers et mis fin au règne des parodistes
de la commune de Paris. De nombreux coupa¬
bles ont été arrêtés et justice en sera faite par
l'application des lois. Ainsi, toutes les grandes
villes sont aujourd'hui ralliées autour du gou¬
vernement librement élu du pays.
A Limoges s'est produit une émotion peu
dangereuse; mais les communistes de cette
ville, jaloux de se montrer à la hauteur des
communistes de Paris, ont assassiné le colonel
du régiment des cuirassiers qui était cantonné
dans le département. La répression va suivre
de près ce lâche assassinat.
Devant Paris, nous avons achevé de couron¬
ner tout le plateau de Châtillon. Un feu de peu
d'effet s'est échangé entre la redoute de Châ¬
tillon conquise par les défenseurs de l'ordre
et les forts d'Issy et de Vanves. Le Gouverne¬
ment croyant d'épargner le sang de l'armée,
n'a pas voulu ordonner l'attaque de ces forts
dont le sort est lié avec celui de Paris et qui
tomberont avec la grande capitale quand le
moment en sera venu. Les insurgés qui ne peu¬
vent plus se dire vainqueurs sont consternés.
Us se proscrivent les uns les autres en attendant
que abandonnés de toutes les populations , ils
trouvent la fin qu'ils ont mérité. Tels sont les
faits d'hier et d'aujourd'hui rapportés avec
l'exactitude dont le gouvernement est réso'u
à ne jamais s'écarter.
EXTRAITS DU JOURNAL OFFICIEL
DE LA COMMDNE DE PARIS.
Commune de Paris.
a la garde nationale de paris.
Les conspirateurs royalistes ont attaqué.
Malgré la modération de notre attitude, ils
ont attaqué.
Ne pouvant plus compter sur l'armée fran¬
çaise, ils ont attaqué avec les zouaves pontifi¬
caux et la police impériale.
Non contents de couper les correspondances
avec la province et de faire de vains efforts
pour nous réduire par la famine, ces furieux
ont voulu imiter jusqu'au bout les Prussiens et
bombarder la ville.
Ce matin les chouans de Charrette, les Ven¬
déens de Cathelineau, les Bretons de Trochu,
flanqués des gendarmes de Valentin, ont cou¬
vert de mitraille et d'obus le village inoffensif
de Neuilly et engagé la guerre civile avec nos
gardes nationaux.
Il y a eu des morts et des blessés.
Elus par la population de Paris, notre devoir
est de défendre la grande cité contre ces coupa¬
bles agressions ; avec votre aide nous la dé¬
fendrons.
Paris, 2 avril 1871.
La commission exécutive.
Bergeret, Eudes, Duval, Lefrançais,
Félix Pyat, Tridon, Vaillant.
Dépèches télégraphiques.
Paris, 2 avril 1871, 5 h. 30 m. du soir.
Place à commission exécutive.
Bergeret est à Neuilly. D'après rapport, le
feu de l'ennemi a cessé. Esprit des troupes
excellent. Soldats de ligne arrivent tous et dé¬
clarent que, sauf les officiers supérieurs, per¬
sonne ne veut se battre. Colonel de gendarme¬
rie qui attaquait, tué.
Le colonel, chef d'état-major,
henri.
Une pension de jeunes filles, qui sortait de
l'église de Neuilly, a été littéralement hachée
par la mitraille des soldats de MM. Favre et
Thiers.
La commune de Paris,
Considérant que les hommes du Gouverne¬
ment de Versailles ont ordonné et commencé
la guerre civile, attaqué Paris, tué et blessé des
gardes nationaux, des soldats de la ligne, des
femmes et des enfants.
Considérant que ce crime a été commis avec
préméditation et guet-apens contre tout droit
et sans provocation.
décrète :
Art. 1er. MM. Thiers, Favre, Picard,Dufaure,
Simon et Pothuau sont mis en accusation.
Art. 2. Leurs biens seront saisis et mis sous
séquestre, jusqu'à ce qu'ils aient comparu de¬
vant la justice du peuple.
Les délégués de la justice et de la sûreté gé¬
nérale sont chargés de l'exécution du présent
décret.
La commune de Paris.
La commune de Paris adopte les familles des
citoyens qui ont succombé ou succomberont en
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