Titre : La Lorraine artiste / directeur E. Goutière-Vernolle
Éditeur : [s.n.] (Nancy)
Date d'édition : 1900-04-01
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34428270p
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 01 avril 1900 01 avril 1900
Description : 1900/04/01 (A18,N1). 1900/04/01 (A18,N1).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k8236424k
Source : Bibliothèques de Nancy, 755 814
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 01/07/2022
18<"° Année — N> 1.
1er Avril 1GOO-
IvA LORRAINE^*
ARTISTE, LITTÉRAIRE, INDUSTRIELLE ~ ~ ~
BI-MENSLlEhhE
gUKEAUXi^VENUE j^AKCEL '* » @ ]S[ANCY @ @ @ ® @ ®
CAUSERIE DE QUINZAINE.
ET si, tout de même, on taillait une
petite bavette ? Voyons : sans être
bavard, cancanier, clabaudeur,
gazouillard, pie, commère ou
trompette de quartier; sans caqueter, jacas-
ser, lantiponner, babiller, confabuler ou
jaspiner ; sans aller jusqu'à la fluidité, la
garrulité ou la logodiarrhée, on peut cepen-
dant bien s'égarer ensemble en quelques
périphrases gaies, et suivre de concert les
sentiers fleuris et tortueux de la digression.
Seulement, il faudrait, non moins que la
grippe même, fuir le bênet, soliloquetcux et
dégingandé monologue. Se planter devant
une belle feuille, blanche comme un plastron
de chemise de noce, et se mettre à défiler
des phrases, jeunes, naïves et convaincues,
avec un mot qui tintinnabule au bout de
la queue; faire le beau — et bon jeune
homme ; faire son petit Coquebin cadet ou
son grand Cocquefredouillc, suivant la pitto-
resque expression de Mme Deshoulières; ah !
non ! pas la tirade du répertoire ; pas le
Dcsgenais qui moralise, pas la causerie-
Desgenais.
Rions un peu et parlons tous à la fois.
— Mais, me direz-vous certainement :
« Comment voulez-vous que nous dialo-
guions, puisque dans cette prétendue cause-
rie, c'est vous qui tenez tout le temps le
crachoir — ou plutôt l'écritoire ? »
— D'abord, vous voyez bien qu'on peut
dialoguer, puisque vous venez de m'inter-
rompre et de me poser une objection
spécieuse, — avec une pointe d'aigreur qui
m'afflige — ensuite je vais vous expliquer
mon idée.
De même qu'il n'est pas indispensable
pour jouer aux échecs de se trouver en face
du même échiquier, et que l'on voit jour-
nellement — par les journaux — des parties
brillantes et passionnées se jouer entre deux
partenaires qui ne se voient pas, et parfois
même ne se sont jamais vus;
De même, que deux causeurs peuvent
échanger de joyeux propos ou de sages
réflexions, tout en se trouvant respective-
ment dans deux villes différentes, grâce à
un moyen de communication qui s'appelle
le téléphone ;
De même, chers lecteurs, nous pouvons,
grâce à la prévoyance de Louis XI qui
inventa la poste (ce qui est faux d'ailleurs),
entamer et poursuivre une conversation
qui sera d'autant plus intéressante que j'y
mettrai moins du mien et d'autant moins
terne que vous y mettrez plus du vôtre.
Ecoutez deux personnes qui s'abordent
dans la rue et quatre-vingt-dix fois sur cent
vous entendrez ceci :
— « Bonjour cher Monsieur ; comment
allez-vous... merci... et quoi de neuf?
— « Bonjour chère Madame ? Comment
se trouve votre santé ?
— Vous êtes bien aimable... et quelles
nouvelles ?
— « Bonjour vieux ? Ça biche ? Oniil
nffvi ? . . '
Tous ces gens là, soyez-en sûrs, — ne se
préoccupent pas tant d'apprendre du nouveau
1er Avril 1GOO-
IvA LORRAINE^*
ARTISTE, LITTÉRAIRE, INDUSTRIELLE ~ ~ ~
BI-MENSLlEhhE
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CAUSERIE DE QUINZAINE.
ET si, tout de même, on taillait une
petite bavette ? Voyons : sans être
bavard, cancanier, clabaudeur,
gazouillard, pie, commère ou
trompette de quartier; sans caqueter, jacas-
ser, lantiponner, babiller, confabuler ou
jaspiner ; sans aller jusqu'à la fluidité, la
garrulité ou la logodiarrhée, on peut cepen-
dant bien s'égarer ensemble en quelques
périphrases gaies, et suivre de concert les
sentiers fleuris et tortueux de la digression.
Seulement, il faudrait, non moins que la
grippe même, fuir le bênet, soliloquetcux et
dégingandé monologue. Se planter devant
une belle feuille, blanche comme un plastron
de chemise de noce, et se mettre à défiler
des phrases, jeunes, naïves et convaincues,
avec un mot qui tintinnabule au bout de
la queue; faire le beau — et bon jeune
homme ; faire son petit Coquebin cadet ou
son grand Cocquefredouillc, suivant la pitto-
resque expression de Mme Deshoulières; ah !
non ! pas la tirade du répertoire ; pas le
Dcsgenais qui moralise, pas la causerie-
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Rions un peu et parlons tous à la fois.
— Mais, me direz-vous certainement :
« Comment voulez-vous que nous dialo-
guions, puisque dans cette prétendue cause-
rie, c'est vous qui tenez tout le temps le
crachoir — ou plutôt l'écritoire ? »
— D'abord, vous voyez bien qu'on peut
dialoguer, puisque vous venez de m'inter-
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spécieuse, — avec une pointe d'aigreur qui
m'afflige — ensuite je vais vous expliquer
mon idée.
De même qu'il n'est pas indispensable
pour jouer aux échecs de se trouver en face
du même échiquier, et que l'on voit jour-
nellement — par les journaux — des parties
brillantes et passionnées se jouer entre deux
partenaires qui ne se voient pas, et parfois
même ne se sont jamais vus;
De même, que deux causeurs peuvent
échanger de joyeux propos ou de sages
réflexions, tout en se trouvant respective-
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le téléphone ;
De même, chers lecteurs, nous pouvons,
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