Titre : Bastia-Journal : quotidien, politique et littéraire
Éditeur : [s.n.] (Bastia)
Date d'édition : 1888-01-06
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32710201z
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 06 janvier 1888 06 janvier 1888
Description : 1888/01/06 (N627). 1888/01/06 (N627).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG20 Collection numérique : BIPFPIG20
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Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k32558408
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-11911
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 17/04/2019
^ g ° Quotidien, Politique et Littéraire ^ g *
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le Lycée).
Les manuscrits non insérés ne seront pas rendus.
2 m * ANNÉE. — N° 627
VENDREDI 6 JANVIER 1888. - Epiphanie.
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J
LIME JOSEPH SANTI
EN TOUS GENRES
A LA MINUTE
2 fr. 30 le cent
Envoi franco dam toute la Corse
« B asti a-Journal » commencera
dimanche la publication d’une sé
rie de nouvelles dues à la plume
de notre ancien collaborateur PA-
TRIA.
le lion do Molli
tel est le titre de la première nou
velle qui p&raîiitt drm^dhot'- * • •
Nous avions chassé toute la jour
née : le soir, près du feu, nos grands
chiens paresseusement étendus de
vant nos pieds, nous nous racon
tions des histoires en fumant.
Vous devinez les récits fantasti
ques qui se croisaient ; chacun at
tendait son tour avec impatience ;
saint Hubert, du haut du ciel sa
demeure dernière, devait se pâmer
d’aise à nos récits cynégétiques, et
la Gascogne, par nos hâbleries,
était distancée de cent piques.
Seul, Valerio ne disait rien.
Triste chasseur que ce Valério.
Dès que, le matin, on s’était mis
en chasse, il avait pris nonchalam
ment le fusil qu’on lui avait tendu,
et pendant que nous nous élancions
à travers bois, champs et guérets,
il s’asseyait à l’ombre d’un arbre et
se mettait à lire et à réver.
Nous le retrouvâmes au rendez-
vous pour le déjeuner et pour le
souper : mais à la fusillade on ne
le vit oncques.
Cependant les contes commen
cèrent à devenir plus rares, quand
Néronde, mon voisin, dit à Valério,
en l’interpellant :
— Et vous ! cher Monsieur, n’a
vez-vous pas quelque histoire à nous
conter ?
— Messieurs, je ne suis pas chas
seur, et je ne saurais vous olïrir
une de ces merveilleuses histoires
que j’ai écoutées avec tant d’inté
rêt ; mais si vous le voulez bien je
vous conterai un épisode de la
guerre de 1870, certainement aussi
authentique que tout ce que je viens
d’entendre.
— Oh! fîmes-nous, par pudeur
pour les mensonges que nous avions
débités.
— Ne protestez pas, vous jugerez
ensuite.
C’était en décembre 1870, Paris
était investi ; la campagne, com
plètement couverte d’un vaste man
teau de neige, avait un aspect at
tristant et rappelait la funeste re
traite de Russie. Cependant Noël
était venu, et malgré le manque de
vivres, qui se faisait sentir, la com
pagnie de francs-tireurs à laquelle
j’appartenais et qui occupait la
dernière maison de garde-barrière
sur le chemin de fer d’Orléans, fit
un festin assez complet. Quels ani
maux en firent la base ? des chats,
des chiens, des rats? je ne saurais
le dire, seul notre clairon, qui était
en même temps notre cuisinier,
aurait pu éclaircir ce mystère : le
vin et l’eau-de-vie aidant , on se
trouva vers minuit assez gai ; mais
notre lieutenant qui avait une tête
de fer, donna le signal de la retrai
te, et chacun s’en fut s’étaler sur le
plancher dénudé qui depuis le com
mencement de la campagne nous
servait de lit.
Tout le monde ne tarda pas à
s’endormir, sauf moi pourtant : une
idée singulière me saisit : celle
d’aller chercher quelque aventure.
Je pris mon fusil, me glissai ina
perçu, et une fois au dehors, je
suivis d’abord la ligne du chemin
de fer où je fus arrêté par la senti
nelle de notre compagnie.
— Où vas-tu ? me dit-il.
— Laisse-moi faire, lui répondis-
je ; j’ai envie de descendre un ou
deux Prussiens, en guise d’oies de
Noël.
Après quelques pourparlers, il me
laissa aller, en me montrant la
droite :
^ Quand tu auras dépassé Vitry,
tu trouveras de quoi t’amuser.
J’allai dans la direction qu’il m’a
vait montrée ; et j’avais dépassé
Vitry, lorsque je vis une forte pa
trouille prussienne qui venait dans
ma direction.
Il y aurait eu cinq ou six hommes,
que je n’eusse pas hésité à les atta
quer ; mais engager le feu avec une
cinquantaine d’hommes était une
folie.
Je repliai sur Vitiy, et entrai
dans une maison à deux étages.
Vous vous souvenez comment
étaient alors les maisons autour de
Paris : dépourvues de portes, de fe
nêtres, de persiennes, elle ressem
blaient au crâne desséché de quelque
monstre antédiluvien.
Entré au rez-de-chaussée, je m’ef
façai dans la pénombre ; mais bien
tôt, j’entendis les pas assourdi? de
la patrouille, et une voix dire :
— Er ist da. (il est là).
Aussitôt je grimpai l’escaiier et je
me trouvai au premier étage: j’en
tendis les hottes prussiennes me
suivre.
J’arrivai au deuxième étage, on
me suivait toujours.
Alors, je passai mon fusil en ban
doulière, et allant à la fenêtre qui
donnait dans le jardin, où il n’y
avait personne, la troupe, à l’excep
tion de ceux qui me poursuivaient,
étant demeurée dans la rue, je pris
la résolution de m’accrocher après
l’appui en fer et de rester suspendu
jusqu’après le départ de mes enne
mis.
Mais j’avais fait un faux calcul, et
une fois suspendu, je sentis la barre
de fer céder lentement sous mon
DOids.
X '
Au moment où elle allait se briser,
un officier parut à la fenêtre et m’ap
puyant le canon de son révolver sur
le front il s’écria :
— Spitzbuh, dein letzler Tag ist
a ngekommenl (Coquin, ton dernier
jour est arrivé !j
Alors faisant un effort désespéré,
je...
—Vous... nous écriâmes-nous hale
tants...
— Je m’éveillai, fit tranquillement
Valério, car c’était tout bonnement
un rêve que les libations un peu
exagérées du souper m’avaient pro
curé.
Nous éclatâmes de rire de bon
cœur, enchantés de voir qu’on pou
vait mentir sans être chasseur.
Louis de Vallières.
142
LA ESUECÏ1
DE RÛCÂiBOLE
PREMIÈRE PARTIE
ANTOINETTE
XXXIY
Il avait donc fait ce jour-là comme de
coutume et il était allé tout droit à la
rue de Suresnes en quittant Antoinette.
A la porté de sa maison, il fut assez
étonné de voir le phaéton à deux che
vaux de son oncle Karle.
Un des deux grooms lui dit :
— M. le vicomte attend M. le baron
chez lui.
Agénor eut un battement de coeur ; il
monta lestement l’escalier et atteignit
l’ent resol.
ü«proouaS)Q.n ibs*ra
C’était là qu’était son appartement de
i garçon.
I M. le vicomte Karle de Morlux atten-
j dait son neveu au coin du feu, dans le
! fumoir, un puros aux lèvres, comme s’il
i n’avait eu que trente ans.
| — Eh bien ! jeune amoureux, lui dit-il
| en le voyant entrer, tu ne t’attendais pas
1 à me trouver ici ?
— Non, mon oncle.
— Et tu ne sais pas ce que j’y viens
faire ?
— Non, mon oncle.
— Je viens te parler de ton mariage.
Agénor rougit :
— Mon père vous a donc tout dit ?
— Oui, répondit Karle, et je suis ravi.
— De mon mariage ?
— De l’intention que tu as de te ma
rier, du moins.
Quand tu seras dans ton ménage, ton
père et moi serons tranquilles et ne
craindrons plus que tu n’épouses quel
que demoiselle scandaleuse qui te dés
honorerait.
— Ah ! mon oncle, dit l’amoureux
Agénor, si vous saviez comme elle est
jolie.
— Tant mieux !
— Et spirituelle...
— Tant mieux encore I
— Ainsi, vous m’approuvez ?
— De point en point. Ne te l’ai-je pas
déjà prouvé ?
— Comment cela ? fit Agénor, en ou
vrant de grands yeux,
— Tu as pourtant vu ton père dans la
journée ?
— Sans doute.
— Et il a dû te dire que je m’étais oc
cupé du protégé de ton Antoinette... de
Milon,
— Ah ! c’est juste, pardonnez-moi,
mon oncle, car je perds un peu la tête...
Mais... du reste... je crois qu’on vous a
mal renseigné.
— Hein ? fit M. de Morlux en tres
saillant.
— Oui, mon oncle... Je crois que vous
n’aurez pas besoin de demander la grâ
ce de Milon...
— Plaît-il ?
— Figurez-vous, poursuivit Agénor
avec volubilité, que j’ai vu ce soir made
moiselle Antoinette... Oh ! par hasard...
je l’ai rencontrée... et tandis que nous
causions, elle a jeté un cri en me mon
trant un homme dans une voiture...
C’était Milon !
M. Karle de Morlux fit un bond sur son
siège : mais Agénor n’y prit pas garde
et continua.
— Mademoiselle Antoinette et moi
nous sommes montés dans mon coupé,
et nous avons suivi cette voiture ; mais
impossible de la rattrapper, et nous
avons fini par la perdre de vue.
M. Karle de Morlux respira.
Tandis que son neveu parlait, il avait
cru un moment tout perdu. Milon à Pa
ris, retrouvant Antoinette et présenté à
son neveu, cetait l’anéantissement com
plet de tous ses plans, surtout si on son
geait que Milon avait derrière lui un
homme dont Timoléon avait parlé et
qni répondait au nom de Rocambole.
— Mais, reprit Agénor, tandis que M.
de Morlux, un moment agité, letiouvait
son impassibilité ordinaire, nous le re
trouverons, soyez tranquille. Paris n’est
pas si grand pour un Parisien comme
moi.
— Ce que tu me dis là est bien ex
traordinaire, dit Karle avec calme en
regardant son neveu.
— Pourquoi cela mon oncle ?
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TRIA.
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Nous avions chassé toute la jour
née : le soir, près du feu, nos grands
chiens paresseusement étendus de
vant nos pieds, nous nous racon
tions des histoires en fumant.
Vous devinez les récits fantasti
ques qui se croisaient ; chacun at
tendait son tour avec impatience ;
saint Hubert, du haut du ciel sa
demeure dernière, devait se pâmer
d’aise à nos récits cynégétiques, et
la Gascogne, par nos hâbleries,
était distancée de cent piques.
Seul, Valerio ne disait rien.
Triste chasseur que ce Valério.
Dès que, le matin, on s’était mis
en chasse, il avait pris nonchalam
ment le fusil qu’on lui avait tendu,
et pendant que nous nous élancions
à travers bois, champs et guérets,
il s’asseyait à l’ombre d’un arbre et
se mettait à lire et à réver.
Nous le retrouvâmes au rendez-
vous pour le déjeuner et pour le
souper : mais à la fusillade on ne
le vit oncques.
Cependant les contes commen
cèrent à devenir plus rares, quand
Néronde, mon voisin, dit à Valério,
en l’interpellant :
— Et vous ! cher Monsieur, n’a
vez-vous pas quelque histoire à nous
conter ?
— Messieurs, je ne suis pas chas
seur, et je ne saurais vous olïrir
une de ces merveilleuses histoires
que j’ai écoutées avec tant d’inté
rêt ; mais si vous le voulez bien je
vous conterai un épisode de la
guerre de 1870, certainement aussi
authentique que tout ce que je viens
d’entendre.
— Oh! fîmes-nous, par pudeur
pour les mensonges que nous avions
débités.
— Ne protestez pas, vous jugerez
ensuite.
C’était en décembre 1870, Paris
était investi ; la campagne, com
plètement couverte d’un vaste man
teau de neige, avait un aspect at
tristant et rappelait la funeste re
traite de Russie. Cependant Noël
était venu, et malgré le manque de
vivres, qui se faisait sentir, la com
pagnie de francs-tireurs à laquelle
j’appartenais et qui occupait la
dernière maison de garde-barrière
sur le chemin de fer d’Orléans, fit
un festin assez complet. Quels ani
maux en firent la base ? des chats,
des chiens, des rats? je ne saurais
le dire, seul notre clairon, qui était
en même temps notre cuisinier,
aurait pu éclaircir ce mystère : le
vin et l’eau-de-vie aidant , on se
trouva vers minuit assez gai ; mais
notre lieutenant qui avait une tête
de fer, donna le signal de la retrai
te, et chacun s’en fut s’étaler sur le
plancher dénudé qui depuis le com
mencement de la campagne nous
servait de lit.
Tout le monde ne tarda pas à
s’endormir, sauf moi pourtant : une
idée singulière me saisit : celle
d’aller chercher quelque aventure.
Je pris mon fusil, me glissai ina
perçu, et une fois au dehors, je
suivis d’abord la ligne du chemin
de fer où je fus arrêté par la senti
nelle de notre compagnie.
— Où vas-tu ? me dit-il.
— Laisse-moi faire, lui répondis-
je ; j’ai envie de descendre un ou
deux Prussiens, en guise d’oies de
Noël.
Après quelques pourparlers, il me
laissa aller, en me montrant la
droite :
^ Quand tu auras dépassé Vitry,
tu trouveras de quoi t’amuser.
J’allai dans la direction qu’il m’a
vait montrée ; et j’avais dépassé
Vitry, lorsque je vis une forte pa
trouille prussienne qui venait dans
ma direction.
Il y aurait eu cinq ou six hommes,
que je n’eusse pas hésité à les atta
quer ; mais engager le feu avec une
cinquantaine d’hommes était une
folie.
Je repliai sur Vitiy, et entrai
dans une maison à deux étages.
Vous vous souvenez comment
étaient alors les maisons autour de
Paris : dépourvues de portes, de fe
nêtres, de persiennes, elle ressem
blaient au crâne desséché de quelque
monstre antédiluvien.
Entré au rez-de-chaussée, je m’ef
façai dans la pénombre ; mais bien
tôt, j’entendis les pas assourdi? de
la patrouille, et une voix dire :
— Er ist da. (il est là).
Aussitôt je grimpai l’escaiier et je
me trouvai au premier étage: j’en
tendis les hottes prussiennes me
suivre.
J’arrivai au deuxième étage, on
me suivait toujours.
Alors, je passai mon fusil en ban
doulière, et allant à la fenêtre qui
donnait dans le jardin, où il n’y
avait personne, la troupe, à l’excep
tion de ceux qui me poursuivaient,
étant demeurée dans la rue, je pris
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Mais j’avais fait un faux calcul, et
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X '
Au moment où elle allait se briser,
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—Vous... nous écriâmes-nous hale
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— Je m’éveillai, fit tranquillement
Valério, car c’était tout bonnement
un rêve que les libations un peu
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Nous éclatâmes de rire de bon
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142
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XXXIY
Il avait donc fait ce jour-là comme de
coutume et il était allé tout droit à la
rue de Suresnes en quittant Antoinette.
A la porté de sa maison, il fut assez
étonné de voir le phaéton à deux che
vaux de son oncle Karle.
Un des deux grooms lui dit :
— M. le vicomte attend M. le baron
chez lui.
Agénor eut un battement de coeur ; il
monta lestement l’escalier et atteignit
l’ent resol.
ü«proouaS)Q.n ibs*ra
C’était là qu’était son appartement de
i garçon.
I M. le vicomte Karle de Morlux atten-
j dait son neveu au coin du feu, dans le
! fumoir, un puros aux lèvres, comme s’il
i n’avait eu que trente ans.
| — Eh bien ! jeune amoureux, lui dit-il
| en le voyant entrer, tu ne t’attendais pas
1 à me trouver ici ?
— Non, mon oncle.
— Et tu ne sais pas ce que j’y viens
faire ?
— Non, mon oncle.
— Je viens te parler de ton mariage.
Agénor rougit :
— Mon père vous a donc tout dit ?
— Oui, répondit Karle, et je suis ravi.
— De mon mariage ?
— De l’intention que tu as de te ma
rier, du moins.
Quand tu seras dans ton ménage, ton
père et moi serons tranquilles et ne
craindrons plus que tu n’épouses quel
que demoiselle scandaleuse qui te dés
honorerait.
— Ah ! mon oncle, dit l’amoureux
Agénor, si vous saviez comme elle est
jolie.
— Tant mieux !
— Et spirituelle...
— Tant mieux encore I
— Ainsi, vous m’approuvez ?
— De point en point. Ne te l’ai-je pas
déjà prouvé ?
— Comment cela ? fit Agénor, en ou
vrant de grands yeux,
— Tu as pourtant vu ton père dans la
journée ?
— Sans doute.
— Et il a dû te dire que je m’étais oc
cupé du protégé de ton Antoinette... de
Milon,
— Ah ! c’est juste, pardonnez-moi,
mon oncle, car je perds un peu la tête...
Mais... du reste... je crois qu’on vous a
mal renseigné.
— Hein ? fit M. de Morlux en tres
saillant.
— Oui, mon oncle... Je crois que vous
n’aurez pas besoin de demander la grâ
ce de Milon...
— Plaît-il ?
— Figurez-vous, poursuivit Agénor
avec volubilité, que j’ai vu ce soir made
moiselle Antoinette... Oh ! par hasard...
je l’ai rencontrée... et tandis que nous
causions, elle a jeté un cri en me mon
trant un homme dans une voiture...
C’était Milon !
M. Karle de Morlux fit un bond sur son
siège : mais Agénor n’y prit pas garde
et continua.
— Mademoiselle Antoinette et moi
nous sommes montés dans mon coupé,
et nous avons suivi cette voiture ; mais
impossible de la rattrapper, et nous
avons fini par la perdre de vue.
M. Karle de Morlux respira.
Tandis que son neveu parlait, il avait
cru un moment tout perdu. Milon à Pa
ris, retrouvant Antoinette et présenté à
son neveu, cetait l’anéantissement com
plet de tous ses plans, surtout si on son
geait que Milon avait derrière lui un
homme dont Timoléon avait parlé et
qni répondait au nom de Rocambole.
— Mais, reprit Agénor, tandis que M.
de Morlux, un moment agité, letiouvait
son impassibilité ordinaire, nous le re
trouverons, soyez tranquille. Paris n’est
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