Titre : La Croix de Tarn-et-Garonne : journal hebdomadaire paraissant le dimanche
Éditeur : [s.n.] (Montauban)
Date d'édition : 1902-04-06
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32753120h
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 06 avril 1902 06 avril 1902
Description : 1902/04/06 (A11,N513). 1902/04/06 (A11,N513).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG82 Collection numérique : BIPFPIG82
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bd6t53798240f
Source : Archives départementales du Tarn-et-Garonne, PER 4
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2023
Onzième aimée. — N* §13. Le Numéro : g centimes Dimanche 6 avril 1 $02
DE TARN-ET-GARO
Jourrial populaire paraissant le* dimanche
ioa et
MO:NTAUBAN 4, nize ï>or*te-aia.-]M[oiistier*,^^i;0]N'fX,A.XJ]BA.IN'
Par ce Signe vous vaincrez
< limer les loues, immsier l'orreor » |
Saint Augustin. I
Je considère le Journal Catholique
comme une mission perpétuelle.
(Parole de S. S. Léon XIII.
Pensée du Jou"
Nous obtiendrons un gouvernement hon-
nête, en choisissant pour nous gouverner des
hommes honnêtes, consciencieux et capables.
Aussi, c'est un devoir de voter aux elec-
tions, et c'est un péché de mal voter.
Car en votant mal, nous choisissons pour
nous gouverner des ennemis de Dieu et de la
religion, et par conséquent des ennemis du
pays.
Comment 1 nous sommes dans un pays ca-
tholique en très grande majorité, qui veut la
religion : beaucoup la pratiquent pendant
toute leur vie, presque tous l'appellent à leur
naissance, à Leur première communion, à
leur mariage, au chevet de Leur agonie, et
cette religion est proscrite par les élus du
suffrage universel ?
Nous sommes dans un pays catholique :
les parents, même peu chrétiens, veulent que
leurs enfants apprennent le catéchisme, et
fassent Leur première communion ; et les élus
du suffrage universel prennent par force,
par menace, par famine, les parents et les
enfants, et les obligent de subir et de suivre
un enseignement qui violente leur conscience
et leur Liberté ?
Nous sommes passionnés pour le droit
commun dans nos temps démocratiques, et
Us élus Au suffrage universel spolient nos
communautés religieuses, par des impôts
ruineux, qui font payer vingt fois, cent fois
des droits sur une succession qui n'existe pas.
Comment expliquer ces contradictions en-
tre le vote et les actes des votants ? Comment?
Par l'erreur, l'ignorance, la tromperie : par
les trois à la fois.
Mgr Gouthh-Soulakd.
LES BONS SERVICES
DE
M. WALDECK-ROUSSEAU
M. Waldeck-Rousseau a rendu un
vrai service, ou plutôt il en a rendu
deux. Le premier, c'est par son atti-
tude et par sa politique d'amener le
départ entre les radicaux honteux et I
les libéraux sincères, entre les vrais
et les faux modérés. Jusqu'ici, il y
avait entre les partis une masse con-
fuse de politiciens retors qui oscil-
laient de droite à gauche, parlant
deux langages, ayant deux visages;
souriant aux radicaux, souriant aux
modérés tour à tour, suivant que les
radicaux ou les modérés étaient les
maîtres. La fameuse concentration
républicaine leur servait à la fois
d'abri et de masque. Ils ne savaient
pas exactement qui ils étaient et avec
qui ils étaient, ni jusqu'où ils iraient
La politique de défense républicaine
les a forcés de faire un choix. Nous
connaissons enfin ces faux bons-
hommes de la concentration républi-
caine, ces politiciens à tout faire.
Tous ceux qui ont suivi M. Wal-
deck-Housseau sont ses complices,
car ils se sont associés à toutes les
atteintes qui ont été portées contre la
liberté, contre l'armée, contre la pa-
trie.
Quand ils se présenteront devant
le suffrage universel, le pays leur
dira : je vous ai va à l'œuvre, je vous
connais, pas de paroles doucereuses,
les masques son tombés ; vous êtes
les protecteurs de Dreyfus !
Voilà le premier service. Il en est
un second.
Ce pays était dans un état d'inertie
et de torpeur étrange. On sait ce
qu'ont été les dix dernières années,
et la torpeur profonde qui s'était etn-
parée de tous. Les élections de 1893,
celles de î 898 se sont faites au milieu
de l'indifférence; pas un souffle de
vent n'agitait la grande mer électo-
raie. Mais, cette fois, il n'en est plus
ainsi Le pays a entendu le son du
clairon. Le pays se réveille. Tant que
la lutte politique ne s'est agitée
qu'entre partis, un peu plus à droite
ou un peu plus à gauche, il s'est
montré endurant, il a laissé faire. Il
avait tort, car ainsi se préparait ce
qui est arrivé. Mais le jour où il a vu
qu'on portait la main sur tout ce qui
est l'essence de son génie, sur ses
croyances, sur son armée, sur son
amour de la tolérance et de la liberté,
sur ce qui, enfin, touche à l'âme
même de la nation, le pays s'est ému.
L'indignation a commencé à soulever
quelques-uns, puis elle a gagné de
proche en proche, et, en ce moment,
elle s'étend sur la nation entière.
Nous ne voulons pas tomber sous le
joug des francs-maçons et des cosmo-
poli tes 1
Nous sommes des gens tolérants
qui respectons toutes les croyances
sincères, nous ne voudrions pas dire
un mot qui offense la conscience de
qui que ce soit, fût-il séparé de nous
par sa religion, ses antécédents, sa
vie, ses actes passés. Mais qu'on n'at-
tende pas que nous courbions la tête
devant la puissance des juifs, devant
la tyrannie des francs-maçons. ^
Nous sommes des croyants à qui
on a déclaré la guerre ; nous l'accep-
tons et nous ne la ferons pas seule-
ment pendant les mois qui vont s'é-
couler, mais jusqu'au jour où nous
aurons obtenu justice.
Croit-on que nous allons nous lais-
ser mettre à l'index? Pense-t-on que
nous laisserons silencieusement dé-
chirer notre histoire séculaire ? Le
christianisme est le sang de la
France; il coule dans ses veines de-
puis quatorze siècles, il l'a faite ce
qu'elle est : une grande et admirable
nation. Et vous croyez, francs-ma-
çons, cosmopolites et sectaires coali-
sés, que nous allons reculer devant
vous ? Détrompez-vous.
Ce grand nîouvement qui se pro-
duit n'a pas d'autres causes. Les uns
ont ressenti jusqu'au fond de l'âme
les atteintes portées à l'armée et à la
patrie. Les autres ont ressenti en
même temps les atteintes portées à
leurs convictions et à leurs croyan-
ces ; et tous, sans se donner le mot,
se sont levés et ont marché au com-
bat. Nous, les anciens, groupés de-
puis si longtemps autour de notre
vieux drapeau, troué de balles, nous
avons vu arriver avec joie sur le
champ de bataille ces jeunes patriotes
que l'amour de la France arrachait à
leur repos. Nous tendons la main à
ces troupes fraîches qui viennent
avec nous combattre le bon combat.
Ensemble, dans quelques semaines,
nous allons marcher de concert.
Nous, les vieux, nous essayerons de
les suivre du pas le plus alerte possi-
ble. Peut-être pourront-ils nous sur-
passer en activité; ils ne nous surpas-
seront ni" en dévouement, ni en désin-
téressement 1
Voilà le second service que M.
Waldeck-Rousseau a rendu à la
France : il l'a réveillée en portant la
main sur ses traditions séculaires ; il
l'a réveillée en froissant ses plus no-
bles et ses plus généreux instincts.
Il a réussi. Si les élections avaient
eu lieu il y a un an, je ne sais trop ce
qui serait advenu. Mais ce pays si-
lencieux et comme assoupi a très-
sailli; il a secoué la léthargie dans
laquelle il semblait perdu.
JACQUES PIOU,
Député.
Le Irfcole du Clergé
Il y a quelques jours, le juge d'instruction
de Tliiers recevait du ministère de l'Intérieur
la lettre suivante, qu'on le chargeait de remet-
tre au commandant de gendarmerie :
a. Monsieur le Commandant de gendarmerie,
« J'ai l'honneur de vous prier de demander
à chacun des curés ou desservants demeurant
dans l'étendue de votre brigade, si une ou plu-
sieurs des personnes ci-après nommées, pré-
suraêes appartenir ou avoir appartenu à la
Compagnie de Jésus, a dit la messe ou confessé
ou prêché depuis le 3 octobre dernier dans une
des chapelles légalement ouvertes ou dépen-
dant... »
Ici les noms de dix anciens jésuites; après
quoi la lettre se termine comme suit :
« Recevoir simplement la déclaration, ne
pas contrôler ni entendre d'antres témoins. »
Le bon curé, auquel cette lettre a été pré-
sentée, en a d'abord pris copie et a répondu
ceci au gendarme :
« Je tiens essentiellement que vous relatiez
que j' n'ai pas voulu vous dire mon nom.
« Puis, vous ajouterez que, ne m'occupant
pas de ce qui se passe au tribunal ou dans le
cabinet de M. le juge d'instruction, je ne lui
reconnais pas le droit de s'occuper de ce qui
passe dans mon église. »
On dit que tous les curés de l'arrondissement
de Thiers ont tenu un langage identique.
C'est un merveilleux exemple.
Refuser d'obéir à des ordres infâmes autant
que ridicules, est un droit, un devoir dont le
clergé doit nous montrer l'exemple
Le jour où le clergé sera unanime dans
cette voie, la France sera sauvée.
CHROME ELECTORALE
MONTAUBAN
C'était dans le courant de la semaine der-
nière.
Trois compères de la défense maçonnique
étaient réunis dans le cabinet de M. le préfet.
C'étaient Abraham Schramech, Capéran et
le représentant d'un journal régional.
Une discussion plutôt vive s'engagea entre
ces trois hommes.
Sehrameck sollicitait de ce correspondant
l'appui de son journal pour son candidat Ca-
péran, lui promettant, en cas de succès, de lui
abandonner la mairie, en faisant, de son ami,
le docteur Lacaze, le maire de Montauban.
Or, le susdit correspondant avait sur le
cœur le choix dn congrès, et il ne consentait
pas facilement à faire taire ses rancunes.
Toutefois, il promit de marcher, si M. Ca-
péran s'engageait à mettre dans son progrmme :
1° La suppression de la liberté d'enseigne-
ment;
2* L'impôt progressif sur le revenu.
C'était la guerre religieuse et l'avènement
du socialisme.
Or, comme M. Capéran veut être député, et
que, pour y parvenir, tous les moyens lui sont
bons, il s'empressa de souscrire à ce pacte, et,
mercredi matin, il publiait dans la Dépêche une
lettre aux électeurs, véritable programme élec-
toral, dans laquelle on a pu lire les déclarations
suivantes :
« J'approuve la loi des associa-
tions; o'est-à dire j'estime, qu'on fait bien de
chasser hors de France religieux et religieuses,
de confisquer les maisons qu'ils possèdent, de
s'emparer de leurs biens.
« Je voterai l'abrogation de la
loi Falloux; c'est à-dire je forcerai toutes
les maisons d'éducation religieuse à fermer
leurs portes, j'obligerai tous les parents chrê-
tiens à faire élever leurs enfants sans religion,
sans prêtre, sans première communion, et ils
n'auront pas d'autre Dieu que l'Etat, d'autre
frein moral que le code pénal, d'autre sanction
à leurs passions que le gendarme et la prison.
« Je voterai l'impôt sur le re-
venu; c'est-â-dire je permettrai au socialisme
de commencer son œuvre d'accaparement, je
lui livrerai la propriété individuelle, le sane-
tnaire de la famille, je pénétrerai les secrets
domestiques et je l'autoriserai à faire peser son
joug despotique sur ceux qui tenteront de lui
résister.
Et cela est signé : Charles Capéran.
Voilà donc ce sauteur politique déshabillé;
le voilà dans sa réalité, ce comédien qui se
dissimulait sous le masque d'un libéralisme
menteur, qui avait même réussi à capter la
confiance de catholiques trop crédules
Toute illusion sur son compte est maintenaat
impossible.
Il ne se contente même pas d'afficher cyni-
quement ses sentiments sectaires; il ose encore
justifier tous les actes du ministère du minis-
têre de malheur qui mène la France aux
Ecoutez son langage :
« On vous dira que ce gouvernement veut
la désorganisation de l'armée, la suppression
de nos libertés, la persécution religieuse et la
ruine de la patrie.
« Ai-je besoin de protester contre de pareilles
calomnies? »
Est-ce de l'inconscience on de la sottise?
Non, c'est le cynisme poussé à l'excès.
Calomnie, la reprise par le ministère Wal-
deck de l'affaire Dreyfus, qui, en rendant à la
liberté un misérable Judas, a autorisé tous les
attentats contre l'armée, provoqué tous les
défis de l'étranger contre la France!
Calomnie, l'exil forcé de nos religieux, l'ap-
plication de l'inique loi des associations, la
suppression prochaine de nos écoles libres et
de tontes les institutions chrétiennes 1
Calomnie, l'obligation faite aux fonctionnai-
res de penser comme pense l'Etat, de ne vou-
loir que ce que veut l'Etat, d'abdiquer l'auto-
rité paternelle devant le despotisme gouverne-
mental I
DE TARN-ET-GARO
Jourrial populaire paraissant le* dimanche
ioa et
MO:NTAUBAN 4, nize ï>or*te-aia.-]M[oiistier*,^^i;0]N'fX,A.XJ]BA.IN'
Par ce Signe vous vaincrez
< limer les loues, immsier l'orreor » |
Saint Augustin. I
Je considère le Journal Catholique
comme une mission perpétuelle.
(Parole de S. S. Léon XIII.
Pensée du Jou"
Nous obtiendrons un gouvernement hon-
nête, en choisissant pour nous gouverner des
hommes honnêtes, consciencieux et capables.
Aussi, c'est un devoir de voter aux elec-
tions, et c'est un péché de mal voter.
Car en votant mal, nous choisissons pour
nous gouverner des ennemis de Dieu et de la
religion, et par conséquent des ennemis du
pays.
Comment 1 nous sommes dans un pays ca-
tholique en très grande majorité, qui veut la
religion : beaucoup la pratiquent pendant
toute leur vie, presque tous l'appellent à leur
naissance, à Leur première communion, à
leur mariage, au chevet de Leur agonie, et
cette religion est proscrite par les élus du
suffrage universel ?
Nous sommes dans un pays catholique :
les parents, même peu chrétiens, veulent que
leurs enfants apprennent le catéchisme, et
fassent Leur première communion ; et les élus
du suffrage universel prennent par force,
par menace, par famine, les parents et les
enfants, et les obligent de subir et de suivre
un enseignement qui violente leur conscience
et leur Liberté ?
Nous sommes passionnés pour le droit
commun dans nos temps démocratiques, et
Us élus Au suffrage universel spolient nos
communautés religieuses, par des impôts
ruineux, qui font payer vingt fois, cent fois
des droits sur une succession qui n'existe pas.
Comment expliquer ces contradictions en-
tre le vote et les actes des votants ? Comment?
Par l'erreur, l'ignorance, la tromperie : par
les trois à la fois.
Mgr Gouthh-Soulakd.
LES BONS SERVICES
DE
M. WALDECK-ROUSSEAU
M. Waldeck-Rousseau a rendu un
vrai service, ou plutôt il en a rendu
deux. Le premier, c'est par son atti-
tude et par sa politique d'amener le
départ entre les radicaux honteux et I
les libéraux sincères, entre les vrais
et les faux modérés. Jusqu'ici, il y
avait entre les partis une masse con-
fuse de politiciens retors qui oscil-
laient de droite à gauche, parlant
deux langages, ayant deux visages;
souriant aux radicaux, souriant aux
modérés tour à tour, suivant que les
radicaux ou les modérés étaient les
maîtres. La fameuse concentration
républicaine leur servait à la fois
d'abri et de masque. Ils ne savaient
pas exactement qui ils étaient et avec
qui ils étaient, ni jusqu'où ils iraient
La politique de défense républicaine
les a forcés de faire un choix. Nous
connaissons enfin ces faux bons-
hommes de la concentration républi-
caine, ces politiciens à tout faire.
Tous ceux qui ont suivi M. Wal-
deck-Housseau sont ses complices,
car ils se sont associés à toutes les
atteintes qui ont été portées contre la
liberté, contre l'armée, contre la pa-
trie.
Quand ils se présenteront devant
le suffrage universel, le pays leur
dira : je vous ai va à l'œuvre, je vous
connais, pas de paroles doucereuses,
les masques son tombés ; vous êtes
les protecteurs de Dreyfus !
Voilà le premier service. Il en est
un second.
Ce pays était dans un état d'inertie
et de torpeur étrange. On sait ce
qu'ont été les dix dernières années,
et la torpeur profonde qui s'était etn-
parée de tous. Les élections de 1893,
celles de î 898 se sont faites au milieu
de l'indifférence; pas un souffle de
vent n'agitait la grande mer électo-
raie. Mais, cette fois, il n'en est plus
ainsi Le pays a entendu le son du
clairon. Le pays se réveille. Tant que
la lutte politique ne s'est agitée
qu'entre partis, un peu plus à droite
ou un peu plus à gauche, il s'est
montré endurant, il a laissé faire. Il
avait tort, car ainsi se préparait ce
qui est arrivé. Mais le jour où il a vu
qu'on portait la main sur tout ce qui
est l'essence de son génie, sur ses
croyances, sur son armée, sur son
amour de la tolérance et de la liberté,
sur ce qui, enfin, touche à l'âme
même de la nation, le pays s'est ému.
L'indignation a commencé à soulever
quelques-uns, puis elle a gagné de
proche en proche, et, en ce moment,
elle s'étend sur la nation entière.
Nous ne voulons pas tomber sous le
joug des francs-maçons et des cosmo-
poli tes 1
Nous sommes des gens tolérants
qui respectons toutes les croyances
sincères, nous ne voudrions pas dire
un mot qui offense la conscience de
qui que ce soit, fût-il séparé de nous
par sa religion, ses antécédents, sa
vie, ses actes passés. Mais qu'on n'at-
tende pas que nous courbions la tête
devant la puissance des juifs, devant
la tyrannie des francs-maçons. ^
Nous sommes des croyants à qui
on a déclaré la guerre ; nous l'accep-
tons et nous ne la ferons pas seule-
ment pendant les mois qui vont s'é-
couler, mais jusqu'au jour où nous
aurons obtenu justice.
Croit-on que nous allons nous lais-
ser mettre à l'index? Pense-t-on que
nous laisserons silencieusement dé-
chirer notre histoire séculaire ? Le
christianisme est le sang de la
France; il coule dans ses veines de-
puis quatorze siècles, il l'a faite ce
qu'elle est : une grande et admirable
nation. Et vous croyez, francs-ma-
çons, cosmopolites et sectaires coali-
sés, que nous allons reculer devant
vous ? Détrompez-vous.
Ce grand nîouvement qui se pro-
duit n'a pas d'autres causes. Les uns
ont ressenti jusqu'au fond de l'âme
les atteintes portées à l'armée et à la
patrie. Les autres ont ressenti en
même temps les atteintes portées à
leurs convictions et à leurs croyan-
ces ; et tous, sans se donner le mot,
se sont levés et ont marché au com-
bat. Nous, les anciens, groupés de-
puis si longtemps autour de notre
vieux drapeau, troué de balles, nous
avons vu arriver avec joie sur le
champ de bataille ces jeunes patriotes
que l'amour de la France arrachait à
leur repos. Nous tendons la main à
ces troupes fraîches qui viennent
avec nous combattre le bon combat.
Ensemble, dans quelques semaines,
nous allons marcher de concert.
Nous, les vieux, nous essayerons de
les suivre du pas le plus alerte possi-
ble. Peut-être pourront-ils nous sur-
passer en activité; ils ne nous surpas-
seront ni" en dévouement, ni en désin-
téressement 1
Voilà le second service que M.
Waldeck-Rousseau a rendu à la
France : il l'a réveillée en portant la
main sur ses traditions séculaires ; il
l'a réveillée en froissant ses plus no-
bles et ses plus généreux instincts.
Il a réussi. Si les élections avaient
eu lieu il y a un an, je ne sais trop ce
qui serait advenu. Mais ce pays si-
lencieux et comme assoupi a très-
sailli; il a secoué la léthargie dans
laquelle il semblait perdu.
JACQUES PIOU,
Député.
Le Irfcole du Clergé
Il y a quelques jours, le juge d'instruction
de Tliiers recevait du ministère de l'Intérieur
la lettre suivante, qu'on le chargeait de remet-
tre au commandant de gendarmerie :
a. Monsieur le Commandant de gendarmerie,
« J'ai l'honneur de vous prier de demander
à chacun des curés ou desservants demeurant
dans l'étendue de votre brigade, si une ou plu-
sieurs des personnes ci-après nommées, pré-
suraêes appartenir ou avoir appartenu à la
Compagnie de Jésus, a dit la messe ou confessé
ou prêché depuis le 3 octobre dernier dans une
des chapelles légalement ouvertes ou dépen-
dant... »
Ici les noms de dix anciens jésuites; après
quoi la lettre se termine comme suit :
« Recevoir simplement la déclaration, ne
pas contrôler ni entendre d'antres témoins. »
Le bon curé, auquel cette lettre a été pré-
sentée, en a d'abord pris copie et a répondu
ceci au gendarme :
« Je tiens essentiellement que vous relatiez
que j' n'ai pas voulu vous dire mon nom.
« Puis, vous ajouterez que, ne m'occupant
pas de ce qui se passe au tribunal ou dans le
cabinet de M. le juge d'instruction, je ne lui
reconnais pas le droit de s'occuper de ce qui
passe dans mon église. »
On dit que tous les curés de l'arrondissement
de Thiers ont tenu un langage identique.
C'est un merveilleux exemple.
Refuser d'obéir à des ordres infâmes autant
que ridicules, est un droit, un devoir dont le
clergé doit nous montrer l'exemple
Le jour où le clergé sera unanime dans
cette voie, la France sera sauvée.
CHROME ELECTORALE
MONTAUBAN
C'était dans le courant de la semaine der-
nière.
Trois compères de la défense maçonnique
étaient réunis dans le cabinet de M. le préfet.
C'étaient Abraham Schramech, Capéran et
le représentant d'un journal régional.
Une discussion plutôt vive s'engagea entre
ces trois hommes.
Sehrameck sollicitait de ce correspondant
l'appui de son journal pour son candidat Ca-
péran, lui promettant, en cas de succès, de lui
abandonner la mairie, en faisant, de son ami,
le docteur Lacaze, le maire de Montauban.
Or, le susdit correspondant avait sur le
cœur le choix dn congrès, et il ne consentait
pas facilement à faire taire ses rancunes.
Toutefois, il promit de marcher, si M. Ca-
péran s'engageait à mettre dans son progrmme :
1° La suppression de la liberté d'enseigne-
ment;
2* L'impôt progressif sur le revenu.
C'était la guerre religieuse et l'avènement
du socialisme.
Or, comme M. Capéran veut être député, et
que, pour y parvenir, tous les moyens lui sont
bons, il s'empressa de souscrire à ce pacte, et,
mercredi matin, il publiait dans la Dépêche une
lettre aux électeurs, véritable programme élec-
toral, dans laquelle on a pu lire les déclarations
suivantes :
« J'approuve la loi des associa-
tions; o'est-à dire j'estime, qu'on fait bien de
chasser hors de France religieux et religieuses,
de confisquer les maisons qu'ils possèdent, de
s'emparer de leurs biens.
« Je voterai l'abrogation de la
loi Falloux; c'est à-dire je forcerai toutes
les maisons d'éducation religieuse à fermer
leurs portes, j'obligerai tous les parents chrê-
tiens à faire élever leurs enfants sans religion,
sans prêtre, sans première communion, et ils
n'auront pas d'autre Dieu que l'Etat, d'autre
frein moral que le code pénal, d'autre sanction
à leurs passions que le gendarme et la prison.
« Je voterai l'impôt sur le re-
venu; c'est-â-dire je permettrai au socialisme
de commencer son œuvre d'accaparement, je
lui livrerai la propriété individuelle, le sane-
tnaire de la famille, je pénétrerai les secrets
domestiques et je l'autoriserai à faire peser son
joug despotique sur ceux qui tenteront de lui
résister.
Et cela est signé : Charles Capéran.
Voilà donc ce sauteur politique déshabillé;
le voilà dans sa réalité, ce comédien qui se
dissimulait sous le masque d'un libéralisme
menteur, qui avait même réussi à capter la
confiance de catholiques trop crédules
Toute illusion sur son compte est maintenaat
impossible.
Il ne se contente même pas d'afficher cyni-
quement ses sentiments sectaires; il ose encore
justifier tous les actes du ministère du minis-
têre de malheur qui mène la France aux
Ecoutez son langage :
« On vous dira que ce gouvernement veut
la désorganisation de l'armée, la suppression
de nos libertés, la persécution religieuse et la
ruine de la patrie.
« Ai-je besoin de protester contre de pareilles
calomnies? »
Est-ce de l'inconscience on de la sottise?
Non, c'est le cynisme poussé à l'excès.
Calomnie, la reprise par le ministère Wal-
deck de l'affaire Dreyfus, qui, en rendant à la
liberté un misérable Judas, a autorisé tous les
attentats contre l'armée, provoqué tous les
défis de l'étranger contre la France!
Calomnie, l'exil forcé de nos religieux, l'ap-
plication de l'inique loi des associations, la
suppression prochaine de nos écoles libres et
de tontes les institutions chrétiennes 1
Calomnie, l'obligation faite aux fonctionnai-
res de penser comme pense l'Etat, de ne vou-
loir que ce que veut l'Etat, d'abdiquer l'auto-
rité paternelle devant le despotisme gouverne-
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