Titre : La Chronique : journal de l'arrondissement de Libourne
Éditeur : impr. de T. Beaumont (Libourne)
Date d'édition : 1944-02-18
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34400568m
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 18 février 1944 18 février 1944
Description : 1944/02/18 (A109,N7818). 1944/02/18 (A109,N7818).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG33 Collection numérique : BIPFPIG33
Description : Collection numérique : BIPFPIG33 Collection numérique : BIPFPIG33
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bd6t51254700p
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-12312
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 23/07/2023
sse 1er EDITION — No 7818
COMMET ESI Kl LE IIALMEUR...
On pourra célébrer, clans quel
ques semaines — si l’on en a le
cœur ! — le trentième anniver
saire de la Première Guerre Mon
diale, celle de 1914, qui fut pour
l’humanité tout entière une atro
ce catastrophe. Une tragédie hor
rible dont le monde, malheureu
sement n’a pas voulu comprendre
la leçon, ce qui donne la triste
mesure de l’intelligence humai
ne/. Et il faut bien ajouter, à
voir l'aberration de nos contem
porains,- qu’à l’heure présente en
core, ils font exactement tout ce
qu’il faut pour préparer l’explo
sion d’une troisième Guerre Mon
diale dans un temps plus ou
moins rapproché, ce qui promet
beaucoup de plaisir pour . les
moins de quinze ans d’aujour
d’hui...
♦
Notre malheur à tous est venu
en 1914, de la médiocrité coupa
ble des dirigeants européens. Les
peuples, la chose est-sûre, ne vou
laient pas la guerre. En quelques
heures pourtant, ils ont été jetés
dans l'affreuse boucherie aussi fa
cilement qu’un troupeau bêlant et
stupide ! Que fallait-il alors pour
sauver l’Europe ? Simplement la
présence à Lonares, à Berlin, à
Vienne, à Pétersbourg et à Pa
ris de quelques aristocrates — le
mot étant pris ici dans son ac
ceptation étymologique : ar.istdï,
« les meilleurs »... — assez intel
ligents, assez résolus, assez hu
mains 'en un mot. pour faire bar
rage à la guerre...
Les Chancelleries se sont empê
trées dans une sotte querelle de
prestige, d’amour propre. La
question des motuasations — tou
chant au domaine propre des mi
litaires — a tout compliqué, tout
détraqué... Les gouvernements ont
eu peur « d’être en retard » par
rapport aux voisins. Comme si
dans une guerre, destinée à du
rer plus de quatre ans — et voilà
qui permet d’apprécier l'intelli-
gence des Etats-Majors ! — un re
tard de quelques heures dans la
mobilisation pouvait avoir une
importance profonde, durable et
réelle !...
Pas un chef d'Etat n’a eu alors
le sang-froid de tenir en arrêt,
au moins pour quelques heures, le
mécanisme aveugle de sa force
militaire. Ce discernement et cet
te maîtrise de soi-même eussent
suffi - tout sauver, en donnant
le temps aux autres de se ressai
sir...
Mais hélas ! ni Berchtold, ni
Sazonow, ni surtout Iswolsky, ni
Jasow, ni Bethmann, ni Poinca
ré, ni Grey n’étaient des aristo
crates européens. C’étaient ou des
fonctionnaires falots ou des politi
ciens fermés à toute vue large et
ferme de la situation. Ils laissè
rent le monde aller à l'abîme, se
bornant à prononcer le 2 août
1914 le fatidique et tragique « Lâ
chez tout J... »
Ce fut en ce sens, une perte
immense que la disparition bru
tale du diplomate allemand Ki-
derlen-Wœchter, emporté préma
turément en 1912 par une brus
que maladie. S’il s’était trouvé en
1914 au poste décisif à Berlin pour
diriger la crise balkanique., com
me il avait dirigé en 1911 les né-
ociations d’Agadir, il eut été de
tille à faire échec à la guerre.
On ne déplorera jamais assez sa
disparition, de même qu’on ne dé
plorera jamais assez que, dans le
même temps, Joseph Caillaux,
chez nous, par une fatale conjonc
ture, fut aussi éloigné du pou
voir...
♦
En 1914, il n’y avait en Europe
que deux aristocrates supérieurs
d’âme et d’intelligence à l’affreu
se médiocrité des Chancelleries et
des Parlements : le français Jo
seph Caillaux et le hongrois Com
te Tisza.
À l’égard de Caillaux, nous
avons longtemps partagé les pré
ventions aveugles et passionnées
des milieux nationalistes auxquels
nous avons toujours appartenu.
Avec le recul du temps, il nous
faut reconnaître que le patriotis
me de Joseph Caillaux était supé
rieur à celui de ses détracteurs,
donc au nôtre, car il se fondait
sur la raison et la clairvoyance.
Il était donc d’une qualité rare.
Et d’autre part, le courage et la
fermeté d’âme de Caillaux de
vant le déferlement atroce des
naines et du fanatisme de ses ad
versaires forcent l’admiration et le
respect pour son personnage, quels
que soient d’ailleurs certains de
ses torts et de ses erreurs, inévi
table rançon d’un caractère ex
cessif et magnifique. Tout cela,
nous le comprenons mieux au
jourd’hui où le déchaînement des
passions pseudo-patriotiques est
aussi injuste et aussi forcené à
l’encontre de qeux qui se refu
sent à abdiquer en 1944 tout sen
timent de raison et d’humanité...
Dans le second volume des Mé
moires prodigieusement intéres
sant de Joseph Caillaux, écrits en
1930, il y a une page admirable
que les Français seraient bien
inspirés de méditer. C’est celle
où il nous exprime les sentiments
qui l’inspiraient à la veille de la
grande catastrophe de 1914. Si
uelque jour, comme il faut l’es
pérer, la raison humaine retrou
ve son droit en France, il faudra
faire une .place dans toutes les
anthologies scolaries à cette pave
admirable à laquelle on peut dire,
comme Turenne, qu’elle « fait
honneur à l’homme »... '
« Je suis, écrit Joseph Cail-
taux, j’ai toujours été, je serai
toujours, non seulement de par
ma doctrine, mais de par ma ré
flexion, l’adversaire déterminé
des guerres européennes que je
juge monstrueuses dans le temps
où nous sommes. L’Incidente qui,
clôt ma phrase suffit à indiquer
que je n’obéis pas en me déci
dant ainsi à une . scntimenia^^
débile. Ceux ui savent ou qui
sauront ma vie, ceux oui me li
ront, ceux mêmes qui ne me con
naîtront que par les attaques de
mes adversaires, accorderont que
la pusi..aminité n’est pas précisé
ment mon fort. Quoique je sois
plus sensible aux maux des au
tres "u’aux miens propres, je me
résonnerais aux souffrances des
hommes, si elles devaient condi
tionner, comme cela est arrivé
dans le passé, un grand progrès.
Mais, jeter les uns contre les au
tres des peuples arrivés au même
stade de l’évolution humaine, liés
par une trame d’idées communes,
d’intérêts semblables, risquer en
préciiptant des conflits de briser
la cohésion humaine qui se for
mait petit à petit ; s’exposer à
endommager, peut-être à blesser
mortellement, une civilisation
dont il fallait être aveugle pour
ne pas apercevoir qu'elle était
fragile, c’était à mes yeux, criure
et démence.
Il y avait chance, me dispis-
je, en rassemblant mes idées, pour
qu’une grande guerre. sonnât le
glas — le premier glas — de l’an
cien continent, chance pour que,
réparant peut-être certaines vio
lences internationales du passé,
elle en causât ^autres, génératri
ces de luttes nouvelles. chance
pour que l’Europe s’épuisant en
d’incessants combats ou bien s’é
tiolant en des querelles économi
ques, ne s’abîmât finalement dans
les ruines à l’heure où les Améri
ques n’étaient pas encore équi
pées pour recueillir et faire fruc
tifier le précieux dépôt de sagesse,
de beauté, que la Grèce, la Rome
antique, la Renaissance nous ont
légué.
Si, rétrécissant le champ de la
vision, je ne considérais que la'
France, j’avais d’autres raisons de
redouter une conflagration. »
Et Caillaux reprend la formule
de Jaurès, prophétique sur ce
point, écrivant que de la guerre
jaillirait soit la révolution avec ses
immenses et redoutables incon
nus. soit « pour Une longue pé
riode, des crises, de contre-révo
lution, ae réaction furieuse, de
nationalisme exaspéré, de dictatu
re , étouffante, de militarisme
odieux, une longue chaîne de vio
lences rétrogrades et de haines
basses, de représailles et de servi
tudes. »
{Lire la suite en deuxième page)
A NOS LECTEURS
Vu le peu de place dont
nous disposons actuellement
nous ne pouvons assurer la
parution au numéro suivant
des textes qui nous parviennent
après le mercredi à midi.
LA QUESTION DES PRISONNIERS
La question des prisonniers est une de celles qui, depuis la guerre,
touche le plus légitimement la sensibilité française. Bien des erreurs
et des inexactitudes existent à cet égard dans l’opinion publique.
C’est pourquoi il nous paraît utile d’évoquer sommairement ce pro
blème capital, et de préciser, certains éléments de faits perdus trop
souvent de vue.
Quand l’armistice entra en vi
gueur, le 25 juin 1940, une partie
importante des armées françaises
— plus du tiers — avait été déjà
capturée par les forces alleman
des. Ce qui subsistait de nos divi
sions en déroute, refluant vers les
Pyrénées, était menacé de subir
le' même sort à brève échéance.
La suspension des hostilités per
mit à trois ou quatre millions
d’hommes environ d’échapper à M
reddition pure et simple et à la
captivité. Un délai fut même ac
cordé -ar le haut commandement
allemand aux unités françaises
qui se trouvaient encore au-delà
de la ligne de démarcation fixée
par la convention d’armistice,
pour passer en zone non occupée.
Et là même où les débris de nos
troupes n’eurent pas le temps ou
la possibilité de s’échapper, les
autorités allemandes montrèrent
fréquemment beaucoup de toléran
ce et de libéralisme. Loin de cher
cher u ramasser le plus grand
nombre possible de prisonniers —
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiniiiiii.MiiiiiiniiiiiniiHiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiigiiiiiiiiiiiiiiiniiiiiiiii»
EXPECTATIVE 44...
- td —.— '
Avec l’approche des beaux jours
la question de la tentative d’inva
sion du continent européen par
les Anglo-Américains revient à
l’ordre du jour. Si l’on devait
ajouter foi a la propagande tapa
geuse de l'ennemi, l’attaque au
rait lieu dans deux mois. 14 y a,
en effet, enviroh un mois que les
Anglo-Américains ont annoncé à
son de trompe, à l’univers entier,
nue cet événement serait déclen
ché « dans quatre-vingt-dix
jours ».
Il ne paraît pas douteux, d’ail
leurs, que Churchill et Roosevelt,
après la Conférence de Téhéran,
aient encore caressé l’espoir que
l’usure réciproque des Allemands
et des Soviétiques les dispenserait
en fin de compte, de courir eux-
mêmes leurs propres risques.
Cependant, malgré les évacua
tions de territoires consenties à
l’Est par le commandement alle
mand, la Wehrmacht contient
toujours la horde bolchevique.
Dans le secteur septentrional,
les forces rouges ont été stoppées
sur la rivière Narva, entre le
golfe de Finlande et le lac Peï-
pous. Dans le secteur de Louga,
les troupes du maréchal von
Kuechler mènent d’âpres combats
défensifs qui coûtent aux assail
lants des pertes élevées en hom
mes et en matériel.
Seule, la bataille qui se dérou
le autour de Vitebsk a gardé son
intensité. Le commandement
soviétique a engagé sur ce point
du front 24 divisions d’infanterie,
Ce nombreuses formations de
chars et plusieurs « régiments »
d’aviation. La résistance opiniâtre
des Allemands a néanmoins empê
ché qu’une modification essentiel
le des lignes fut réalisée.
Dans la boucle du Dniepr, en
tre Belaya-Tserkov et Kirivigrad,
des combats se poursuivent. Mal
gré la jonction des forces des gé
néraux Valoutine et Koniev, les
Soviets n’ont pu remporter le
succès stratégique qu’ils escomp
taient.
Au sud et au sud-est de Jakhov,
de puissantes formations blindées
de la wehrmacht qui ont déclen
ché depuis près d’une semaine
d’importantes actions contre-of
fensives ont réalisé une avance
vers l’est. Elles ont pu encercler
un groupe d’unités soviétiques.
ou EN SOMMES NOUS ?
ce qui eût été aisé — elles procé
dèrent souvent sur place à la dé
mobilisation des soldats français
et les envoyèrent dans leurs fo
yers. En fouillant dans sa mémoi
re, chacun peut découvrir des
exemples de libération immédiate.
Sans l’armistice, ce n’est pas un
million de Français qui seraient
aujourd’hui captifs en Allemagne,
mais quatre et peut-être cinq”mil
lions d’hommes, autant 'dire toute
la jeunesse de France, tous les
hommes valides et actifs. L’armis
tice a préservé de la captivité des
millions de jeunes Français. Vei-
là le fait historique que les par
tisans de la résistance à outrance
n’ont pas voulu voir en juin 1940.
et que trop de Français négligent
aujourd’hui lorsqu’ils vilipendent
un accord auquel ils doivent d’a
voir retrouvé leur famille, leurs
occupations et somme toute, une
vie assez paisible.
Entre parenthèses, cette situa
tion nous donne une idée de la
nonne .01 des dissidents ! A Alger
-On a annoncé, d’autre part, l‘é-
vacuation de la tête de pont de
Nikopol par des Allemands. Cette
mesure a été prise à la suite de
l’avance des forces du maréchal
Malinovski le long de la rivière
Bouzoulouk, avance qui avait créé
une menace d’enveloppement.
Contrairement à l’annonce faite
prématurément par des communi
qués de Moscou, aucune formation
allemande n’a été coupée de ses
arrières et les combats se poursui
vent entre Apostolovo et la rou
te de Rerislav, au sud-est de Kri-
voï-Rog.
Dans le secteur de Rowno, les
Soviets continuent leurs attaques
au sud-ouest de cette ville.
*
Sur la tête de pont de Nettuno,
le corps de débarquement du gé
néral Alexander a subi les violen
tes contre-attaques des forces du
maréchal Kesselring.
De très violents combats se sont
déroulés dans le secteur d’Aprilla
et de Cisterna. Le nombre des
prisonniers faits par la Wehr
macht dépasse maintenant 4.000.
L’artillerie lourde a pilonné sans
interruption les plages de débar
quement de Nettuno et d’Anzio.
Sur le front du sud, en dépit
des 35.000 hommes, de la puissan
te artillerie et des 300 tanks qu’il
a engagés devant Cassino, le gé
néral Clark n’a pu s’emparer de
cette ville. On se bat dans les quar
tiers nord depuis plus de dix
jours. De violents combats se dé
roulent, d’autre part, autour du
mont Cassin, au sommet duquel
s’érige la fameuse abbaye fondée
par Saint-Benoit.
*
Sur le front aérien, les atta
ques de terreur anglo-américaines
se sont poursuivies contre les vil
les de Wilhelmshafen, Francfort-
sur-le-Main et Brunswick. D’autre
part, Rome et Castelgandofo ont
subi de nouveaux bombardements.
Le pape a protesté contre l’attaque
dont sa résidence d’été a été l’ob
jet et où près de 600 réfugiés ont
trouvé la mort.
La Luftwaffe a multiplié des
raids contre Londres et le sud-est
de l’Angleterre.
et à Londres, les fuyards de 1940
ne cessent de proclamer que la
France et l’Allemagne sont tou
jours en guerre et que le gouver
nement du Maréchal a trahi en
entretenant des relations avec l’en
nemi. Ces malheureux — et ceux
qui chez nous leur font écho —
se rendent-ils compte que si l’Al
lemagne prenait cette propagande
au mot, elle serait fondée à pro
céder à l’internement de quatre ou
cinq millions de Français mobili
sables, conformément aux conven
tions internationales de la Haye !
C’est grâce au Maréchal que ce
malheur supplémentaire a été
épargné au pays. Voilà ce que l’on
oublie, ce qu’oublient ceux-là mê
mes qui sont les premiers, hé
las ! à bénéficier de la protection
que leur assure la présence du
Maréchal...
La vérité, c’est qu’il existe pré
sentement entre la France et
l’Allemagne une situation sans
précédent dans l'histoire : ce n’est
pas encore la paix, mais ce n’est
plus la guerre.
*
Voici maintenant ce qui s’est
passé après l’armistice :
Avant même que les négocia
tions politiques eussent abouti à
l’entrevue de Montoire, le Reich
libéra spontanément — entre juih
let et octobre 1940 — un grand
nombre de prisonniers français —
près de 309.000 — internés dans
les Fronstalags.
Dès le 21 août, il donna son con-
sentement à la rem nation de M.
Scapini comme ministre plénipo
tentiaire, chargé des questions re
latives aux prisonniers, et toutes
facilités furent octroyées à ce der
nier pour remplir sa mission.
De septembre à décembre 1940.,
M. Pierre Laval, alors chef du
Gouvernement, s’était efforcé dans
les négociations entamées avec les
dirigeants du Reich, d’obtenir un
règlement général du problème
des prisonniers.
L’Allemagne, mise en confiance
par l’attitude de la France qui pa
raissait vouloir modifier sa politi
que intérieure et extérieure, était
disposée à de larges concessions.
Le 18 novembre, un premier pro
tocole fut signé. Il prévoyait le
rapatriement d’un certain nombre
de prisonniers et la création d’une
mission française de contrôle sié
geant à Berlin. Mais le chef du
Gouvernement français était sur le
point, quelques semaines plus
tard, d’obtenir encore plus, et au
début de décembre, les autorités
allemandes acceptèrent d'envisager
un retour massif des prisonniers
français, notamment des agricul
teurs, au nombre de 500.000 à
700.000.
Là-dessus éclate le cou pde fou
dre du 13 décembre ! M. Laval
est chassé du pouvoir...
Les conséquences en sont bruta
les.
*
Après le 13 décembre, l’attitude
générale se raidit. Ce jour-là —
peut-on dire — les barrières des
Stalags se sont définitivement fer
mées" sur les prisonniers français,
ces barrières que M. Pierre Laval
avait voulu faire tomber, en en
treprenant une politique de rap
prochement franco-allemand et
d’entente européenne.
Du 13 décembre 1940 à ta mi
mai 1941, en attendant que le nou
veau Gouvernement français défi
nisse sa politique, le Reich sus
pend provisoirement l’exécution
du protocole franco-allemand du
18 novembre 1940. Tout au plus,
, durant cette période, on enregis-
j tre la libération — a partir du 7
j février 1941 — d’une partie du
1 personnel sanitaire français-, pri
j sonnier en Allemagne.
{Lire la suite en deuxième page?
COMMET ESI Kl LE IIALMEUR...
On pourra célébrer, clans quel
ques semaines — si l’on en a le
cœur ! — le trentième anniver
saire de la Première Guerre Mon
diale, celle de 1914, qui fut pour
l’humanité tout entière une atro
ce catastrophe. Une tragédie hor
rible dont le monde, malheureu
sement n’a pas voulu comprendre
la leçon, ce qui donne la triste
mesure de l’intelligence humai
ne/. Et il faut bien ajouter, à
voir l'aberration de nos contem
porains,- qu’à l’heure présente en
core, ils font exactement tout ce
qu’il faut pour préparer l’explo
sion d’une troisième Guerre Mon
diale dans un temps plus ou
moins rapproché, ce qui promet
beaucoup de plaisir pour . les
moins de quinze ans d’aujour
d’hui...
♦
Notre malheur à tous est venu
en 1914, de la médiocrité coupa
ble des dirigeants européens. Les
peuples, la chose est-sûre, ne vou
laient pas la guerre. En quelques
heures pourtant, ils ont été jetés
dans l'affreuse boucherie aussi fa
cilement qu’un troupeau bêlant et
stupide ! Que fallait-il alors pour
sauver l’Europe ? Simplement la
présence à Lonares, à Berlin, à
Vienne, à Pétersbourg et à Pa
ris de quelques aristocrates — le
mot étant pris ici dans son ac
ceptation étymologique : ar.istdï,
« les meilleurs »... — assez intel
ligents, assez résolus, assez hu
mains 'en un mot. pour faire bar
rage à la guerre...
Les Chancelleries se sont empê
trées dans une sotte querelle de
prestige, d’amour propre. La
question des motuasations — tou
chant au domaine propre des mi
litaires — a tout compliqué, tout
détraqué... Les gouvernements ont
eu peur « d’être en retard » par
rapport aux voisins. Comme si
dans une guerre, destinée à du
rer plus de quatre ans — et voilà
qui permet d’apprécier l'intelli-
gence des Etats-Majors ! — un re
tard de quelques heures dans la
mobilisation pouvait avoir une
importance profonde, durable et
réelle !...
Pas un chef d'Etat n’a eu alors
le sang-froid de tenir en arrêt,
au moins pour quelques heures, le
mécanisme aveugle de sa force
militaire. Ce discernement et cet
te maîtrise de soi-même eussent
suffi - tout sauver, en donnant
le temps aux autres de se ressai
sir...
Mais hélas ! ni Berchtold, ni
Sazonow, ni surtout Iswolsky, ni
Jasow, ni Bethmann, ni Poinca
ré, ni Grey n’étaient des aristo
crates européens. C’étaient ou des
fonctionnaires falots ou des politi
ciens fermés à toute vue large et
ferme de la situation. Ils laissè
rent le monde aller à l'abîme, se
bornant à prononcer le 2 août
1914 le fatidique et tragique « Lâ
chez tout J... »
Ce fut en ce sens, une perte
immense que la disparition bru
tale du diplomate allemand Ki-
derlen-Wœchter, emporté préma
turément en 1912 par une brus
que maladie. S’il s’était trouvé en
1914 au poste décisif à Berlin pour
diriger la crise balkanique., com
me il avait dirigé en 1911 les né-
ociations d’Agadir, il eut été de
tille à faire échec à la guerre.
On ne déplorera jamais assez sa
disparition, de même qu’on ne dé
plorera jamais assez que, dans le
même temps, Joseph Caillaux,
chez nous, par une fatale conjonc
ture, fut aussi éloigné du pou
voir...
♦
En 1914, il n’y avait en Europe
que deux aristocrates supérieurs
d’âme et d’intelligence à l’affreu
se médiocrité des Chancelleries et
des Parlements : le français Jo
seph Caillaux et le hongrois Com
te Tisza.
À l’égard de Caillaux, nous
avons longtemps partagé les pré
ventions aveugles et passionnées
des milieux nationalistes auxquels
nous avons toujours appartenu.
Avec le recul du temps, il nous
faut reconnaître que le patriotis
me de Joseph Caillaux était supé
rieur à celui de ses détracteurs,
donc au nôtre, car il se fondait
sur la raison et la clairvoyance.
Il était donc d’une qualité rare.
Et d’autre part, le courage et la
fermeté d’âme de Caillaux de
vant le déferlement atroce des
naines et du fanatisme de ses ad
versaires forcent l’admiration et le
respect pour son personnage, quels
que soient d’ailleurs certains de
ses torts et de ses erreurs, inévi
table rançon d’un caractère ex
cessif et magnifique. Tout cela,
nous le comprenons mieux au
jourd’hui où le déchaînement des
passions pseudo-patriotiques est
aussi injuste et aussi forcené à
l’encontre de qeux qui se refu
sent à abdiquer en 1944 tout sen
timent de raison et d’humanité...
Dans le second volume des Mé
moires prodigieusement intéres
sant de Joseph Caillaux, écrits en
1930, il y a une page admirable
que les Français seraient bien
inspirés de méditer. C’est celle
où il nous exprime les sentiments
qui l’inspiraient à la veille de la
grande catastrophe de 1914. Si
uelque jour, comme il faut l’es
pérer, la raison humaine retrou
ve son droit en France, il faudra
faire une .place dans toutes les
anthologies scolaries à cette pave
admirable à laquelle on peut dire,
comme Turenne, qu’elle « fait
honneur à l’homme »... '
« Je suis, écrit Joseph Cail-
taux, j’ai toujours été, je serai
toujours, non seulement de par
ma doctrine, mais de par ma ré
flexion, l’adversaire déterminé
des guerres européennes que je
juge monstrueuses dans le temps
où nous sommes. L’Incidente qui,
clôt ma phrase suffit à indiquer
que je n’obéis pas en me déci
dant ainsi à une . scntimenia^^
débile. Ceux ui savent ou qui
sauront ma vie, ceux oui me li
ront, ceux mêmes qui ne me con
naîtront que par les attaques de
mes adversaires, accorderont que
la pusi..aminité n’est pas précisé
ment mon fort. Quoique je sois
plus sensible aux maux des au
tres "u’aux miens propres, je me
résonnerais aux souffrances des
hommes, si elles devaient condi
tionner, comme cela est arrivé
dans le passé, un grand progrès.
Mais, jeter les uns contre les au
tres des peuples arrivés au même
stade de l’évolution humaine, liés
par une trame d’idées communes,
d’intérêts semblables, risquer en
préciiptant des conflits de briser
la cohésion humaine qui se for
mait petit à petit ; s’exposer à
endommager, peut-être à blesser
mortellement, une civilisation
dont il fallait être aveugle pour
ne pas apercevoir qu'elle était
fragile, c’était à mes yeux, criure
et démence.
Il y avait chance, me dispis-
je, en rassemblant mes idées, pour
qu’une grande guerre. sonnât le
glas — le premier glas — de l’an
cien continent, chance pour que,
réparant peut-être certaines vio
lences internationales du passé,
elle en causât ^autres, génératri
ces de luttes nouvelles. chance
pour que l’Europe s’épuisant en
d’incessants combats ou bien s’é
tiolant en des querelles économi
ques, ne s’abîmât finalement dans
les ruines à l’heure où les Améri
ques n’étaient pas encore équi
pées pour recueillir et faire fruc
tifier le précieux dépôt de sagesse,
de beauté, que la Grèce, la Rome
antique, la Renaissance nous ont
légué.
Si, rétrécissant le champ de la
vision, je ne considérais que la'
France, j’avais d’autres raisons de
redouter une conflagration. »
Et Caillaux reprend la formule
de Jaurès, prophétique sur ce
point, écrivant que de la guerre
jaillirait soit la révolution avec ses
immenses et redoutables incon
nus. soit « pour Une longue pé
riode, des crises, de contre-révo
lution, ae réaction furieuse, de
nationalisme exaspéré, de dictatu
re , étouffante, de militarisme
odieux, une longue chaîne de vio
lences rétrogrades et de haines
basses, de représailles et de servi
tudes. »
{Lire la suite en deuxième page)
A NOS LECTEURS
Vu le peu de place dont
nous disposons actuellement
nous ne pouvons assurer la
parution au numéro suivant
des textes qui nous parviennent
après le mercredi à midi.
LA QUESTION DES PRISONNIERS
La question des prisonniers est une de celles qui, depuis la guerre,
touche le plus légitimement la sensibilité française. Bien des erreurs
et des inexactitudes existent à cet égard dans l’opinion publique.
C’est pourquoi il nous paraît utile d’évoquer sommairement ce pro
blème capital, et de préciser, certains éléments de faits perdus trop
souvent de vue.
Quand l’armistice entra en vi
gueur, le 25 juin 1940, une partie
importante des armées françaises
— plus du tiers — avait été déjà
capturée par les forces alleman
des. Ce qui subsistait de nos divi
sions en déroute, refluant vers les
Pyrénées, était menacé de subir
le' même sort à brève échéance.
La suspension des hostilités per
mit à trois ou quatre millions
d’hommes environ d’échapper à M
reddition pure et simple et à la
captivité. Un délai fut même ac
cordé -ar le haut commandement
allemand aux unités françaises
qui se trouvaient encore au-delà
de la ligne de démarcation fixée
par la convention d’armistice,
pour passer en zone non occupée.
Et là même où les débris de nos
troupes n’eurent pas le temps ou
la possibilité de s’échapper, les
autorités allemandes montrèrent
fréquemment beaucoup de toléran
ce et de libéralisme. Loin de cher
cher u ramasser le plus grand
nombre possible de prisonniers —
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiniiiiii.MiiiiiiniiiiiniiHiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiigiiiiiiiiiiiiiiiniiiiiiiii»
EXPECTATIVE 44...
- td —.— '
Avec l’approche des beaux jours
la question de la tentative d’inva
sion du continent européen par
les Anglo-Américains revient à
l’ordre du jour. Si l’on devait
ajouter foi a la propagande tapa
geuse de l'ennemi, l’attaque au
rait lieu dans deux mois. 14 y a,
en effet, enviroh un mois que les
Anglo-Américains ont annoncé à
son de trompe, à l’univers entier,
nue cet événement serait déclen
ché « dans quatre-vingt-dix
jours ».
Il ne paraît pas douteux, d’ail
leurs, que Churchill et Roosevelt,
après la Conférence de Téhéran,
aient encore caressé l’espoir que
l’usure réciproque des Allemands
et des Soviétiques les dispenserait
en fin de compte, de courir eux-
mêmes leurs propres risques.
Cependant, malgré les évacua
tions de territoires consenties à
l’Est par le commandement alle
mand, la Wehrmacht contient
toujours la horde bolchevique.
Dans le secteur septentrional,
les forces rouges ont été stoppées
sur la rivière Narva, entre le
golfe de Finlande et le lac Peï-
pous. Dans le secteur de Louga,
les troupes du maréchal von
Kuechler mènent d’âpres combats
défensifs qui coûtent aux assail
lants des pertes élevées en hom
mes et en matériel.
Seule, la bataille qui se dérou
le autour de Vitebsk a gardé son
intensité. Le commandement
soviétique a engagé sur ce point
du front 24 divisions d’infanterie,
Ce nombreuses formations de
chars et plusieurs « régiments »
d’aviation. La résistance opiniâtre
des Allemands a néanmoins empê
ché qu’une modification essentiel
le des lignes fut réalisée.
Dans la boucle du Dniepr, en
tre Belaya-Tserkov et Kirivigrad,
des combats se poursuivent. Mal
gré la jonction des forces des gé
néraux Valoutine et Koniev, les
Soviets n’ont pu remporter le
succès stratégique qu’ils escomp
taient.
Au sud et au sud-est de Jakhov,
de puissantes formations blindées
de la wehrmacht qui ont déclen
ché depuis près d’une semaine
d’importantes actions contre-of
fensives ont réalisé une avance
vers l’est. Elles ont pu encercler
un groupe d’unités soviétiques.
ou EN SOMMES NOUS ?
ce qui eût été aisé — elles procé
dèrent souvent sur place à la dé
mobilisation des soldats français
et les envoyèrent dans leurs fo
yers. En fouillant dans sa mémoi
re, chacun peut découvrir des
exemples de libération immédiate.
Sans l’armistice, ce n’est pas un
million de Français qui seraient
aujourd’hui captifs en Allemagne,
mais quatre et peut-être cinq”mil
lions d’hommes, autant 'dire toute
la jeunesse de France, tous les
hommes valides et actifs. L’armis
tice a préservé de la captivité des
millions de jeunes Français. Vei-
là le fait historique que les par
tisans de la résistance à outrance
n’ont pas voulu voir en juin 1940.
et que trop de Français négligent
aujourd’hui lorsqu’ils vilipendent
un accord auquel ils doivent d’a
voir retrouvé leur famille, leurs
occupations et somme toute, une
vie assez paisible.
Entre parenthèses, cette situa
tion nous donne une idée de la
nonne .01 des dissidents ! A Alger
-On a annoncé, d’autre part, l‘é-
vacuation de la tête de pont de
Nikopol par des Allemands. Cette
mesure a été prise à la suite de
l’avance des forces du maréchal
Malinovski le long de la rivière
Bouzoulouk, avance qui avait créé
une menace d’enveloppement.
Contrairement à l’annonce faite
prématurément par des communi
qués de Moscou, aucune formation
allemande n’a été coupée de ses
arrières et les combats se poursui
vent entre Apostolovo et la rou
te de Rerislav, au sud-est de Kri-
voï-Rog.
Dans le secteur de Rowno, les
Soviets continuent leurs attaques
au sud-ouest de cette ville.
*
Sur la tête de pont de Nettuno,
le corps de débarquement du gé
néral Alexander a subi les violen
tes contre-attaques des forces du
maréchal Kesselring.
De très violents combats se sont
déroulés dans le secteur d’Aprilla
et de Cisterna. Le nombre des
prisonniers faits par la Wehr
macht dépasse maintenant 4.000.
L’artillerie lourde a pilonné sans
interruption les plages de débar
quement de Nettuno et d’Anzio.
Sur le front du sud, en dépit
des 35.000 hommes, de la puissan
te artillerie et des 300 tanks qu’il
a engagés devant Cassino, le gé
néral Clark n’a pu s’emparer de
cette ville. On se bat dans les quar
tiers nord depuis plus de dix
jours. De violents combats se dé
roulent, d’autre part, autour du
mont Cassin, au sommet duquel
s’érige la fameuse abbaye fondée
par Saint-Benoit.
*
Sur le front aérien, les atta
ques de terreur anglo-américaines
se sont poursuivies contre les vil
les de Wilhelmshafen, Francfort-
sur-le-Main et Brunswick. D’autre
part, Rome et Castelgandofo ont
subi de nouveaux bombardements.
Le pape a protesté contre l’attaque
dont sa résidence d’été a été l’ob
jet et où près de 600 réfugiés ont
trouvé la mort.
La Luftwaffe a multiplié des
raids contre Londres et le sud-est
de l’Angleterre.
et à Londres, les fuyards de 1940
ne cessent de proclamer que la
France et l’Allemagne sont tou
jours en guerre et que le gouver
nement du Maréchal a trahi en
entretenant des relations avec l’en
nemi. Ces malheureux — et ceux
qui chez nous leur font écho —
se rendent-ils compte que si l’Al
lemagne prenait cette propagande
au mot, elle serait fondée à pro
céder à l’internement de quatre ou
cinq millions de Français mobili
sables, conformément aux conven
tions internationales de la Haye !
C’est grâce au Maréchal que ce
malheur supplémentaire a été
épargné au pays. Voilà ce que l’on
oublie, ce qu’oublient ceux-là mê
mes qui sont les premiers, hé
las ! à bénéficier de la protection
que leur assure la présence du
Maréchal...
La vérité, c’est qu’il existe pré
sentement entre la France et
l’Allemagne une situation sans
précédent dans l'histoire : ce n’est
pas encore la paix, mais ce n’est
plus la guerre.
*
Voici maintenant ce qui s’est
passé après l’armistice :
Avant même que les négocia
tions politiques eussent abouti à
l’entrevue de Montoire, le Reich
libéra spontanément — entre juih
let et octobre 1940 — un grand
nombre de prisonniers français —
près de 309.000 — internés dans
les Fronstalags.
Dès le 21 août, il donna son con-
sentement à la rem nation de M.
Scapini comme ministre plénipo
tentiaire, chargé des questions re
latives aux prisonniers, et toutes
facilités furent octroyées à ce der
nier pour remplir sa mission.
De septembre à décembre 1940.,
M. Pierre Laval, alors chef du
Gouvernement, s’était efforcé dans
les négociations entamées avec les
dirigeants du Reich, d’obtenir un
règlement général du problème
des prisonniers.
L’Allemagne, mise en confiance
par l’attitude de la France qui pa
raissait vouloir modifier sa politi
que intérieure et extérieure, était
disposée à de larges concessions.
Le 18 novembre, un premier pro
tocole fut signé. Il prévoyait le
rapatriement d’un certain nombre
de prisonniers et la création d’une
mission française de contrôle sié
geant à Berlin. Mais le chef du
Gouvernement français était sur le
point, quelques semaines plus
tard, d’obtenir encore plus, et au
début de décembre, les autorités
allemandes acceptèrent d'envisager
un retour massif des prisonniers
français, notamment des agricul
teurs, au nombre de 500.000 à
700.000.
Là-dessus éclate le cou pde fou
dre du 13 décembre ! M. Laval
est chassé du pouvoir...
Les conséquences en sont bruta
les.
*
Après le 13 décembre, l’attitude
générale se raidit. Ce jour-là —
peut-on dire — les barrières des
Stalags se sont définitivement fer
mées" sur les prisonniers français,
ces barrières que M. Pierre Laval
avait voulu faire tomber, en en
treprenant une politique de rap
prochement franco-allemand et
d’entente européenne.
Du 13 décembre 1940 à ta mi
mai 1941, en attendant que le nou
veau Gouvernement français défi
nisse sa politique, le Reich sus
pend provisoirement l’exécution
du protocole franco-allemand du
18 novembre 1940. Tout au plus,
, durant cette période, on enregis-
j tre la libération — a partir du 7
j février 1941 — d’une partie du
1 personnel sanitaire français-, pri
j sonnier en Allemagne.
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