Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1937-04-29
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 29 avril 1937 29 avril 1937
Description : 1937/04/29 (Numéro 119). 1937/04/29 (Numéro 119).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
défense nationale. Le lien sera établi en
flnd 'exercice. »
Que signifie cette formule entortillée, si
non que Vincent-Auriol se réserve de dis
poser suivant les besoins des fonds de
l'emprunt, quitte à régulariser ces prélè
vements en Un d'exercice? Mais alors, que
valent ses affirmations antérieures sur la
correction des opérations effectuées? Et,
en fin d'exercice, sera-t-il encore là pour
« régulariser »?
Si tel est le crédit qu'on peut accorder
à Vincent Auriol pour ce qu'il a fait, il
est bien clair que ses allégations sur ce
qu'il fera sont encore plus sujettes à cau
tion. Il faut retenir en tout cas qu'il ne
procédera à aucun nouvel emprunt à long
terme. Ce qui enterre définitivement la
question des « grands travaux ».
Il s'est ensuite expliqué sur le marché
des rentes et sur le marché des changes.
En ce qiii concerne le marché des ren
tes, Vincent Auriol à d'abord cherché à
justifier la baisse des fonds d'Etat par des
considérations « techniques », toujours
discutables, comme les considérations de
ce genre. Il a été toutefois bien oblige
d'admettre que « des influences exclusi
vement spéculatives, souvent liées à des
calculs politiques, et appuyées par de
fausses nouvelles tendant à provoquer un
esprit de panique ont affecté le marché
au cours des dernières séances ».
• Les insinuations sur « les calculs poli
tiques » sont de. règle en la circonstance;
il reste néanmoins qu'il n'était malheu
reusement pas besoin de fausses nouvelles
pour que le public s'inquiétât des menées
révolutionnaires et de la chute du franc.
Les drapeaux rouges de l'Exposition, le
taux de la livre étaient non des imagina
tions, mais des réalités. Des rentiers ayant
{iéjà vu leur capital diminuer dans des
proportions considérables ont voulu le
réaliser avant qu'il fût réduit à néant.
Quoi de plus naturel ?
Les justifications en ce qui concerne les
changes ont une égale valeur. Vincent Au
riol déclare que « nous ne dépasserons
pas les limites » prévues par la loi moné
taire. Un comité est chargé de gérer le
fonds d'égalisation des changes : « Il le
fait avec science, dévouement et vigi
lance. » Il est composé d'hommes émi-
nents. « Pourquoi ne leur fait-on pas con
fiance? »
Pour la raison que, malgré leur science,
leur dévouement, leur vigilance, la livre
cstuléjà passée de 105 à 110, cours d'hier,
et . que çien ne garantit que ces hommes
éminents puissent l'empêcher de monter
à 313, ce qui, quoi qu'en dise Vincent Au
riol, entraînera, une nouvelle dévaluation.
Comme suprême;, ressource, le. fonds
d'égalisation des changes aurait d'ailleurs
« toute l'encaisse de la Banque de
France », qui constitue « la deuxième li
gne de défense du franc ». Or cette en
caisse est « exceptionnellement élevée »,
puisque le 16 avril elle atteignait plus de
57 milliards.
Seulement, si on se rappelle avec quelle
rapidité cette encaisse est passée de 80
milliards Poincaré à 57 milliards Auriol,
les inquiétudes restent permises et ne sont
que trop justifiées.
En terminant, Auriol a naturellement
renouvelé ses déclarations optimistes; il
a en outre allégué le lourd héritage qu'a
reçu le Front populaire. Sans doute, mais
qu'a-t-il fait pour alléger cet héritage, et
même pour ne pas l'aggraver ? Il l'a au
contraire alourdi au maximum. La res
ponsabilité de ses prédécesseurs n'est cer
tes pas mince; elle est dépassée de beau
coup par la sienne propre.
G. LARPENT.
Le général de Castelnau
chez Ses Légionnaires
décorés au péril de leur vie
L'assemblée ' générale de cette association,
dont le siège social est 52, rue Laffitte, a eu
lieu le samedi 24 avril, sous la présidence du
colonel Josse, ancien sénateur.
Après l'assemblée, les membres de l'associa
tion ont assisté au banquet amical présidé par
le général de Castelnau.
Au Champagne, le président, après avoir .salué
et remercié les personnalités militaires et civi
les, et en particulier les admirables femmes de
l'association présentes, retraça en quelques mots
la. glorieuse carrière du général de Castelnau
qui, après avoir barré la route de Nancy aux
Allemands aves sa 2* armée, à la suite des ba
tailles de la Trouée de Charmes et du Grand-
Couronné, rendit possible, suivant l'expression
du maréchal Joffre, la bataille de la Marne, en
assurant aux armées françaises un pivot solide.
C'est aussi lè général de Castelnau, « ad latus »
de Joffre, qui, le. premier, lorsque l'orage de
Verdun éclatîù donna l'ordre d'arrêter l'ennemi
sur la rive droite dé la Meuse, de résister sur
les Hauts de Meuse et qui réalisa l'unité de
commandement sur lés deux rives sous le com
mandement du général Pétain.
h II y a trop dë Français, on l'a bien vu au
cours de tant de scandales, qui portent la Lé
gion 'dtionneur et qui ne la méritent pas, a
dit le colonel Josse.
« H y a trop de Français qui devraient avoir
honte, en raison de leur trop faible mérite, de
porter ;la croix de commandeur ou la plaque
de grand-officier, alors que des héros de là
guerre, ou des savants universels, des princes
dé là science, l'honneur du génie français-n'en
ont pas été jugés dignes. . . •
« Pourquoi faiit-i'l qu'ainsi la justice actuelle
soit trop rarement la justice et que la loi soit
si souvent vif'lée? Mais comment s'en étonner
quàn.d, en présence des ministres, on entend
chanter 1*"'« Internationale » et quand, en même
temps, on voit flotter au-dessus des masses
populaires l'étendard de la révolte, le drapeau
rouge?
« Malgré tout, conclut-il, bien que sentant
parfaitement la grandeur et l'imminence des
périls qui nous menacent, nous ne désespére
rons jamais de la France. Elle doit rester et
restera', parce que telle est notre volonté, la
France de la victoire. Adversaires résolus de la
lutte des classes, mais décidés à nous défendre
par tous, les moyens, nous souhaitons qu'une
autorité forte et permanente devienne bientôt
la gardienne vigilante de la puissance et de la
grandeur françaises. »
Et ce fut enfin au four du généra1 de Cas
telnau de prendre la parole. Plus jeune que
jamais, dans une remarquable, improvisation, le
général, en faisant un retour sur le passé, indi
qua toufes les raisons d'espérer.
« De tout coeur je vous remercie, mes chers
amis, dit-il, des marques d'estime et de sym
pathie dont vous voulez bien m'honorer; elles
me sont d'autant plus précieuses que vous avez
été, au péril de votre vie, les témoins héroïques
et vous êtes restés les gardiens qualifiés, atti
trés, autorisés de la pensée publique et des
sentiments chevaleresques qui sont à la racine
même de la I.égion d'honneur; vous êtes une
protestation vivante, éclatante, agissante contre
cette dévaluât-on à laquelle on faisait allusion
tout à l'heure, qui s'introduit même dans les
rangs de l'ordre créé par le génial empereur,
et vous vous efforcez par votre exemple et
votre action de combattre les doctrines de dé
faitisme, de laisser-aller, d'aveulissement des
âmes, ces doctrines qui empoisonnent les sour
ces mêmes de la";sagesse et de la force, c'est-à-
dire la foi et l'effort. Merci mille fois de m'avoir
appelé auprès dé vous. Vive Dieu ! Vive la
France ! Vive la Légion d'honneur ! »
Toute l'assemblée debout applaudit longue
ment.
CHÂlMSTÏi IVîaiesherbes
Les ptus beaux buvards et
les plus belles Garnitures de Bureau
GRANDE-BRETAGNE. — Le roi Farouk d'Egypte
a été reçu, hier, par le roi George VI au palais
de Buèkingham, où le souverain égyptien est resté
à déjeuner avec Leurs Majestés Britanniques.
LA GUERRE DE LIBERATION D'ESPAGNE
Les nationaux
progressent
au long des côtes basques
L'offensive contre Bilbao se poursuit
avec succès.
Eibar enlevé, les troupes nationales cam
pées près de Deva sont entrées en action
hier matin, parallèlement à la côte.
L'objet de cette action était double.
D'abord réaliser la liaison avec les troupes
gui, venant d'Eibar, avaient pris Marqui-
na; ensuite, faire tomber les défenses en
nemies te long de la côte et avancer, grâce
à des éléments motorisés, sur la route de
la Corniche qui mène à Bilbao.
Dès mardi après-midi, des patrouilles
volantes cherchaient à prendre contact
avec l'ennemi pour mesurer sa résistance.
Hier matin, après une courte préparation
d'artillerie, les iroupes de la 2* brigade
partaient à l'attaque. Les Basques ne réa
girent pas et firent retraite.
Le commandement donna l'ordre d'ex
ploiter ce premier succès avec deux co
lonnes, l'une avançant le long de la roule
littorale, l'autre, à l'intérieur, à une dis
tance de 5 kilomètres environ de la côte.
Ainsi furent occupés rapidement le mont
Caramendi et les villages Berriatm, Amo-
roto et Celaya et enfin Lequeito.
Plus au sud, les forces qui avaient occu
pé mardi Marquina et le ■col Guerricaiz,
Cenàrruza, Munditibar-et de l'importante
position du mont Motrella, à r ^i -chemin
entre Marquina et Guernica.
Ayant ainsi rétabli leur liaison, les deux
colonnes obliquent vers le sud, en direc
tion de Guernica, dont elles sont à quel
ques kilomètres.
A Durango, la situation n'a pas subi de
changement. Les Basques occupent encore
les collines situées à l'ouest de la ville.
De Primo de Rivera à Mo la
à Franco.
Occupation de Durango
Saint-Sébastien, 28 avril. — Après de
nouveaux combats provoqués par la résis
tance des miliciens basques sur les colli
nes situées à l'ouest de Durango, les na
tionalistes ont occupé cette ville à la fin
de l'après-midi.
Victoire nationale au nord de Téruel
Continuant leur contre-offensive au
nord de Téruel, les troupes nationalistes
ont conquis, hier, d'importantes positions
près de Celadas. Après tin pilonnage pré
cis de leur artillerie, les nationalistes se
lancèrent à l'attaque et, malgré la défense
désespérée des ronges, ils réussirent à
s'emparer de leurs positions et les obli
gèrent à s'enfuir, en abandonnant un im
portant matériel de guerre et de nombreux
blessés.
La destruction de-Guernica
Toute la presse rouge, rose, franc-ma
çonne ou puritaine des deux hémisphères
pousse depuis hier des cris d'horreur au
sujet de la destruction de la petite ville
basque de Guernica par un bombarde
ment aérien dont on ignore encore les au-
Peut-être l'aviation nationale a-t-elle
bombardé cette bourgade, encore qu'il ne
soit pas dans ses habitudes de s'attaquer
à la population civile. Même dans ce cas,
la guerre est la guerre, et il est absurde
de reprocher aux nationaux ce qu'on passe
sous silence lorsque la barbarie anarcho-
communisté est coupable.
D'autre part, il est permis de supposer
que la destruction de Guernica, comme
celle d'Eibar, est imputable aux rouges.
Les nationaux publient à ce sujet le com
muniqué suivant :
Guernica n'a pas été incendié par nous.
L'Espagne de Franco n'incendie pas. C'est le
monopole de ceux qui ont incendié Iran et
Eibar, qui ont tenté de brûler vils les dé
fenseurs de Tolède.
Nous n'ai^ms pas respecté Guernica parce
que c'était Guernica; nous l'avons respecté
comme nous respectons tout ce qui «st Espa
gnol et tout ce qui constituera d'ici peu la
nouvelle Espagne. L'armée de Franco n'incen
die pas, elle conquiert loyalement par les ar
mes. Ce sont les hordes rouges qui détruisent,
sachant que l'Espagne ne leur appartiendra
jamais.
Le pays basque sait que nous Je respectons
et que nous le respecteront dans ses tradi
tions. Nous voulons, dans notre avance victo
rieuse, digne et certaine, éviter la souffrance
à ceux qui n'ont commis aucune faute. Ré
cemment, notre aviation aurait pu mitrailler
sans pitié les miliciens rouges qui fuyaient
lâchement vers Bilbao par la route de Du
rango, abandonnant tout. Nous ne l'avons pas
fait en ce qui concerne la population civile,
évacuée par la force.
« Basques, déposez les armes. Vous êtes,
entraînés dans la ruine et l'on vous cache
la vérité. Remettez-vous-en à la justice de
Franco, sereine et noble. »
Les incidents navals
On annonce officiellement que les autorités
nationalistes espagnoles ont protesté auprès
de sir Henry Ghilton. ambassadeur britanni
que à Hendaye, contre la protection accordée
par le cuirassé Hood à trois navires marchands
anglais appartenant en fait à Valence et en
trés à Bilbao avec dès cargaisons de denrées
alimentaires.
Les autorités nationalistes accnsen* aussi le
contre-torpilleur anglais Fire-Drake d'avoir
pénétré dans les eaux territoriales basques.
Les autorités anglaises démentent et ajou-.
tent que le gouvernement de Londres attend
une réponse du général Franco à la plainte,
britannique relative à l'arraisonnement de na
vires marchands anglais par des navires na
tionalistes.
Deux aviateurs rouges
en correctionnelle
Deux pilbtes espagnols, les nommés Antonio
Gravu et Antonio Uorando, qui avaient atterri
il y a quelques jours sur l'aérodrome de Mont-
de-Marsan, ont comparu hier devant le tribunal
correctionnel de cette ville.
Ils ont été condamnés à quinze jours de pri
son et 100 francs d'amende avec sursis pour
survol de territoire interdit, en infraction au
décret du 18 février 1937.
(Suite tla ta 1" page)
Dans 1*exercice du pouvoir, le Gouverne
ment de Madrid n'a pas fait preuve de
plus de légitimité.
De la daie. de son entrée en fondions,
en février 1936, au four du soulèvement
militaire, te gouvernement de Front popu
laire est responsable des crimes suivants :
incendie de 84 églises, des bureaux de
4_ journaux, de 36 sièges d'associations po
litiques et de 92 maisons particulières ap
partenant à des gens de droite. 256 per
sonnes furent tuées, plus de 1.000 blessées.
Il vola, sans la moindre indemnité, 3QA
propriétés privées et ferma plus de 800
centres catholiques d'enseignement. Il ar
racha leur travail à tous ceux qui n'étaient
pas affiliés aux organisations de gauche,
et introduisit le communisme dans les ca
sernes, les arsenaux et les aérodromes.
H jeta éar le pavé, du soir an matin,
des centaines de fonctionnaires qui occu
paient légalement leurs postes.
Il favorisa les agressions eh les injures
à l'encontre des officiers, des prêtres, des
juges et des magistrats. Tous ces [ails fu
rent dénoncés, en pleine séance du parle
ment, par le député monarchiste Calvo So-
telo, sans que le gouvernement pûl y op
poser le moindre démenti.
Mais pour se venger de cette accusation,
le gouvernement de Front populaire or
donna l'assassinat de Calvo Sotelo et de
moi-même. Pour ma part, je fus sauvé par
mon départ pour Biarritz. Mais Calvo So-
telo, lui, fut arraché de chez lui par un
peloton de soldais, à trois heures du ma
tin, et massacré à la porte du cimetière.
Depuis le début du mouvement militaire,
le gouvernement assassine ou laisse assas
siner des centaines de milliers de citoyens
sans défense. Il a incendié des milliers
d'églises, violé les sépultures et les vase3
sacrés, tué des enfants et violé des fem
mes, détruit des trésors artistiques. En nu
mot, il a commis de si épouvantables atro
cités que je suis sûr, lorsque cela se saura,
que l'humanité tout entiere sera révoltée».
horrifiée et condamnera les responsables
du plus grand désastre de l'Histoire. Qui
donc osera reconnaître comme légitime un
gouvernement responsable ou complice de
telles atrocités, dans l'exercice au pou
voir? ........
On ne peut donc dire que notre fjloitenv
soulèvement militaire soit une rébellion,
mais une résistance parfaitement licite a
l'oppression, à la tyrannie, puisque I on ne
peut reconnaître au gouvernement d» 1 f-
lence aucune légitimité, ni dans son exer
cice du pouvoir ni dans son origine.
Tous les légistes sans exception tien
nent pour licite et même pour obligatoire
la résistance à l'autorité lorsqif elle s'exer
ce habituellement de façon injuste dans les
occasions importantes."La résistance pas
sive est alors juste. Mais si elle se révèle
insuffisante, on peut recourir A la force.
C'est la doctrine catholiqiie des plus grands
auteurs, comme saint Thomas, Suarez,. le
grand apologiste Balmes et le cardinal
Hergenrcether. C'est la raison qui oblige
l'Action populaire, comme organisation ca-
Le chef anarchiste
de Piaifcerda
tué par des paysans
Depuis le début de la guerre, la ville de
Puigcerda, à un kilomètre de notre fron
tière de Bourg-Madame, était dirigée par
un comité révolutionnaire anarchiste qui
avait procédé à des exécutions massives,
dont il fut parlé à l'époque.
Le gouvernement de la Généralité, qui
avait vu ce comité refuser d'accepter ses
directives, a tenté, hier, d'imposer son au
torité par la force.
150 carabiniers pénétrèrent hier dans la
ville. Les anarchistes, sous la direction de
Antonio Martin, se transportèrent, dans
deux çamions, au petit village de Bellyer,
mais les habitants, des paysans, accueil
lirent les hommes de la F. A. I. à coups de
fusils. Antonio Martin fut grièveonenl bles
sé et ramené mourant chez lui. Il y aurait,
en outre, plusieurs blessés.
On prévoit de nouvelles bagarres et
peut-être une extension de ces réactions
sanglantes déclenchées par le meurtre du
chef socialiste, Roldan Porlada, dont nous
avons déjà relaté l'assassinat par les anar
chistes.
«•
Par PELLISSON.
tholique, à adhérer au soulèvement. C'est
la raison qui a fait agir le cardinal-prélat,
archevêque de Tolède, quand il a publi
quement et solennellement donné son ap
pui au mouvement national. C'est pour
cela qu'il a écrit « El Caso de Espana »,
pour cela aussi qu'à son retour de Rome
il s'est présenté an général Franco comme
représentant officieux du Pape. Il n'a pas
fallu d'autre raison non plus aux évêques
de, Valladolid, Saint-Jacques de Compos-
tèle, Burgos, Séville, Valence et Grenade
pour se ranger au côté des insurgés qui
sauveront la civilisation chrétienne. De
même enfin ont agi tous les évêques qui
avaient la bonne fortune de n'être pas sous
la domination des hordés communistes,
Il était indispensable de soumettre à nos
lecteurs ce document! On y voit quelque
chose, comment la politique de Canovas
ou du Maréchal Mariinez Campos est dé
fendue, expliquée et justifiée par un disci
ple de la stricte observance de M. Piou :
M. Gil Robles n'y va pas de très bon cœur,
mais il subit, avec une loyauté méritoire
et plus que louable, l'irréfragable autorité
de l'événement.
Tout ce qu'ont écrit successivement nos
amis Pierre Héricourt, Georges Gaudy,
Maxime Réal del Sarte, se trouve ainsi vé
rifié.
DICTATURE ET &OCTRME. — Pour
quoi ne pas ajouter que le même Diario
de Navabra a publié- le brillant et fort dis
cours du général Mola auquel j'ai em
prunté plus haut une saillie?
Cette page d'éloquence militaire n'est
pas seulement pittoresque. Elle est pleine
de sagesse politique et de véritable philo
sophie. J'ai été frappé d'y lire [en sus
d'une forte critique de l'Btatisme] cette
phrase de haute intelligence :
« La dictature du 13 septembre 1923 a
c été un échec, malgré le bon sens et le
;«• patriotisme du général Primo de Rivera.
parce qu'elle: n'avait pas réussi à se
« créer un but, a orienter sa r.ous-
« sole. »
Autrefois. les admirateurs français de
Briand n avaient de août pour Primo de
Rivera due parce que. disaient-ils, c'était
un « dictateur sans doctrine ». En quoi ils
1 opposaient triomphalement aux fortes
theses de Mussolini...
On a pu piger les deux méthodes à l'ex-
periencei Jvi la « technique », ni la dex
térité, ni le sens inné de l'action ne suf
fisent. On ne tait rien de grand, en poli
tique i'L'iicrale. sans le concours d'une opi-
num uyiiouaif, ci i on ne soulève pas une
nation sans une idée.
Il faut certes autre chose. Cela d'abord!
U SITU ATION FIN ANCIERE
Vincent Auriol
devant
la commission des finances
Le colonel Larpent résume plus loin les
déclarations du ministre des Finances.
Ajoutons que Vincent Auriol était hérissé
comme un crin de se voir mis sur la sel
lette. II a affirmé que la situation finan
cière était bonne, que des plus-values s'an
nonçaient du fait de la reprise des affai
res, et qu'il fallait lui faire confiance et
l'aider sous peine d'être mauvais Français.
Malgré son optimisme habile et sournois,
et ses demi-silences, il n'a pu dissimuler
complètement que les ressources tirées de
l'emprunt dit de Défense nationale avaient
été détournées — pour un temps — de leur
destination.
Qu'importe, n'est-ce pas, si en fin d'exer
cice on retrouve les choses à leur place?
11 n'a pu également cacher que le gou
vernement Léon Bluin avait l'intention de
mettre la main sur les grands réseaux, en
raison de la lourde dette contractée par
ces derniers à l'égard de l'Etat Celui-ci
consentirait à consolider la dette à condi
tion d'être maître de 80 % des actions
nouvelles émises par les réseaux. C'est un
projet que M. Redouce prépare « en
douce », que Vincent Auriol n'a fait qu'ef-
Des coquilles d'hier , les grands ancê
tres me demanderaient compte pour une
altéra-lion de la Marseillaise. « — Nous
y trouverons leur poussière et la trace... »,
au lieu de la poussière. Et, vingt-deux li
gnes avant la fin de ma première colonne,
i! faut insérer, après une virgule, un tou
tes avant « en étant jugées dignes >, pour
soutenir le sens. — P.
Le voyage de M. Eden en Belgique
M. Eden est de retour à Londres. Il a
tout lieu de se montrer satisfait des en
tretiens Qu 'il a eus à Bruxelles. Il rapporte
l'assurance que le gouvernement belge
alertera les services anglais au cas où des
avions étrangers survoleraient indûment
son territoire.
Pour ta Grande-Bretagne, c'est l'essen
tiel. Elle n'a jamais signé avec la Belgique
d'accords militaires analogues à ceux qui.
liaient dès 1921 Paris et Bruxelles. Un
seul acte écrit unissait les deux capitales.
C'était le pacte de Locarno. dont les ter
mes étaient fort vagues.
Les lettres échangées entre Londres et
Bruxelles an mois d'avril 1936, c'est-à-
dire au lendemain de la réoccupation bru
tale de la Rhénanie par le Rcich, ne fai
saient que substituer des textes imprécis
et provisoires à un aulre texte imprécis,
mais dont la durée était en principe illi
mitée.
Les obligations écrites des deux pays
l'un envers l'autre se réduisaient donc en
fait à peu de chose.
L'Angleterre, pour sa propre sécu
rité, ne saurait tolérer la présence d'au
cune puissance étrangère à Anvers. Le fa
meux pistolet dont Napoléon aimait à par
ler ne doit jamais pouvoir être braqué
braqué sur la Grande-Bretagne. Or, à l'âge
de l'aviation, il n'est plus nécessaire
qu'Anvers soit occupée pour inspirer de
justes craintes à l'Angleterre.
Une escadre aérienne, et allemande, au
rait tôt fait de traverser le territoire belge
et de jeter ses bombes sur la côte sud de
l'Angleterre et sur Londres. Ce qui préoc
cupe donc au premier chef les An
glais, c'est de déceler au plus vite la me
nace possible. Quarante-quatre minutes
sont en effet strictement nécessaires aux
services britanniques pour mettre en œu
vre les moyens de défense chargés d'assu
rer la protection de Londres.
Sans ces quarante-quatre minutes de
préavis, tout le système défensif de la
Grande-Bretagne risque de ne servif à
rien. Bénéficier du service de guet belge,
c'est sans doute tout ce que î'ctat-majbr
britannique jugeait indispensable de de
mander aux Belges.
M. Eden l'a obtenu. Dans ces conditions,
l'enthousiasme manifesté à Bruxelles com
me à Londres après le voyage du ministre
britannique est déjà fort compréhensible.
La sécurité de la Grande-Bretagne ne se
trouve en rien diminuée parce que la Bel
gique a repris sa liberté d'action. Aujour
d'hui comme hier, les Anglais sont cer
tains d'être alertés aussitôt qu'un avion
étranger mettra inopinément le cap sur
Londres.
M. Eden a une autre raison de se féli
citer des résultats de son voyage.
Le gouvernement belge ne se retire pas
de la Société des Nations. Il accepte de
se plier à la discipline vague et générale
de la Ligue. Mais il réserve son interpréta
tion du fameux article 16. Ce dernier
point ne saurait gêner la Grande-Bretagne.
S'il est un pays auquel on ne songera ja
mais à demander le droit de passage, c'est
l'Angleterre, puisque c'est une île. Peut-
être d'ailleurs celte considération a-t-elle
lourdement pesé sur la thèse toujours sou
tenue par les ministres, britanniques à Ge
nève. Les délégués anglais et sir Austen
Chamberlain lui-même se sont obstinément
refusés à préciser les obligations dues au
titre de l'article 16 en général et du para
graphe 3 en particulier. Sir Austen Cham
berlain, comme sir John Simon, comme
M. MacDonald, comme M. Eden ont pré
féré laisser dans l'ombre tout ce que le
paçte avait d'obscur et d'imprécis. L'élas
ticité des textes leur a paru plus conforme
aux traditions et aux intérêts britanni
ques.
Si donc la Belgique, accepte de demeu
rer membre de la Société des Nations, tout
en se gardant soigneusement de prendre
aucun engagement quant à l'interprétation
litigieuse de certains textes, la Grande-
Bretagne ne saurait en appréhender de
graves mécomptes.
Aucun traité, aucune alliance, aucun voi
sinage même ne saurait la mettre dans le
cas de demander le droit de passage pour
ses troupes à travers la Belgique.
Mais la France est, elle, attachée par
des liens très étroits à plusieurs pays de
l'est européen. Le survol de la Belgique
par des avions ennemis est loin d'être tout
pour elle,
La France et F Angleterre n'ont jamais
été plus populaires en Belgique, ne craint
pas d'écrire l'un de nos confrères.
Peut-être, mais, à coup sûr, ce n'est pas
pour les mêmes raisons!
J. LE BOUCHER.
fleurer en passant, mais que les techni
ciens de la commission des finances con
naissent déjà dans les grandes lignes.
Il a été obligé de reconnaître qu'il ne
replacerait pas facilement dans le public
l'emprunt contracté jadis par Germain-
Martin et qui arrive bientôt à échéance.
On lui a démontré que la reprise des
affaires était inexistante, que la balance
commerciale n'avait jamais été aussi défi
citaire, mais Vincent Auriol a refusé de
se rendre à l'évidence et a persisté à dire
que tout allait pour le mieux dans le meil
leur des mondes.
&
Après son exposé, Vincent Auriol a eu
à répondre à un certain nombre de ques
tions et observations'faites par les com
missaires.
M. Joseph Denais a présenté des criti
ques sur le régime fiscal des usines • tra
vaillant pour le compte de la Défense na
tionale et a regretté que le prélèvement
de 10 % sur les rentes n'ait pas éié sup
primé.
Répondant à cette dernière observation,
ï le ministre a déclaré qu'il avait été obligé
l de s'en tenir au délai fixé par le Co'n-
' seil d'Etat, et qui est de trois mois après
la promulgation de la loi.
A la demande de M. Petsche, il a indi
qué dans quelles conditions il avait été
tenu compte, dans le budg'et de 1937, de
l'augmentation des prix et a exposé les ré
sultats que le gouvernement se croyait en
droit d'attendre de la commission centrale
des marchés créée par décret ce matin.
Des remarques ont également été faites
par M. Petsche sur le taux d'intérêt sur le
marché français et sur les possibilités
d'emprunt ainsi que sur le problème mo-
nélaire.
En ce qui concerne le déficit de la Ville
de Paris et du Département de la Seine,
le ministre a répondu que désormais cer
taines collectivités n'auraient à compter
que sur elles-mêmes, et que, la Ville de Pa
ris et le département de la Seine recou
vreraient leur liberté en ce qui concerne
leurs émissions.
La séance a pris fin sur un certain -nom
bre d'observations présentées par M. Jam-
my Schmidt, rapporteur général, sur la
nécessité de tendre vers l'équilibre du
budget ordinaire par des recettes nouvel
les sur les plus-values fiscales constatées
au cours du premier trimestre de l'année
1938, sur le remboursement effectué par
certaines collectivités des avances qui leur
avaient été consenties par l'Etat.
M. PICOT DE PLEDRÀN.
L'ambassadeur de Grande-Bretagne
à l'Elysée
Sir Eric Phipps a présenté, hier, an
président de la République, ses lettres de
créance.
Dans son allocution, le nouvel ambassa
deur de Grande-Bretagne a rappelé les
souvenirs qui l'attachent à Paris. Après
une allusion aux fêtes qui se préparent
des deux côtés de la Manche, — celles de
Paris risquent fort d'être retardées! — sir
Eric Phipps a ajouté :
Ici et là-bas donnpera, j'en suis sûr, une
idée, un désir : la pair. Pour la consolider,
l'union étroite de nos deux pays est plus que
jamais essentielle. Aussi y consacrerai-je tou
tes mes forces. .T 'ose espérer que, dans l'accom-
plisserpcnt de cette tâche, Votre Excellence et
le gouvernement de la République voudront bien
me témoigner la même; bienveillance qu'à mes
illustres prédécesseurs.
Dans sa réponse, M. Lebrun s'est féli
cité du retour à Paris d'un diplomate si
apprécié.
C'est en effet, a-t-il conclu, une même vo
lonté pacifique qui anime la confiante collabo
ration de nos gouvernements et qui justifie
l'union étroite de nos deux nations.
A son arrivée comme à son départ, les
honneurs militaires ont éfé rendus à l'am
bassadeur.
Le comte Ciarao en Albanie
Tirana, 28 avril. — Ce matin, à 10 h. 30, le
quadrimoteur du comte Ciano a atterri à l'aé
roport de Tirana.
Le ministre des Affaires étrangères italien
a été accueilli par MM. Kotta, président du
Conseil albanais; Libohova, ministre des Af
faires étrangères, et plusieurs autres membres
du gouvernement; le général Seregui. aide de
camp du roi Zogou; le général Aranitasi, com
mandant de l'armée albanaise.
Par la grande rue de Tirana, pavoisée aux
couleurs albanaises et italiennes', ornée d'un
arc de triomphe de verdure, le comte Ciano
s'est rendu vers la villa du ministre des Af
faires étrangères, où il logera et où il fut
reçu par des dames de l'aristocratie tiranienac.
A midi, le ministre italien a été reçu en
audleuce par le roi. Dans l'après-midi, il a
fait une visite officielle à M. Libohova, mi
nistre des Affaires étrangères.
Le soir, il a assisté à un dîner de gala of
fert par le roi.
Le but politique du voyage semble être sim
plement d'informer le gouvernement albanais
de l'état actuel des négociations italo-voago-
slaves.
MVTZ. — R-,pion condamné. — Le Iribimal mïlt-
Jairs ie nommé François Kutkowski, 30 ans, ele ïiatio
nalité allemande, à 7 uns de nidusiou et 20 ans
d'interdiction de séjour.
Le négrier André Marty
abandonne l'Hôtel de Ville
André Marty vient de s'apercevoir subi
tement qu'il était incompatible de cumuler
les fonctions de conseiller municipal du
13* arrondissement et celles de député de
la Seine.
Le parti communiste, écrit-il, a toujours posé
en principe qu'afin d'assurer au maximum la dé
fense des intérêts de la classe ouvrière et des
masses laborieuses, il était indispensable que les
élus ne cumulent pas les mandats.
On se demande, dès lors, pourquoi il
a tant attendu. La vérité est que depuis le
début de la guerre espagnole, l'ancien mu
tin de la Mer Noire n'a plus f... les pieds
ni à l'Hôtel de Ville, ni à la Chambre.
Pardon! il est revenu à deux reprises si
gner une feuille de présence à l'Hôtel de
Ville, faute missionné » par le préfet de la Seine,
conséquence d'une absence durant trois
sessions consécutives.
On comprend qu'André Marty veuille
consacrer tout son temps au Frente po-
pular, c'est-à-dire favoriser le ravitaille
ment des rouges, quand il ne fait pas la
noce à Albacèfe... Mais pourquoi conserve-
t-il encore son écharpe de député? Ceux
qui l'ont élu s%Ie demandent avec curio
sité. _
Cc&gféfcÈSS.**
m
CH&OmQUE OU MONDE ET DE LA VILLE
Mariage
— Nous apprenons le mariage de M. Jean-
Pierre Giraud avec Mlle Simone Peyrano. La
cérémonie religieuse a, été célébrée le mercredi
28 avrû, dans l'élise Saint-Joseph, à Marseille".
Nous adressons aux nouveaux mariés toutes
nos félicitations et nos vœux de bonheur.
Deuils
— Nous apprenons avec tristesse la mort
presque subite de Mlle Anne-Marie France de
Boucher de Latour du Boch, fille du comte
H. de Boucher de Latour du Roch et de la
comtesse de Boucher de Latour du lioeh, dé-
cédêe.
Cette jeune fille a été enlevée dans sa 32* an
née à l'affection de ses parents. Ses obsèques
ont eu lieu à Bordeaux, dans le caveau de fa
mille, te 19 avril.
Nous présentons au comte R. de latour du
Roch nos bien vives condoléances.
On annonce le décès de :
— Mme Henry Coason, née Marie McUerio, à
Parts.
AU JOUR L.SË JOUR
Adaptation
d'un vieux discours
TVvxs son discours de réception à l'Aca-
demie française (5 février 1852) Mon-
talembert a peint la Révolution en traits
vigoureux dont plusieurs s'appliquent assez
bien à notre gouvernement de Front po
pulaire :
En appelant tous à tout, ou a aggravé le mal
qu'on prétendait détruire; on a éveillé les ambi
tions sans pouvoir les satisfaire; on a irrité, pro
voqué, enflammé toutes les cupidités, et on s'est
été le droit et la force de les éteindre; on a tué
le sentiment le plus tatélaire, le bonheur d'être à
sa place, à son rang; on a promis plus qu'aucune
société ne peut tenir; on a créé un problème inso
luble et on a rendu la France entière victimo
d'une odieuse déception.
N'ctait-ce point caractériser, quatre-
vingt-cinq ans d'avance, l'œuvre de la lé
gislature actuelle?
Avec une perspicacilé remarquable.
Montalembert s'en prend surtout à la Cons
tituante :
En détruisant les gradations bienfaisantes qui
séparent et relient les diverses classes de toute
nation bien organisée, la Constituante n'a plus
laissé que deux armées en présence, les propne- .
taiies et les prolétaires. Ce n'est pas la Conven
tion qui a semé le poison, c'est la Consumante...
L'Assemblée constituante aima mieux déclarer
que le peuple français n'avait été pendant douze
siècles qu'un ramas d'esclaves, afin de se creer un
peuple neuf, un peuple fabrique de la veille, com
me une machine propre à faire l'expérience des
théories et des abstractions dont elle s'était éprise.
Elle traita la France en pavs conquis; elle mit à.
sac toutes les affections, tous les souvenirs, tous
les prestiges nationaux; elle les immola tous à cet
orgueil cruel qui est le propre des novateurs.
Telle la Chambre de 193G-1937. Tel le
ministère Blnm.
Orateur chrétien, Montalembert oppose
aux chimères de 178*9 la révélation divine,
qui est « la base unique de toute restau
ration sociale » et qui seule « peut re
dresser. comme parle Bossuet, le sens éga
ré ». Et il ne craint pas d'emprunter le
mot de Joseph de Maistre sur la révolu
tion française : « Elle fut commencée
contre le catholicisme et pour la démocra
tie; le résultat sera pour le catholicisme
et contre la démocratie. »
... Oui, à condition que les catholiques
ne se jettent pas à corps perdu dans le
gouffre d'erreurs où la démocratie et la
démagogie essaient de les entraîner
Montalembert n'a pas toujours été aussi
bien inspiré. Cette harangue académique
est une de ses meilleures pages. On vou
drait que la presse religieuse lui fît écho,
ait lieu de sourire à « l'ordre nouveau »
et de chercher une impossible concor
dance entre les conceptions du Front po
pulaire et les enseignements des Encycli
ques. On voudrait que plus fidèle à ceux-
ci, elle reconnût en celles-là le masque
éternel de la révolution, de cette révolu
tion, disait encore Montalembert, « qui ne
se borne pas à un pays, à une époque,
mais qui prétend envahir tout l'esprit hu
main; qui prêche la légitimité de l'insur
rection, partout et toujours, sauf contre
elle-même; qui, sous le nom de démocra
tie, n'est que l'explosion universelle de
l'orgueil; qui, après avoir tout obtenu, de
mande encore tout, insatiable comme la
mort, et comme elle implacable. »
Le spirituel ne triomphera aue s'il re
jette tout ce que l'orgueil, la convoitise,
l'envie, la révolte, le matérialisme ont
baptisé du nom de démocratie. — Ai ^
La réaction
des classes moyen nés
Les coiffeurs protestent contre
l'application des 40 heures
Les syndicats patronaux de la coiffure
protestent énergiquement contre les com
muniqués tendancieux lancés par les syn
dicats cégétistes.
Ils font savoir au public, dit un communiqué,
que le décret sur la loi de quarante heures ne
prévoit la fermeture des salons que pendant
une journée et demie, soit du samedi midi au
lundi matin, du dimanche midi au mardi matin
ou du samedi soir au lundi 14 heures.
Ils convoquent, par ailleurs, en un grand
meeting au gymnase Jean-Jaurès, ce soir jeudi
29 avril, à 21 heures, les artisans et patrons
coiffeurs de Paris et de la région parisienne,
afin de leur transmettre toutes les instructions
nécessaires concernant la loi de quarante heu
res et le rajustement de salaires demandé par
les organisations ouvrières, rajustement auquel
les organisations patronales ne peuvent sous
crire puisqu'elles viennent de prouver au minis
tère de l'Economie nationale que les artisans
et patrons coiffeurs donnent déjà, présentement,
comme salaires à leurs ouvriers de 60 à 75 %
de la recette effective.
Constitution d'un syndicat des employés
du commerce et de l'industrie titulaires
d'un diplôme d'études supérieures
Ce syndicat, qui vient de se former,
groupe "indistinctement des employés fai
sant partie des cadres des entreprises -et
des employés subalternes.
Peur faire partie du syndicat, il faut :
Etre Français; être titulaire d'un des diplô
mes suivants : doctorat, licence ou diplôme
assimilé, et admis par le conseil syndical; être
employé ou avoir été employé pendant plus
d'un an dans un établissement industriel ou
commercial; adhérer et se conformer aux pré
sents statuts.
Le conseil reste seul juge de l'admission sans
que le refus d'admission puisse être considéré
comme un jugement d'ordre moral portant un
préjudice quelconque.
Le but du syndicat est : d'assurer la défense
des intérêts professionnels de ses membres;
de rechercher l'amélioration morale, sociale et
matérielle des adhérents et de leur famill'j; de
développer les sentiments de franche camara
derie entre ses membres.
Pour tous renseignements complémentaires,
écrire au secrétaire général : M. E. Falala,
178, avenue Marguerite-Renaudin, à Clamait
(Seine).
Les indemnités aux victimes
du 6 février
La 1" chambre civile, présidée par M. Mail-
lefard, a rendu, hier, ses jugements dans plu
sieurs procès en dommages-intérêts intentes à
l'Etat et à la Ville de Paris par de malheureu
ses victimes du 6 février ou leurs parents.
M. Charles Liévin, chef cuisinier, atteint
d'une balle de revolver, devait expirer le «
décembre suivant seulement, après des souf
frances horribles. Sa veuve obtient 100.000 fr.
de dommages-intérêts.
M. Jean Aubrun, courtier, qui passait "par
hasard esplanade des Invalides, fut assailli
par des agents descendus d'un car de police
et roué de coups sous le prétexte qu'il avait
« les allures d un officier de réserve ». Inca
pacité de travail d'un mois. 25.000 fr. de dom
mages-intérêts.
M. Goujon, un de nos confrères, matraqué
dans l'exercice de sa profession, trois mois
d'incapacité de travail, obtient 10.000 fr. de
dommages-intérêts.
• dommages-intérêts.
La veuve et le père de M. H. Lammert, hôte
lier, tué, mais assimilé par le jugement à un
manifestant, sont déboutés. — A. M.
flnd 'exercice. »
Que signifie cette formule entortillée, si
non que Vincent-Auriol se réserve de dis
poser suivant les besoins des fonds de
l'emprunt, quitte à régulariser ces prélè
vements en Un d'exercice? Mais alors, que
valent ses affirmations antérieures sur la
correction des opérations effectuées? Et,
en fin d'exercice, sera-t-il encore là pour
« régulariser »?
Si tel est le crédit qu'on peut accorder
à Vincent Auriol pour ce qu'il a fait, il
est bien clair que ses allégations sur ce
qu'il fera sont encore plus sujettes à cau
tion. Il faut retenir en tout cas qu'il ne
procédera à aucun nouvel emprunt à long
terme. Ce qui enterre définitivement la
question des « grands travaux ».
Il s'est ensuite expliqué sur le marché
des rentes et sur le marché des changes.
En ce qiii concerne le marché des ren
tes, Vincent Auriol à d'abord cherché à
justifier la baisse des fonds d'Etat par des
considérations « techniques », toujours
discutables, comme les considérations de
ce genre. Il a été toutefois bien oblige
d'admettre que « des influences exclusi
vement spéculatives, souvent liées à des
calculs politiques, et appuyées par de
fausses nouvelles tendant à provoquer un
esprit de panique ont affecté le marché
au cours des dernières séances ».
• Les insinuations sur « les calculs poli
tiques » sont de. règle en la circonstance;
il reste néanmoins qu'il n'était malheu
reusement pas besoin de fausses nouvelles
pour que le public s'inquiétât des menées
révolutionnaires et de la chute du franc.
Les drapeaux rouges de l'Exposition, le
taux de la livre étaient non des imagina
tions, mais des réalités. Des rentiers ayant
{iéjà vu leur capital diminuer dans des
proportions considérables ont voulu le
réaliser avant qu'il fût réduit à néant.
Quoi de plus naturel ?
Les justifications en ce qui concerne les
changes ont une égale valeur. Vincent Au
riol déclare que « nous ne dépasserons
pas les limites » prévues par la loi moné
taire. Un comité est chargé de gérer le
fonds d'égalisation des changes : « Il le
fait avec science, dévouement et vigi
lance. » Il est composé d'hommes émi-
nents. « Pourquoi ne leur fait-on pas con
fiance? »
Pour la raison que, malgré leur science,
leur dévouement, leur vigilance, la livre
cstuléjà passée de 105 à 110, cours d'hier,
et . que çien ne garantit que ces hommes
éminents puissent l'empêcher de monter
à 313, ce qui, quoi qu'en dise Vincent Au
riol, entraînera, une nouvelle dévaluation.
Comme suprême;, ressource, le. fonds
d'égalisation des changes aurait d'ailleurs
« toute l'encaisse de la Banque de
France », qui constitue « la deuxième li
gne de défense du franc ». Or cette en
caisse est « exceptionnellement élevée »,
puisque le 16 avril elle atteignait plus de
57 milliards.
Seulement, si on se rappelle avec quelle
rapidité cette encaisse est passée de 80
milliards Poincaré à 57 milliards Auriol,
les inquiétudes restent permises et ne sont
que trop justifiées.
En terminant, Auriol a naturellement
renouvelé ses déclarations optimistes; il
a en outre allégué le lourd héritage qu'a
reçu le Front populaire. Sans doute, mais
qu'a-t-il fait pour alléger cet héritage, et
même pour ne pas l'aggraver ? Il l'a au
contraire alourdi au maximum. La res
ponsabilité de ses prédécesseurs n'est cer
tes pas mince; elle est dépassée de beau
coup par la sienne propre.
G. LARPENT.
Le général de Castelnau
chez Ses Légionnaires
décorés au péril de leur vie
L'assemblée ' générale de cette association,
dont le siège social est 52, rue Laffitte, a eu
lieu le samedi 24 avril, sous la présidence du
colonel Josse, ancien sénateur.
Après l'assemblée, les membres de l'associa
tion ont assisté au banquet amical présidé par
le général de Castelnau.
Au Champagne, le président, après avoir .salué
et remercié les personnalités militaires et civi
les, et en particulier les admirables femmes de
l'association présentes, retraça en quelques mots
la. glorieuse carrière du général de Castelnau
qui, après avoir barré la route de Nancy aux
Allemands aves sa 2* armée, à la suite des ba
tailles de la Trouée de Charmes et du Grand-
Couronné, rendit possible, suivant l'expression
du maréchal Joffre, la bataille de la Marne, en
assurant aux armées françaises un pivot solide.
C'est aussi lè général de Castelnau, « ad latus »
de Joffre, qui, le. premier, lorsque l'orage de
Verdun éclatîù donna l'ordre d'arrêter l'ennemi
sur la rive droite dé la Meuse, de résister sur
les Hauts de Meuse et qui réalisa l'unité de
commandement sur lés deux rives sous le com
mandement du général Pétain.
h II y a trop dë Français, on l'a bien vu au
cours de tant de scandales, qui portent la Lé
gion 'dtionneur et qui ne la méritent pas, a
dit le colonel Josse.
« H y a trop de Français qui devraient avoir
honte, en raison de leur trop faible mérite, de
porter ;la croix de commandeur ou la plaque
de grand-officier, alors que des héros de là
guerre, ou des savants universels, des princes
dé là science, l'honneur du génie français-n'en
ont pas été jugés dignes. . . •
« Pourquoi faiit-i'l qu'ainsi la justice actuelle
soit trop rarement la justice et que la loi soit
si souvent vif'lée? Mais comment s'en étonner
quàn.d, en présence des ministres, on entend
chanter 1*"'« Internationale » et quand, en même
temps, on voit flotter au-dessus des masses
populaires l'étendard de la révolte, le drapeau
rouge?
« Malgré tout, conclut-il, bien que sentant
parfaitement la grandeur et l'imminence des
périls qui nous menacent, nous ne désespére
rons jamais de la France. Elle doit rester et
restera', parce que telle est notre volonté, la
France de la victoire. Adversaires résolus de la
lutte des classes, mais décidés à nous défendre
par tous, les moyens, nous souhaitons qu'une
autorité forte et permanente devienne bientôt
la gardienne vigilante de la puissance et de la
grandeur françaises. »
Et ce fut enfin au four du généra1 de Cas
telnau de prendre la parole. Plus jeune que
jamais, dans une remarquable, improvisation, le
général, en faisant un retour sur le passé, indi
qua toufes les raisons d'espérer.
« De tout coeur je vous remercie, mes chers
amis, dit-il, des marques d'estime et de sym
pathie dont vous voulez bien m'honorer; elles
me sont d'autant plus précieuses que vous avez
été, au péril de votre vie, les témoins héroïques
et vous êtes restés les gardiens qualifiés, atti
trés, autorisés de la pensée publique et des
sentiments chevaleresques qui sont à la racine
même de la I.égion d'honneur; vous êtes une
protestation vivante, éclatante, agissante contre
cette dévaluât-on à laquelle on faisait allusion
tout à l'heure, qui s'introduit même dans les
rangs de l'ordre créé par le génial empereur,
et vous vous efforcez par votre exemple et
votre action de combattre les doctrines de dé
faitisme, de laisser-aller, d'aveulissement des
âmes, ces doctrines qui empoisonnent les sour
ces mêmes de la";sagesse et de la force, c'est-à-
dire la foi et l'effort. Merci mille fois de m'avoir
appelé auprès dé vous. Vive Dieu ! Vive la
France ! Vive la Légion d'honneur ! »
Toute l'assemblée debout applaudit longue
ment.
CHÂlMSTÏi IVîaiesherbes
Les ptus beaux buvards et
les plus belles Garnitures de Bureau
GRANDE-BRETAGNE. — Le roi Farouk d'Egypte
a été reçu, hier, par le roi George VI au palais
de Buèkingham, où le souverain égyptien est resté
à déjeuner avec Leurs Majestés Britanniques.
LA GUERRE DE LIBERATION D'ESPAGNE
Les nationaux
progressent
au long des côtes basques
L'offensive contre Bilbao se poursuit
avec succès.
Eibar enlevé, les troupes nationales cam
pées près de Deva sont entrées en action
hier matin, parallèlement à la côte.
L'objet de cette action était double.
D'abord réaliser la liaison avec les troupes
gui, venant d'Eibar, avaient pris Marqui-
na; ensuite, faire tomber les défenses en
nemies te long de la côte et avancer, grâce
à des éléments motorisés, sur la route de
la Corniche qui mène à Bilbao.
Dès mardi après-midi, des patrouilles
volantes cherchaient à prendre contact
avec l'ennemi pour mesurer sa résistance.
Hier matin, après une courte préparation
d'artillerie, les iroupes de la 2* brigade
partaient à l'attaque. Les Basques ne réa
girent pas et firent retraite.
Le commandement donna l'ordre d'ex
ploiter ce premier succès avec deux co
lonnes, l'une avançant le long de la roule
littorale, l'autre, à l'intérieur, à une dis
tance de 5 kilomètres environ de la côte.
Ainsi furent occupés rapidement le mont
Caramendi et les villages Berriatm, Amo-
roto et Celaya et enfin Lequeito.
Plus au sud, les forces qui avaient occu
pé mardi Marquina et le ■col Guerricaiz,
Cenàrruza, Munditibar-et de l'importante
position du mont Motrella, à r ^i -chemin
entre Marquina et Guernica.
Ayant ainsi rétabli leur liaison, les deux
colonnes obliquent vers le sud, en direc
tion de Guernica, dont elles sont à quel
ques kilomètres.
A Durango, la situation n'a pas subi de
changement. Les Basques occupent encore
les collines situées à l'ouest de la ville.
De Primo de Rivera à Mo la
à Franco.
Occupation de Durango
Saint-Sébastien, 28 avril. — Après de
nouveaux combats provoqués par la résis
tance des miliciens basques sur les colli
nes situées à l'ouest de Durango, les na
tionalistes ont occupé cette ville à la fin
de l'après-midi.
Victoire nationale au nord de Téruel
Continuant leur contre-offensive au
nord de Téruel, les troupes nationalistes
ont conquis, hier, d'importantes positions
près de Celadas. Après tin pilonnage pré
cis de leur artillerie, les nationalistes se
lancèrent à l'attaque et, malgré la défense
désespérée des ronges, ils réussirent à
s'emparer de leurs positions et les obli
gèrent à s'enfuir, en abandonnant un im
portant matériel de guerre et de nombreux
blessés.
La destruction de-Guernica
Toute la presse rouge, rose, franc-ma
çonne ou puritaine des deux hémisphères
pousse depuis hier des cris d'horreur au
sujet de la destruction de la petite ville
basque de Guernica par un bombarde
ment aérien dont on ignore encore les au-
Peut-être l'aviation nationale a-t-elle
bombardé cette bourgade, encore qu'il ne
soit pas dans ses habitudes de s'attaquer
à la population civile. Même dans ce cas,
la guerre est la guerre, et il est absurde
de reprocher aux nationaux ce qu'on passe
sous silence lorsque la barbarie anarcho-
communisté est coupable.
D'autre part, il est permis de supposer
que la destruction de Guernica, comme
celle d'Eibar, est imputable aux rouges.
Les nationaux publient à ce sujet le com
muniqué suivant :
Guernica n'a pas été incendié par nous.
L'Espagne de Franco n'incendie pas. C'est le
monopole de ceux qui ont incendié Iran et
Eibar, qui ont tenté de brûler vils les dé
fenseurs de Tolède.
Nous n'ai^ms pas respecté Guernica parce
que c'était Guernica; nous l'avons respecté
comme nous respectons tout ce qui «st Espa
gnol et tout ce qui constituera d'ici peu la
nouvelle Espagne. L'armée de Franco n'incen
die pas, elle conquiert loyalement par les ar
mes. Ce sont les hordes rouges qui détruisent,
sachant que l'Espagne ne leur appartiendra
jamais.
Le pays basque sait que nous Je respectons
et que nous le respecteront dans ses tradi
tions. Nous voulons, dans notre avance victo
rieuse, digne et certaine, éviter la souffrance
à ceux qui n'ont commis aucune faute. Ré
cemment, notre aviation aurait pu mitrailler
sans pitié les miliciens rouges qui fuyaient
lâchement vers Bilbao par la route de Du
rango, abandonnant tout. Nous ne l'avons pas
fait en ce qui concerne la population civile,
évacuée par la force.
« Basques, déposez les armes. Vous êtes,
entraînés dans la ruine et l'on vous cache
la vérité. Remettez-vous-en à la justice de
Franco, sereine et noble. »
Les incidents navals
On annonce officiellement que les autorités
nationalistes espagnoles ont protesté auprès
de sir Henry Ghilton. ambassadeur britanni
que à Hendaye, contre la protection accordée
par le cuirassé Hood à trois navires marchands
anglais appartenant en fait à Valence et en
trés à Bilbao avec dès cargaisons de denrées
alimentaires.
Les autorités nationalistes accnsen* aussi le
contre-torpilleur anglais Fire-Drake d'avoir
pénétré dans les eaux territoriales basques.
Les autorités anglaises démentent et ajou-.
tent que le gouvernement de Londres attend
une réponse du général Franco à la plainte,
britannique relative à l'arraisonnement de na
vires marchands anglais par des navires na
tionalistes.
Deux aviateurs rouges
en correctionnelle
Deux pilbtes espagnols, les nommés Antonio
Gravu et Antonio Uorando, qui avaient atterri
il y a quelques jours sur l'aérodrome de Mont-
de-Marsan, ont comparu hier devant le tribunal
correctionnel de cette ville.
Ils ont été condamnés à quinze jours de pri
son et 100 francs d'amende avec sursis pour
survol de territoire interdit, en infraction au
décret du 18 février 1937.
(Suite tla ta 1" page)
Dans 1*exercice du pouvoir, le Gouverne
ment de Madrid n'a pas fait preuve de
plus de légitimité.
De la daie. de son entrée en fondions,
en février 1936, au four du soulèvement
militaire, te gouvernement de Front popu
laire est responsable des crimes suivants :
incendie de 84 églises, des bureaux de
4_ journaux, de 36 sièges d'associations po
litiques et de 92 maisons particulières ap
partenant à des gens de droite. 256 per
sonnes furent tuées, plus de 1.000 blessées.
Il vola, sans la moindre indemnité, 3QA
propriétés privées et ferma plus de 800
centres catholiques d'enseignement. Il ar
racha leur travail à tous ceux qui n'étaient
pas affiliés aux organisations de gauche,
et introduisit le communisme dans les ca
sernes, les arsenaux et les aérodromes.
H jeta éar le pavé, du soir an matin,
des centaines de fonctionnaires qui occu
paient légalement leurs postes.
Il favorisa les agressions eh les injures
à l'encontre des officiers, des prêtres, des
juges et des magistrats. Tous ces [ails fu
rent dénoncés, en pleine séance du parle
ment, par le député monarchiste Calvo So-
telo, sans que le gouvernement pûl y op
poser le moindre démenti.
Mais pour se venger de cette accusation,
le gouvernement de Front populaire or
donna l'assassinat de Calvo Sotelo et de
moi-même. Pour ma part, je fus sauvé par
mon départ pour Biarritz. Mais Calvo So-
telo, lui, fut arraché de chez lui par un
peloton de soldais, à trois heures du ma
tin, et massacré à la porte du cimetière.
Depuis le début du mouvement militaire,
le gouvernement assassine ou laisse assas
siner des centaines de milliers de citoyens
sans défense. Il a incendié des milliers
d'églises, violé les sépultures et les vase3
sacrés, tué des enfants et violé des fem
mes, détruit des trésors artistiques. En nu
mot, il a commis de si épouvantables atro
cités que je suis sûr, lorsque cela se saura,
que l'humanité tout entiere sera révoltée».
horrifiée et condamnera les responsables
du plus grand désastre de l'Histoire. Qui
donc osera reconnaître comme légitime un
gouvernement responsable ou complice de
telles atrocités, dans l'exercice au pou
voir? ........
On ne peut donc dire que notre fjloitenv
soulèvement militaire soit une rébellion,
mais une résistance parfaitement licite a
l'oppression, à la tyrannie, puisque I on ne
peut reconnaître au gouvernement d» 1 f-
lence aucune légitimité, ni dans son exer
cice du pouvoir ni dans son origine.
Tous les légistes sans exception tien
nent pour licite et même pour obligatoire
la résistance à l'autorité lorsqif elle s'exer
ce habituellement de façon injuste dans les
occasions importantes."La résistance pas
sive est alors juste. Mais si elle se révèle
insuffisante, on peut recourir A la force.
C'est la doctrine catholiqiie des plus grands
auteurs, comme saint Thomas, Suarez,. le
grand apologiste Balmes et le cardinal
Hergenrcether. C'est la raison qui oblige
l'Action populaire, comme organisation ca-
Le chef anarchiste
de Piaifcerda
tué par des paysans
Depuis le début de la guerre, la ville de
Puigcerda, à un kilomètre de notre fron
tière de Bourg-Madame, était dirigée par
un comité révolutionnaire anarchiste qui
avait procédé à des exécutions massives,
dont il fut parlé à l'époque.
Le gouvernement de la Généralité, qui
avait vu ce comité refuser d'accepter ses
directives, a tenté, hier, d'imposer son au
torité par la force.
150 carabiniers pénétrèrent hier dans la
ville. Les anarchistes, sous la direction de
Antonio Martin, se transportèrent, dans
deux çamions, au petit village de Bellyer,
mais les habitants, des paysans, accueil
lirent les hommes de la F. A. I. à coups de
fusils. Antonio Martin fut grièveonenl bles
sé et ramené mourant chez lui. Il y aurait,
en outre, plusieurs blessés.
On prévoit de nouvelles bagarres et
peut-être une extension de ces réactions
sanglantes déclenchées par le meurtre du
chef socialiste, Roldan Porlada, dont nous
avons déjà relaté l'assassinat par les anar
chistes.
«•
Par PELLISSON.
tholique, à adhérer au soulèvement. C'est
la raison qui a fait agir le cardinal-prélat,
archevêque de Tolède, quand il a publi
quement et solennellement donné son ap
pui au mouvement national. C'est pour
cela qu'il a écrit « El Caso de Espana »,
pour cela aussi qu'à son retour de Rome
il s'est présenté an général Franco comme
représentant officieux du Pape. Il n'a pas
fallu d'autre raison non plus aux évêques
de, Valladolid, Saint-Jacques de Compos-
tèle, Burgos, Séville, Valence et Grenade
pour se ranger au côté des insurgés qui
sauveront la civilisation chrétienne. De
même enfin ont agi tous les évêques qui
avaient la bonne fortune de n'être pas sous
la domination des hordés communistes,
Il était indispensable de soumettre à nos
lecteurs ce document! On y voit quelque
chose, comment la politique de Canovas
ou du Maréchal Mariinez Campos est dé
fendue, expliquée et justifiée par un disci
ple de la stricte observance de M. Piou :
M. Gil Robles n'y va pas de très bon cœur,
mais il subit, avec une loyauté méritoire
et plus que louable, l'irréfragable autorité
de l'événement.
Tout ce qu'ont écrit successivement nos
amis Pierre Héricourt, Georges Gaudy,
Maxime Réal del Sarte, se trouve ainsi vé
rifié.
DICTATURE ET &OCTRME. — Pour
quoi ne pas ajouter que le même Diario
de Navabra a publié- le brillant et fort dis
cours du général Mola auquel j'ai em
prunté plus haut une saillie?
Cette page d'éloquence militaire n'est
pas seulement pittoresque. Elle est pleine
de sagesse politique et de véritable philo
sophie. J'ai été frappé d'y lire [en sus
d'une forte critique de l'Btatisme] cette
phrase de haute intelligence :
« La dictature du 13 septembre 1923 a
c été un échec, malgré le bon sens et le
;«• patriotisme du général Primo de Rivera.
parce qu'elle: n'avait pas réussi à se
« créer un but, a orienter sa r.ous-
« sole. »
Autrefois. les admirateurs français de
Briand n avaient de août pour Primo de
Rivera due parce que. disaient-ils, c'était
un « dictateur sans doctrine ». En quoi ils
1 opposaient triomphalement aux fortes
theses de Mussolini...
On a pu piger les deux méthodes à l'ex-
periencei Jvi la « technique », ni la dex
térité, ni le sens inné de l'action ne suf
fisent. On ne tait rien de grand, en poli
tique i'L'iicrale. sans le concours d'une opi-
num uyiiouaif, ci i on ne soulève pas une
nation sans une idée.
Il faut certes autre chose. Cela d'abord!
U SITU ATION FIN ANCIERE
Vincent Auriol
devant
la commission des finances
Le colonel Larpent résume plus loin les
déclarations du ministre des Finances.
Ajoutons que Vincent Auriol était hérissé
comme un crin de se voir mis sur la sel
lette. II a affirmé que la situation finan
cière était bonne, que des plus-values s'an
nonçaient du fait de la reprise des affai
res, et qu'il fallait lui faire confiance et
l'aider sous peine d'être mauvais Français.
Malgré son optimisme habile et sournois,
et ses demi-silences, il n'a pu dissimuler
complètement que les ressources tirées de
l'emprunt dit de Défense nationale avaient
été détournées — pour un temps — de leur
destination.
Qu'importe, n'est-ce pas, si en fin d'exer
cice on retrouve les choses à leur place?
11 n'a pu également cacher que le gou
vernement Léon Bluin avait l'intention de
mettre la main sur les grands réseaux, en
raison de la lourde dette contractée par
ces derniers à l'égard de l'Etat Celui-ci
consentirait à consolider la dette à condi
tion d'être maître de 80 % des actions
nouvelles émises par les réseaux. C'est un
projet que M. Redouce prépare « en
douce », que Vincent Auriol n'a fait qu'ef-
Des coquilles d'hier , les grands ancê
tres me demanderaient compte pour une
altéra-lion de la Marseillaise. « — Nous
y trouverons leur poussière et la trace... »,
au lieu de la poussière. Et, vingt-deux li
gnes avant la fin de ma première colonne,
i! faut insérer, après une virgule, un tou
tes avant « en étant jugées dignes >, pour
soutenir le sens. — P.
Le voyage de M. Eden en Belgique
M. Eden est de retour à Londres. Il a
tout lieu de se montrer satisfait des en
tretiens Qu 'il a eus à Bruxelles. Il rapporte
l'assurance que le gouvernement belge
alertera les services anglais au cas où des
avions étrangers survoleraient indûment
son territoire.
Pour ta Grande-Bretagne, c'est l'essen
tiel. Elle n'a jamais signé avec la Belgique
d'accords militaires analogues à ceux qui.
liaient dès 1921 Paris et Bruxelles. Un
seul acte écrit unissait les deux capitales.
C'était le pacte de Locarno. dont les ter
mes étaient fort vagues.
Les lettres échangées entre Londres et
Bruxelles an mois d'avril 1936, c'est-à-
dire au lendemain de la réoccupation bru
tale de la Rhénanie par le Rcich, ne fai
saient que substituer des textes imprécis
et provisoires à un aulre texte imprécis,
mais dont la durée était en principe illi
mitée.
Les obligations écrites des deux pays
l'un envers l'autre se réduisaient donc en
fait à peu de chose.
L'Angleterre, pour sa propre sécu
rité, ne saurait tolérer la présence d'au
cune puissance étrangère à Anvers. Le fa
meux pistolet dont Napoléon aimait à par
ler ne doit jamais pouvoir être braqué
braqué sur la Grande-Bretagne. Or, à l'âge
de l'aviation, il n'est plus nécessaire
qu'Anvers soit occupée pour inspirer de
justes craintes à l'Angleterre.
Une escadre aérienne, et allemande, au
rait tôt fait de traverser le territoire belge
et de jeter ses bombes sur la côte sud de
l'Angleterre et sur Londres. Ce qui préoc
cupe donc au premier chef les An
glais, c'est de déceler au plus vite la me
nace possible. Quarante-quatre minutes
sont en effet strictement nécessaires aux
services britanniques pour mettre en œu
vre les moyens de défense chargés d'assu
rer la protection de Londres.
Sans ces quarante-quatre minutes de
préavis, tout le système défensif de la
Grande-Bretagne risque de ne servif à
rien. Bénéficier du service de guet belge,
c'est sans doute tout ce que î'ctat-majbr
britannique jugeait indispensable de de
mander aux Belges.
M. Eden l'a obtenu. Dans ces conditions,
l'enthousiasme manifesté à Bruxelles com
me à Londres après le voyage du ministre
britannique est déjà fort compréhensible.
La sécurité de la Grande-Bretagne ne se
trouve en rien diminuée parce que la Bel
gique a repris sa liberté d'action. Aujour
d'hui comme hier, les Anglais sont cer
tains d'être alertés aussitôt qu'un avion
étranger mettra inopinément le cap sur
Londres.
M. Eden a une autre raison de se féli
citer des résultats de son voyage.
Le gouvernement belge ne se retire pas
de la Société des Nations. Il accepte de
se plier à la discipline vague et générale
de la Ligue. Mais il réserve son interpréta
tion du fameux article 16. Ce dernier
point ne saurait gêner la Grande-Bretagne.
S'il est un pays auquel on ne songera ja
mais à demander le droit de passage, c'est
l'Angleterre, puisque c'est une île. Peut-
être d'ailleurs celte considération a-t-elle
lourdement pesé sur la thèse toujours sou
tenue par les ministres, britanniques à Ge
nève. Les délégués anglais et sir Austen
Chamberlain lui-même se sont obstinément
refusés à préciser les obligations dues au
titre de l'article 16 en général et du para
graphe 3 en particulier. Sir Austen Cham
berlain, comme sir John Simon, comme
M. MacDonald, comme M. Eden ont pré
féré laisser dans l'ombre tout ce que le
paçte avait d'obscur et d'imprécis. L'élas
ticité des textes leur a paru plus conforme
aux traditions et aux intérêts britanni
ques.
Si donc la Belgique, accepte de demeu
rer membre de la Société des Nations, tout
en se gardant soigneusement de prendre
aucun engagement quant à l'interprétation
litigieuse de certains textes, la Grande-
Bretagne ne saurait en appréhender de
graves mécomptes.
Aucun traité, aucune alliance, aucun voi
sinage même ne saurait la mettre dans le
cas de demander le droit de passage pour
ses troupes à travers la Belgique.
Mais la France est, elle, attachée par
des liens très étroits à plusieurs pays de
l'est européen. Le survol de la Belgique
par des avions ennemis est loin d'être tout
pour elle,
La France et F Angleterre n'ont jamais
été plus populaires en Belgique, ne craint
pas d'écrire l'un de nos confrères.
Peut-être, mais, à coup sûr, ce n'est pas
pour les mêmes raisons!
J. LE BOUCHER.
fleurer en passant, mais que les techni
ciens de la commission des finances con
naissent déjà dans les grandes lignes.
Il a été obligé de reconnaître qu'il ne
replacerait pas facilement dans le public
l'emprunt contracté jadis par Germain-
Martin et qui arrive bientôt à échéance.
On lui a démontré que la reprise des
affaires était inexistante, que la balance
commerciale n'avait jamais été aussi défi
citaire, mais Vincent Auriol a refusé de
se rendre à l'évidence et a persisté à dire
que tout allait pour le mieux dans le meil
leur des mondes.
&
Après son exposé, Vincent Auriol a eu
à répondre à un certain nombre de ques
tions et observations'faites par les com
missaires.
M. Joseph Denais a présenté des criti
ques sur le régime fiscal des usines • tra
vaillant pour le compte de la Défense na
tionale et a regretté que le prélèvement
de 10 % sur les rentes n'ait pas éié sup
primé.
Répondant à cette dernière observation,
ï le ministre a déclaré qu'il avait été obligé
l de s'en tenir au délai fixé par le Co'n-
' seil d'Etat, et qui est de trois mois après
la promulgation de la loi.
A la demande de M. Petsche, il a indi
qué dans quelles conditions il avait été
tenu compte, dans le budg'et de 1937, de
l'augmentation des prix et a exposé les ré
sultats que le gouvernement se croyait en
droit d'attendre de la commission centrale
des marchés créée par décret ce matin.
Des remarques ont également été faites
par M. Petsche sur le taux d'intérêt sur le
marché français et sur les possibilités
d'emprunt ainsi que sur le problème mo-
nélaire.
En ce qui concerne le déficit de la Ville
de Paris et du Département de la Seine,
le ministre a répondu que désormais cer
taines collectivités n'auraient à compter
que sur elles-mêmes, et que, la Ville de Pa
ris et le département de la Seine recou
vreraient leur liberté en ce qui concerne
leurs émissions.
La séance a pris fin sur un certain -nom
bre d'observations présentées par M. Jam-
my Schmidt, rapporteur général, sur la
nécessité de tendre vers l'équilibre du
budget ordinaire par des recettes nouvel
les sur les plus-values fiscales constatées
au cours du premier trimestre de l'année
1938, sur le remboursement effectué par
certaines collectivités des avances qui leur
avaient été consenties par l'Etat.
M. PICOT DE PLEDRÀN.
L'ambassadeur de Grande-Bretagne
à l'Elysée
Sir Eric Phipps a présenté, hier, an
président de la République, ses lettres de
créance.
Dans son allocution, le nouvel ambassa
deur de Grande-Bretagne a rappelé les
souvenirs qui l'attachent à Paris. Après
une allusion aux fêtes qui se préparent
des deux côtés de la Manche, — celles de
Paris risquent fort d'être retardées! — sir
Eric Phipps a ajouté :
Ici et là-bas donnpera, j'en suis sûr, une
idée, un désir : la pair. Pour la consolider,
l'union étroite de nos deux pays est plus que
jamais essentielle. Aussi y consacrerai-je tou
tes mes forces. .T 'ose espérer que, dans l'accom-
plisserpcnt de cette tâche, Votre Excellence et
le gouvernement de la République voudront bien
me témoigner la même; bienveillance qu'à mes
illustres prédécesseurs.
Dans sa réponse, M. Lebrun s'est féli
cité du retour à Paris d'un diplomate si
apprécié.
C'est en effet, a-t-il conclu, une même vo
lonté pacifique qui anime la confiante collabo
ration de nos gouvernements et qui justifie
l'union étroite de nos deux nations.
A son arrivée comme à son départ, les
honneurs militaires ont éfé rendus à l'am
bassadeur.
Le comte Ciarao en Albanie
Tirana, 28 avril. — Ce matin, à 10 h. 30, le
quadrimoteur du comte Ciano a atterri à l'aé
roport de Tirana.
Le ministre des Affaires étrangères italien
a été accueilli par MM. Kotta, président du
Conseil albanais; Libohova, ministre des Af
faires étrangères, et plusieurs autres membres
du gouvernement; le général Seregui. aide de
camp du roi Zogou; le général Aranitasi, com
mandant de l'armée albanaise.
Par la grande rue de Tirana, pavoisée aux
couleurs albanaises et italiennes', ornée d'un
arc de triomphe de verdure, le comte Ciano
s'est rendu vers la villa du ministre des Af
faires étrangères, où il logera et où il fut
reçu par des dames de l'aristocratie tiranienac.
A midi, le ministre italien a été reçu en
audleuce par le roi. Dans l'après-midi, il a
fait une visite officielle à M. Libohova, mi
nistre des Affaires étrangères.
Le soir, il a assisté à un dîner de gala of
fert par le roi.
Le but politique du voyage semble être sim
plement d'informer le gouvernement albanais
de l'état actuel des négociations italo-voago-
slaves.
MVTZ. — R-,pion condamné. — Le Iribimal mïlt-
Jairs
nalité allemande, à 7 uns de nidusiou et 20 ans
d'interdiction de séjour.
Le négrier André Marty
abandonne l'Hôtel de Ville
André Marty vient de s'apercevoir subi
tement qu'il était incompatible de cumuler
les fonctions de conseiller municipal du
13* arrondissement et celles de député de
la Seine.
Le parti communiste, écrit-il, a toujours posé
en principe qu'afin d'assurer au maximum la dé
fense des intérêts de la classe ouvrière et des
masses laborieuses, il était indispensable que les
élus ne cumulent pas les mandats.
On se demande, dès lors, pourquoi il
a tant attendu. La vérité est que depuis le
début de la guerre espagnole, l'ancien mu
tin de la Mer Noire n'a plus f... les pieds
ni à l'Hôtel de Ville, ni à la Chambre.
Pardon! il est revenu à deux reprises si
gner une feuille de présence à l'Hôtel de
Ville, faute
conséquence d'une absence durant trois
sessions consécutives.
On comprend qu'André Marty veuille
consacrer tout son temps au Frente po-
pular, c'est-à-dire favoriser le ravitaille
ment des rouges, quand il ne fait pas la
noce à Albacèfe... Mais pourquoi conserve-
t-il encore son écharpe de député? Ceux
qui l'ont élu s%Ie demandent avec curio
sité. _
Cc&gféfcÈSS.**
m
CH&OmQUE OU MONDE ET DE LA VILLE
Mariage
— Nous apprenons le mariage de M. Jean-
Pierre Giraud avec Mlle Simone Peyrano. La
cérémonie religieuse a, été célébrée le mercredi
28 avrû, dans l'élise Saint-Joseph, à Marseille".
Nous adressons aux nouveaux mariés toutes
nos félicitations et nos vœux de bonheur.
Deuils
— Nous apprenons avec tristesse la mort
presque subite de Mlle Anne-Marie France de
Boucher de Latour du Boch, fille du comte
H. de Boucher de Latour du Roch et de la
comtesse de Boucher de Latour du lioeh, dé-
cédêe.
Cette jeune fille a été enlevée dans sa 32* an
née à l'affection de ses parents. Ses obsèques
ont eu lieu à Bordeaux, dans le caveau de fa
mille, te 19 avril.
Nous présentons au comte R. de latour du
Roch nos bien vives condoléances.
On annonce le décès de :
— Mme Henry Coason, née Marie McUerio, à
Parts.
AU JOUR L.SË JOUR
Adaptation
d'un vieux discours
TVvxs son discours de réception à l'Aca-
demie française (5 février 1852) Mon-
talembert a peint la Révolution en traits
vigoureux dont plusieurs s'appliquent assez
bien à notre gouvernement de Front po
pulaire :
En appelant tous à tout, ou a aggravé le mal
qu'on prétendait détruire; on a éveillé les ambi
tions sans pouvoir les satisfaire; on a irrité, pro
voqué, enflammé toutes les cupidités, et on s'est
été le droit et la force de les éteindre; on a tué
le sentiment le plus tatélaire, le bonheur d'être à
sa place, à son rang; on a promis plus qu'aucune
société ne peut tenir; on a créé un problème inso
luble et on a rendu la France entière victimo
d'une odieuse déception.
N'ctait-ce point caractériser, quatre-
vingt-cinq ans d'avance, l'œuvre de la lé
gislature actuelle?
Avec une perspicacilé remarquable.
Montalembert s'en prend surtout à la Cons
tituante :
En détruisant les gradations bienfaisantes qui
séparent et relient les diverses classes de toute
nation bien organisée, la Constituante n'a plus
laissé que deux armées en présence, les propne- .
taiies et les prolétaires. Ce n'est pas la Conven
tion qui a semé le poison, c'est la Consumante...
L'Assemblée constituante aima mieux déclarer
que le peuple français n'avait été pendant douze
siècles qu'un ramas d'esclaves, afin de se creer un
peuple neuf, un peuple fabrique de la veille, com
me une machine propre à faire l'expérience des
théories et des abstractions dont elle s'était éprise.
Elle traita la France en pavs conquis; elle mit à.
sac toutes les affections, tous les souvenirs, tous
les prestiges nationaux; elle les immola tous à cet
orgueil cruel qui est le propre des novateurs.
Telle la Chambre de 193G-1937. Tel le
ministère Blnm.
Orateur chrétien, Montalembert oppose
aux chimères de 178*9 la révélation divine,
qui est « la base unique de toute restau
ration sociale » et qui seule « peut re
dresser. comme parle Bossuet, le sens éga
ré ». Et il ne craint pas d'emprunter le
mot de Joseph de Maistre sur la révolu
tion française : « Elle fut commencée
contre le catholicisme et pour la démocra
tie; le résultat sera pour le catholicisme
et contre la démocratie. »
... Oui, à condition que les catholiques
ne se jettent pas à corps perdu dans le
gouffre d'erreurs où la démocratie et la
démagogie essaient de les entraîner
Montalembert n'a pas toujours été aussi
bien inspiré. Cette harangue académique
est une de ses meilleures pages. On vou
drait que la presse religieuse lui fît écho,
ait lieu de sourire à « l'ordre nouveau »
et de chercher une impossible concor
dance entre les conceptions du Front po
pulaire et les enseignements des Encycli
ques. On voudrait que plus fidèle à ceux-
ci, elle reconnût en celles-là le masque
éternel de la révolution, de cette révolu
tion, disait encore Montalembert, « qui ne
se borne pas à un pays, à une époque,
mais qui prétend envahir tout l'esprit hu
main; qui prêche la légitimité de l'insur
rection, partout et toujours, sauf contre
elle-même; qui, sous le nom de démocra
tie, n'est que l'explosion universelle de
l'orgueil; qui, après avoir tout obtenu, de
mande encore tout, insatiable comme la
mort, et comme elle implacable. »
Le spirituel ne triomphera aue s'il re
jette tout ce que l'orgueil, la convoitise,
l'envie, la révolte, le matérialisme ont
baptisé du nom de démocratie. — Ai ^
La réaction
des classes moyen nés
Les coiffeurs protestent contre
l'application des 40 heures
Les syndicats patronaux de la coiffure
protestent énergiquement contre les com
muniqués tendancieux lancés par les syn
dicats cégétistes.
Ils font savoir au public, dit un communiqué,
que le décret sur la loi de quarante heures ne
prévoit la fermeture des salons que pendant
une journée et demie, soit du samedi midi au
lundi matin, du dimanche midi au mardi matin
ou du samedi soir au lundi 14 heures.
Ils convoquent, par ailleurs, en un grand
meeting au gymnase Jean-Jaurès, ce soir jeudi
29 avril, à 21 heures, les artisans et patrons
coiffeurs de Paris et de la région parisienne,
afin de leur transmettre toutes les instructions
nécessaires concernant la loi de quarante heu
res et le rajustement de salaires demandé par
les organisations ouvrières, rajustement auquel
les organisations patronales ne peuvent sous
crire puisqu'elles viennent de prouver au minis
tère de l'Economie nationale que les artisans
et patrons coiffeurs donnent déjà, présentement,
comme salaires à leurs ouvriers de 60 à 75 %
de la recette effective.
Constitution d'un syndicat des employés
du commerce et de l'industrie titulaires
d'un diplôme d'études supérieures
Ce syndicat, qui vient de se former,
groupe "indistinctement des employés fai
sant partie des cadres des entreprises -et
des employés subalternes.
Peur faire partie du syndicat, il faut :
Etre Français; être titulaire d'un des diplô
mes suivants : doctorat, licence ou diplôme
assimilé, et admis par le conseil syndical; être
employé ou avoir été employé pendant plus
d'un an dans un établissement industriel ou
commercial; adhérer et se conformer aux pré
sents statuts.
Le conseil reste seul juge de l'admission sans
que le refus d'admission puisse être considéré
comme un jugement d'ordre moral portant un
préjudice quelconque.
Le but du syndicat est : d'assurer la défense
des intérêts professionnels de ses membres;
de rechercher l'amélioration morale, sociale et
matérielle des adhérents et de leur famill'j; de
développer les sentiments de franche camara
derie entre ses membres.
Pour tous renseignements complémentaires,
écrire au secrétaire général : M. E. Falala,
178, avenue Marguerite-Renaudin, à Clamait
(Seine).
Les indemnités aux victimes
du 6 février
La 1" chambre civile, présidée par M. Mail-
lefard, a rendu, hier, ses jugements dans plu
sieurs procès en dommages-intérêts intentes à
l'Etat et à la Ville de Paris par de malheureu
ses victimes du 6 février ou leurs parents.
M. Charles Liévin, chef cuisinier, atteint
d'une balle de revolver, devait expirer le «
décembre suivant seulement, après des souf
frances horribles. Sa veuve obtient 100.000 fr.
de dommages-intérêts.
M. Jean Aubrun, courtier, qui passait "par
hasard esplanade des Invalides, fut assailli
par des agents descendus d'un car de police
et roué de coups sous le prétexte qu'il avait
« les allures d un officier de réserve ». Inca
pacité de travail d'un mois. 25.000 fr. de dom
mages-intérêts.
M. Goujon, un de nos confrères, matraqué
dans l'exercice de sa profession, trois mois
d'incapacité de travail, obtient 10.000 fr. de
dommages-intérêts.
• dommages-intérêts.
La veuve et le père de M. H. Lammert, hôte
lier, tué, mais assimilé par le jugement à un
manifestant, sont déboutés. — A. M.
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